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10-16-2018, 04:04 PM   : 1
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Une tempte sous un crne



Une tempte sous un crne

(Partie 1)

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El Bukhr : *Jai rencontr plus de mille personnes parmi les savants travers les diffrentes contres*que sont le Hijz, La Mecque, Mdine, Koufa, Bassora, Wsit, Bagdad, le Shm, et lÉgypte. Je les ai rencontrs maintes reprises, hirarchie aprs hirarchie. Jai t contemporain un grand nombre dentre depuis quarante six ans que je parcours le monde*: jai visit deux fois la Syrie, lÉgypte, et le Bahran, quatre fois Bassora sur une longue priode, six fois le Hijz, et je ne compte mme plus combien de fois je suis all Koufa, Bagdad o je suis entr en contact avec les traditionnistes de Khurasn*

Aprs avoir dress une liste impressionnante de ces fameux savants, il enchaine*: *Je me suis content de cette liste pour ne pas faire trop long, et aucun de ceux que jai cit na, ma connaissance, contredit un seul des articles de foi que je vais exposer*

Notamment*: * *Nous ne contestons pas le pouvoir son dtenteur*, conformment au hadth*: Il y a trois remdes qui soulagent le cur du musulman de toute rancune*: la sincrit exclusive envers Allah pour toutes ses actions, le bon conseil prodigu aux musulmans, et la fidlit leurs rangs, qui constituent un vritable rempart grce leurs prires (ou leur prche).*[1] Cette prescription est confirme par le Verset*: [Obissez Allah, obissez au Messager et aux dtenteurs de lautorit parmi vous][2]*; et nous ne prnons pas lpe contre la nation mohammadienne*[3]



En attendant une tempte dans un verre deau, Je remercie le frre qui ma aid dans mes recherches



Comme promis, nous nous arrtons dans cet article au billet dont sest fendu lun des auteurs des excellentes Éditions Nawa, et qui remet en cause un consensus tablissant linterdiction de se rvolter contre un gouverneur musulman dsobissant.[4] Pourtant, Un article prcdent rpertorie 15 rudits ayant fait tat de ce fameux consensus.[5]

Plus rcemment, un nouveau texte rpertorie 30 exemples chez les anciens qui corroborent ce consensus qui sinscrit, notons-le, plus tardivement que nombre dentre eux.[6]



Laudio non prpar qui fut consacre ce billet divise largumentation de son auteur en trois grands ensembles, soit lutilisation*:

De textes pr-consensus dont la justification est anachronique*;
Dauteurs modernes no-asharites influencs par le mutazilisme*;
De lavis dibn Hazm, le porte-parole de lcole littraliste.


En ralit, il aurait fallu ajouter un ensemble, et qui est lutilisation de lavis dAb Hanfa. En fait, lauteur prtend rpertorier les avis de savants au sein des 4 coles canoniques auxquelles il faut ajouter lcole zhhirite.



Nous allons reprendre un un les lments de ces 4 ensembles (selon notre classification) pour les dcortiquer*:



1- Lutilisation de textes pr-consensus dont la justification est anachronique



Voir*: http://mizab.over-blog.com/2017/11/l...-partie-1.html



2- Lutilisation dauteurs modernes no-asharites influencs par le mutazilisme*



Ibn Tamiya explique*: *Cest pourquoi, lun des principes traditionalistes invite renoncer prendre les armes contre les sultans, et participer des troubles, contrairement aux mutazilites, qui voient en cela, lun des grands principes de leur crdo.*[7]



Ce fut le cas notamment des deux grands rformateurs de la secte asharite que lauteur utilise, el Baqilln et el Juwan, dont lorientation de plus en plus braque vers le mutazlisme accoucha en partie de la pense dune autre grande sommit no-asharite que nous ami ajoute son carquois pour terrasser le vilain salafi ngationniste dans sa chevauch fantastique au service du patrimoine islamique quil svertue dembellir en redorant ses plus noirs chroniques*; jai nomm *hujja el islam* el Ghazl.[8] Nous avons vu dans un article prcdent que limm el haraman sera sduit par lorientation singulire retenue par el Mward qui ira, dans el ahkm e-sultniya, jusqu reprendre son compte cette tendance ne faisant pas lunanimit au sein de lcole, mais qui sappuie sur ce qui serait lancienne opinion de Shfi lgitimant la destitution dun gouverneur pervers.[9]



Or, ce tmoignage venant dun savant qui sinscrit dans le temps des sicles aprs le fondateur de lcole canonique ne fait pas le poids devant les paroles de son fidle lve el Muzan qui maitrisait ses avis tranchs sur le bout des doigts. Ibn Abd el Barr confirme quaucun savant ne pouvait rivaliser ce dernier dans ce domaine.[10] Dailleurs, Shfi dira lui-mme*: *Muzan est le grand dfenseur de ma tendance.*[11]



El Muzan (m. 264 h.), le plus grand spcialiste des avis du fondateur ponyme de lcole shafite avec qui il fut contemporain, dresse une liste des articles de la foi orthodoxe, et dans laquelle nous trouvons notamment*: * Nous renonons prendre les armes contre eux [les gouverneurs] malgr leurs exactions et leur tyrannie, absorbs que nous sommes par le poids de nos pchs en qute du pardon divin mme dattnuer lardeur de nos bourreaux.*[12] Quelques pages plus loin, il estampille ses propos du consensus des Anciens*: *Toutes ces citations et ces chroniques sont entrines lunanimit par nos aines des premires gnrations, les grandes rfrences traditionalistes, qui furent, grce Dieu, imits favorablement par leurs hritiers*[13]



El Bahaq, un autre grand spcialiste de lcole tmoigne au sujet de son maitre penser*: *Celui-ci voyait le devoir dobissance au sultan qui sempare du Pouvoir par la force.*[14]



En outre, Mohammed ibn Ahmed e-T, le maitre del Baqilln, corrobore le consensus dont parlons depuis le dbut, comme le rapporte ibn Hazm dans martib el ijm (p. 178), sans commentaire*!



Nous retrouvons cette mme influence du mutazilisme chez les deux auteurs hanbalites (qui seront imits par des rfrences plus tardives de lcole) dont se targue lauteur et qui ne sont autre quibn Aql et ibn el Jawz*; je reviendrai plus loin sur ibn Muflih.



À suivre

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Par*: Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/




[1] Rapport par Shfi dans son musnad (n 1190), el Bahaq dans e-dalil*(1/23), e-Tirmidh (n 2658), selon ibn Masd (t)*; il est rapport par Ahmed (n 21590), ibn Mja (n 230), et Drim (n 229), selon Zad ibn Thbit (t).

[2] Les femmes*; 58-59

[3] Sharh usl el itiqd de-Lalak (n 320).

Le nombre des savants que Bukhr aurait rencontr slvera mille quatre-vingts savants, comme le rapporte Dhahab de la bouche du concern. Voir*: Siar alm e-nubal (12/395).

[4] Cet audio en parle*:


Voici le billet en question*:

https://www.facebook.com/EditionsNaw...149?__tn__=K-R

[5] Voir*: http://mizab.over-blog.com/2017/11/l...-partie-1.html

[6] http://mizab.over-blog.com/2018/10/3...-partie-1.html



[7] Majm el fatw (28/503).

Voice les cinq grands fondements (el usl el khamsa) sur lesquels repose le crdo mutazilite*:

1- Lunicit*: ils entendent par l, la ngation des Attributs, car les reconnaitre, selon eux, cela revient avoir plusieurs divinits. Cest ce qui les pousse taxer de polythistes tous ceux qui adhrent aux Noms et Attributs divins.

2- La justice*: par laquelle ils renient la prdestination qui serait, leurs yeux, une forme dinjustice. Comment le Trs-Haut pourrait-ils, leurs yeux, chtier un homme dont le destin aurait dj t scell lavance*?

3- La morale*: ordonner le bien et interdire le mal quils confinent dans la rvolte contre les autorits en place qui font rgner la dbauche, mais sans sortir des limites de lIslam. La morale se concrtise donc dans les coups dÉtat.

4- Le statut intermdiaire*: (manzila bana el manzilatan) cest cause de cette question quils rompirent avec Hasan el Basr quAllah lui fasse misricorde . Ce dernier avait t questionn sur le statut de lauteur dun grand pch. *Cest un croyant ayant une foi faible* tablit-il. Sa rponse ne drogea pas au crdo traditionaliste qui soppose deux tendances extrmes*: les kharijites pour qui il est mcrant, et les murjites qui voient en lui un croyant ayant une foi pleine. Nous disons donc quil est croyant en raison de sa foi et pervers en raison de son pch. Ces sectateurs se firent connaitre par cette tendance quils innovrent.

5- Lexcution de la menace divine*: leurs yeux, quand on entre en Enfer, cest pour y rester jamais. Les auteurs des grands pchs nauraient pas le droit den sortir, car on ne peut la fois mriter le chtiment et la rcompense divine.

[8] Voir*: http://mizab.over-blog.com/article-l...-85263595.html

[9] Ittihf e-sda el mutaqqn (2/233).

[10] El intiq (p. 110).

[11] Tabaqt e-shfiiya el kubr de Tj e-Dn e-Subk (2/94).

[12] Sharh e-sunna (p. 85).

[13] Sharh e-sunna (p. 88).

[14] Manqib e-Shfi (1/448).






 
10-17-2018, 08:50 AM   : 2
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: Une tempte sous un crne

Une tempte sous un crne

(Partie 2)

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Ab Htim et Ab Zura e-Rz reprennent le mme crdo que celui del Bukhr quils imputent aux savants des quatre coins de lEmpire (Hijz, Iraq, Shm, Ymen). Ibn Ab Htim tmoigne : *Jai interrog Ab Zura et mon pre au sujet de la tendance des traditionalistes dans les bases fondamentales (usl) de la religion, et celle des savants quils ont connus travers toutes les contres (le Hijz, lIraq, le Shm, et le Ymen)*; ils mont rpondu notamment*: nous ne prnons la participation ni la rvolte contre les mirs ni aux guerres intestines, mais nous faisons obissance au gouverneur en place sans jamais contester son pouvoir*[1]



3- Lutilisation de lavis dibn Hazm, le porte-parole de lcole littraliste



Ibn Tamiya accorde des circonstances attnuantes aux savants, qui, limage dibn Hazm, allaient lencontre de ce consensus : *Secundo*: il y a ceux qui prennent les armes non pour dfendre une croyance contraire au traditionalisme. Nous pouvons compter dans cette catgorie ceux qui participrent aux batailles del Jumal, Siffn, el Harra, el Jamjim, etc. Ces derniers pensaient simplement que la guerre tait la meilleure solution, bien que ce ne ft pas le cas. Ils ne voyaient pas ds lors les inconvnients normes quelle allait engendrer. Dailleurs, ils le regrettrent aprs coup, et surent par lexprience ce que les textes mettaient en garde depuis le dbut.*[2]

Puis, il explique quen rsum, nous pouvons recenser quatre raisons travers lHistoire ayant pouss certains savants lerreur dans ce domaine.

Certains dentre eux navaient tout bonnement pas eu accs aux textes.
Dautres remettaient en question leur authenticit.
Dautres, limage dibn Hazm, pensaient quils taient abrogs.
Dautres les interprtaient leur faon, comme tout mujtahid.[3]


Ensuite, comme lexplique ibn Tamiya, ibn Hazm ntait pas vers en matire de crdo traditionaliste.[4] Ibn Abd el Hd souligne quibn Hazm tait un jahm dans le domaine des Noms et des Attributs divins, non dans celui de la foi. Shekh el Islm nous en fait lloge en disant quil tait conforme au traditionalisme dans le domaine du destin et de lirja. Il encensait les anciens et les grandes rfrences traditionalistes. Il prtendait tre en accord avec lImm Ahmed sur le caractre incr du Coran, et bien dautres questions, en sachant que nous lui concdons quen partie son allgation. El Ashar tait bien plus fidle au chef fondateur de lcole hanbalite que ce dernier sur la question de la nature du Coran et des autres Attributs, [mais aussi sur la question de lobissance au gouverneur dsobissant]. Pourtant, paradoxalement, le Shekh andalous tait bien plus vers en hadth*; il le portait dans son cur bien plus que nimporte qui dautre et vouait un rel respect pour ses techniciens. Nanmoins, il stait imprgn de la culture philosophe et mutazilite quil mit au service de sa croyance dans le domaine des Noms et Attributs divins en se dmarquant ainsi des traditionalistes qui il avait pourtant jur fidlit. Il tait cheval sur les termes la manire des seconds, mais il en interprtait le sens la manire des premiers. Cest pourquoi, il lui fut souvent reproch dtre un littraliste qui vide les mots de leur sens.[5]



Ainsi, il est possible quibn Hazm fut doublement induit en erreur*: 1) par son utilisation des textes pr-consensus, et 2) par son influence du mutazilisme. Sans compter son approximation que notre ami reproduit sans ambages dans la citation o il impute El Hasan el Basr*davoir tremp dans linsurrection mene en vue de destituer el Hajjj. Il serait trop long ici de ramener les citations du concerne qui se compte en dizaines, et qui dmontrent le contraire. Je me contenterais de nen citer quune seule. Celle-ci concerne les gouverneurs tyrans : *Si, tout infatus quils sont, ils font plier le cou de leurs sujets dociles, ils sont, malgr tout, marqu du sceau de lavilissement dans leur cur cause de leurs pchs. Sauf que nous sommes rsolus par la force du Coran leur faire obissance, renoncer la rvolte, et nous apitoyer sur notre sort travers le repentir et la prire. Celui qui veut gagner le salut doit sengager dans cette voie avec persvrance pour ne plus jamais en sortir.*[6]



4- Lutilisation de lavis dAb Hanfa



Ibn Tamiya tablit que lobissance au tyran musulman, contre lequel il est interdit de prendre les armes, intgre les articles du crdo traditionaliste en accord avec les textes scripturaires qui enjoignent de patienter face ses abus.[7] À ses yeux, tant quil observe la prire, il fait partie intgrante de la communaut*; son cur renferme lessence de la foi qui consiste vouer le culte exclusive au Crateur des cieux et de la terre*; ce dernier adhre pleinement au monothisme, lessence de la religion musulmane*; il a son actif de nombreux fastes en plus de renoncer de nombreux pchs. Il est certes lauteur dinjustices quil cherche lgitimer avec des raisons pas toujours lgitimes, mais cela ne justifie en rien de prendre les armes contre lui.[8]



Shekh el Islm sappuie sur des citations danciens qui corroborent ce principe, limage dAb Hanfa et de ses deux lves, Ab Ysaf et Mohammed ibn el Hasan, selon lesquels les propos reviennent au dernier cit la sunna interdit de prendre lpe contre les musulmans.[9] Les adeptes de lcole inscriront ce crdo dans leurs pitres qui recensent la croyance traditionaliste. Ce fut le cas de Tahw, lauteur des paroles*: *Nous ne voyons pas la rvolte contre les gouverneurs en place, mme quand ils sont des tyrans*; ne ninvoquons pas contre eux, et nous ne contestons pas leur autorit*; nous considrons que leur obissance, qui relve de lobissance dAllah (U), est un devoir tant quils nappellent pas dsobir Allah*; nous invoquons le Seigneur de les rformer et de les prserver.*[10]



Notons que Mohammed el Khams est lauteur dune thse universitaire dans laquelle il se sert de cette citation de Tahw pour justifier quAb Hanfa aurait finalement renonc cautionner les rvoltes armes contre les gouverneurs dsobissants. Voir*: usl e-dn inda el imm Ab Hanfa (p. 569).



Sinon, il est vrai que les murjiya el fuqaha ne se distinguent pas des kharijites sur leur prise de position face aux gouverneurs en place, comme en tmoignent un certain nombre dannales.



Selon ibn Shhn, Sufin e-Thawr a dit*: *Craignez toutes ces *passions* gares.* Quand on lui demanda des explications, ce dernier rpondit*: *Les murjites disent.Puis, il voqua certaines de leurs opinions avant denchaner*: Ils voient lpe contre les adeptes de la qibla.*[11]



Selon ibn Shhn, on demanda ibn el Mubrak*: *Est-ce que tu adhres la pense murjite*?

Comment pourrais-je tre un murjite, a-t-il rpondu, alors que je ne vois pas lpe*! [12]


Selon Ibrhm ibn Shamms, un jour, devant ibn el Mubrak dans lassemble duquel nous nous trouvions, un homme accusa Ab Hanfa de murjite, partisan de lpe contre le gouverneur en place, sans que cela ne fasse ragir notre rudit,[13] ce qui a valeur de consentement.



Ce mme ibn el Mubrak*dresse certains articles du crdo officiel*: *Quand on voit la prire sous la direction dun imam quil soit bon ou mauvais, le djihad sous lautorit de nimporte quel khalife, et quon nadhre pas la rvolte arme contre le sultan en place qui on rserve des invocations afin quAllah le rforme, on smancipe de la pense kharijite de fond en comble.*[14]



Daprs Ab Ishq el Fuzr, jai entendu dire Sufin et el Awz*: *Le discours des murjites aboutit lpe*! [15]



Daprs e-Sbn, avec une chane narrative authentique qui fait dire Ahmed ibn Sad e-Ribt, Abd Allah ibn Thir ma dit*: *Ahmed*! Vous, vous ne savez pas pourquoi vous dtestez ces gens-l en parlant des murjites alors que moi, je sais pourquoi je les dteste. Je les dteste parce que*; premirement*: ils ne voient pas lobissance au sultan*[16]*



Lavnement des murjites sinscrit en raction la rvolte dibn el Ashath. Nous comprenons mieux dsormais pourquoi Ibrhim e-Nakha disait quils reprsentaient un plus grand mal pour la communaut que les khawrij azriqa,[17] et que ces derniers taient plus excusables,[18] tant donn quils prenaient les armes contre les autorits quils assimilaient des apostats, alors que les murjites sarrogeaient le droit de se rvolter contre des gouverneurs dsobissants. Ce mme Ibrahim disait que les murjites avaient rendu la religion plus lgre que lhabit de Sbir.[19] Ibn Jubar les comparait aux sabens,[20] et e-Zuhr considrait que leur hrsie tait la plus dangereuse pour les musulmans.[21]



Shihristn classe les murjites en quatre catgories*:

Murijya el khawrij*;
Murijya el qadariya*;
Murijya el jabariya*;
Les murijya proprement dits.[22]


Mieux, lesprit de rvolte nest pas propre aux kharijites ni aux murjites, mais tous les innovateurs. Ab Qilba est lauteur des paroles extraordinaires*: *Tout groupe qui innove une innovation voit obligatoirement lpe.*[23] Il tablit galement quaussi diverses soient-elles, les innovations aboutissent forcment lpe*; lpe est donc leur point commun toute. Ayyb e-Sikhtiyn le rejoint sur ce point, en prcisant que les hrtiques sont tous des kharijites, bien quils portent des noms diffrents.[24]

Les kharijites se caractrisent pour dnigrer les mirs et les savants, pour interprter le Coran leur faon, faire le takfr non fond*des musulmans, la suite de quoi, se rebeller contre les autorits en place, de verser impunment le sang des musulmans, et de violer leur honneur et leurs biens. Ainsi, une menace terrible plane sur ceux qui les imitent.[25] Shtib va plus loin en reprochant quon accole les hadth sur les kharijites un groupe en particulier, alors que les savants les utilisent pour condamner tous les innovateurs sans exception.[26]

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Voir*: http://mizab.over-blog.com/2016/05/m...-partie-1.html



Ainsi, il nest pas tonnant que des adeptes de lcole hanafite, limage du trs controvers el Jasss qui,[27] en plus dtre murjites, voient lpe contre le gouverneur injuste, et cela, contrairement aux hanafites traditionalistes (sic) qui sont rests fidles au loyalisme orthodoxe, limage de Tahw contradiction quand tu nous tiens*!



Confusion mthodologique



Ensuite, dun point de vue purement mthodologique, la priode qui dtermine les anciens sarrte au dbut du 2ime sicle de lHgire qui dbouche sur lre des modernes. Il est donc maladroit dattribuer aux anciens une tendance en utilisant des citations des modernes, sauf si cest pour dmontrer quelles la corroborent. On peut toutefois par condescendance attribuer aux anciens des citations dauteurs plus anciens par rapport notre poque contemporaine. Cependant, un sujet aussi pineux mrite une certaine rigueur scientifique, ne serait-ce que vous chapper la vindicte de ses dtracteurs, je dis donc*:



À suivre

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Par*: Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/




[1] Sharh usl el itiqd de-Lalak (n 321-323).

[2] Minhj e-sunna (4/538).

[3] Minhj e-sunna (4/538).

[4] Darr e-tarudh (7/32-37).

[5] Majm el fatwa (4/18-19).

[6] Voir*: db el Hasan el Basr* dibn el Jawz (n 102).

[7] El istiqma (1/32).

[8] Majm el fatw (28/179).

[9] Majm el fatw (16/474).

[10] El aqda e-tahwya (p. 47).

[11] Voir*: el kitb e-latf (n 15), e-shara del Ajurr (n 2062), et sharh usl el itiqd de-Lalak (n 1834).

[12] Voir*: el kitb e-latf (n 17).

[13] Rapport par Abd Allah ibn Ahmed dans e-sunna (1/181, 182) avec une chane narrative authentique.

[14] Maqlt el islmiyn del Ashar (p. 87).

[15] Rapport par Abd Allah ibn Ahmed dans e-sunna (n 363) avec une chane narrative authentique.

[16] Voir*: aqda e-salaf wa ashb el hadth (p. 109).

[17] Rapport par Abd Allah ibn Ahmed dans e-sunna (n 623)

[18] Rapport par el Khalll dans e-sunna (n 963).

[19] Rapport par Ab Sad dans e-tabaqt (n 7985).

[20] Rapport par Abd Allah ibn Ahmed dans e-sunna (n 482).

[21] Voir*: e-shara del Ajjur (2/677).

[22] Voir*: el milal wa e-nihal*(1/162).

[23] Rapport par Abd e-Razzq dans el musannif (10/151), et e-Llak dans Sharh usl itiqd ahl e-sunna (1/143).

[24] Rapport e-Llak dans Sharh usl itiqd ahl e-sunna (1/143).

[25] El itism de Shtib (2/726).

[26] Idem.

[27] Ce dernier noublie pas au passage de lancer une pic sur lillustre el Awz, ce qui ne semble pas dranger outre mesure notre ami*; une fois, ce dernier utilise el Awz pour appuyer sa tendance, et une autre fois, il trouve un autre auteur qui va dans son sens, peu importe quil dnigre sournoisement el Awz






 
10-18-2018, 09:52 AM   : 3
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: Une tempte sous un crne




Une tempte sous un crne

(Partie 3)



Ibn Ab Zad el Qarawn*: *Parmi les lments et les coutumes de la religion qui furent marqus dun consensus de la communaut vouant lhrsie et lgarement tout contrevenant nous avons [] Le devoir dobissance aux mirs musulmans, et tout responsable intronis la tte des affaires musulmanes soit par consentement soit par la force, quil soit bon ou mauvais*; il est strictement interdit de se rebeller contre lui peu importe quil soit juste ou non*; nous intgrons ses rangs dans ses entreprises militaires contre lennemi, dans ses voyages au plerinage, nous lui versons laumne lgale quil nous rclame ventuellement, et prions derrire lui loccasion de la prire du vendredi et de lad [] Tous les points que nous venons dvoquer, nous les empruntons aux traditionalistes et aux grandes rfrences en matire de fiqh et de hadth, comme nous lavons voqu. LImm Mlik reprend tous ces articles son compte, comme en tmoignent ses avis qui sont recenss par crit ou de notorit publique.*[1]



La classification ancien/moderne*



Dj, dun point de vue purement formel, il existe beaucoup de confusion sur lpoque laquelle renvoie le phonme *ancien*. Beaucoup lutilisent pour dsigner des savants qui ne sont pas contemporains, ce qui est une grossire erreur mthodologique, mme sil est tolr de le faire par condescendance, comme nous allons le voir, sauf que le dbat scientifique mrite une certaine rigueur, ne serait-ce que pour viter de prter son flanc ses adversaires. Toutes les disciplines scientifiques ont recours ce vocabulaire, mme chez les non musulmans. Au 13ime sicle de lÈre chrtienne, Thomas dAquin lemployait dans ses dbats scolastiques.



Pour les musulmans, notamment les traditionalistes, il a une connotation bien spciale.



Dun point de vue linguistique*: salaf est le pluriel de slif qui signifie prdcesseur. Les salaf correspondent donc lensemble des prdcesseurs comme dans le Verset*: (Nous en avons fait des prdcesseurs et un exemple pour les gnrations suivantes).[2]



El Baghaw explique au sujet de son exgse*: *... les salaf reprsentent les gnrations prcdentes*; Nous les avons fait venir en premier afin que les gnrations suivantes tirent des leons et prennent exemple sur eux.* Ibn el Athr prcise quant lui*: *Les salaf de quelquun sont les personnes qui lont prcd dans la mort parmi ses anctres et sa famille. C'est pourquoi les gens de la premire poque parmi les successeurs des Compagnons furent appels les salaf e-slih (les pieux Prdcesseurs).*



Dun point de vue terminologique*:



Plusieurs dfinitions terminologiques ont t proposes pour cerner ce terme, dont les suivantes qui sont les plus srieuses*:

Il correspondrait aux Compagnons exclusivement.
Ou bien aux Compagnons et leurs successeurs (tbirn).
Ou encore aux Compagnons, leurs successeurs, et aux successeurs des successeurs (tbir e-tbin).
Il correspondrait aussi aux gnrations avant le cinquime sicle (de lHgire). Les partisans de cette opinion prtendent que cette tendance (les salaf) est dlimite dans le temps une priode dtermine sans pouvoir la franchir. La pense islamique aurait volu ensuite sous la conduite de ses adeptes.


*Or, est-il suffisant pour comprendre le terme salaf de le dfinir travers des priodes dtermines dans le temps*? Si lon conoit que ce terme est synonyme, dun point de vue temporel, aux trois premires gnrations comme le dnotent les hadth dlimitant lge dor des musulmans,[3] doit-on ainsi considrer toute personne ayant vcu dans cette priode comme un modle parmi les anciens*?



Nul doute que la rponse est non et que cette conception est errone*! Bon nombre de sectes en effet ont vu le jour au cours de cette priode. Lloignement dans le temps nest donc pas suffisant pour dterminer le concept de salaf. Il est nanmoins primordial de lier llment temporel, un autre critre et non des moindres. Autrement dit, il est impratif de concorder avec les textes du Coran et de la sunna dans la rflexion. En ayant une pense qui soppose au Coran et la sunna, on ne compte pas dans le cercle des salafs, bien quon ait pu vivre au sein des Compagnons ou de leurs successeurs.[4]



Ainsi, la prsence dun individu quelconque cette poque ne suffit pas pour juger de son adhsion la tendance des anciens. Il doit en plus de cela tre fidle au Coran et la sunna dans ses paroles et ses actes, soit tre conformiste non innovateur*! Cest pourquoi bon nombre de savants prcisent en dsignant les anciens*: les salaf e-slih*(les pieux Prdcesseurs).



E-Saffrn souligne*: *La tendance des anciens comprend*: le chemin des nobles Compagnons (y), de llite parmi leurs fidles successeurs, de leurs successeurs, et des grandes rfrences de la religion reconnues comme telles. Ils sont connus pour la place illustre quils occupent au sein des musulmans*; leurs paroles se sont propages de gnration en gnration. Tous les individus coupables davoir innov dans la religion ne comptent pas dans leurs rangs. Ceux-l mmes qui se distinguent par de mauvaises appellations lexemple des kharijites, des rfidhites, des qadarites, des murjites, des jabarites, des jahmites, des mutazilites, des karrmites, etc.*[5]



Est-il possible que des traditionalistes aillent lencontre de ce consensus*?



Dun point de vue purement thorique, oui, il est possible de trouver des exemples de traditionalistes modernes allant lencontre de ce consensus. Nawa avance implicitement trois noms*: ibn Abd el Barr, ibn Tamiya, et son lve ibn Muflih.



Dj, il est tonnant dattribuer, mme de faon insidieuse, cette drogation au dernier cit sous le simple prtexte quil enregistre les citations de deux no-hanbalites sous influence no-asharites. Ensuite, quasiment sur la mme ligne, ce que ne nous dit pas notre ami, il souligne que ces deux rudits sinscrivent contre-courant du crdo officiel du fondateur ponyme de lcole. Effectivement,*lImam Ahmed lintgre dans son pitre consacre ldification du crdo orthodoxe dans lequel il stipule clairement : Il nest permis personne de combattre le sultan ni de se rebeller contre lui, sous peine de devenir un innovateur ayant dvi de la sunna et de la bonne voie.*[6] Son lve Ab Bakr el Athram explique que cet article du crdo, qui reut laval des Compagnons et des grandes rfrences de la religion, bannit tout contrevenant lorthodoxie pour le ranger du ct des harrtes hrtiques.[7]* Harb ibn Isml el Karmn valide la parole de lImm quil intgre au consensus sans noublier de vouer lhrsie tout individu qui contrevient aux fondements quil numre.[8] Ibn Batta met galement en garde contre toute hrtique qui se marginalise par rapport ces fondements.[9]



Enfin, ibn Muflih rappelle que son maitre Taq e-Dn, qui nest autre quibn Tamiya, a dtect les deux symptmes lorigine de la plupart des troubles ayant dchires les socits musulmanes*: le manque de patience et le manque de science.[10]



Le prophte, nous dit ibn Tamiya, a interdit de prendre les armes contre les autorits musulmanes en place, aussi tyranniques soient-elles, en vu des inconvnients immenses quune telle initiative engendre. Plusieurs textes prophtiques communment transmis mettent en garde de tremper dans les guerres intestines.[11] À plusieurs reprises, Shekh el Islm parle de fondement de ldifice de la religion, non de point subsidiaire qui serait ventuellement sujet divergence.[12] Ibn Tamiya*qui fait tat de sa propre exprience valide donc le consensus sur la question qui nous intresse.[13]

E-Dhahab cautionnera lallgation de son Shekh dans le cadre de*son rsum de louvrage Minhj e-sunna, qui ne dit mot consent.[14]



Ibn Tamiya tablit*galement : *Llite des musulmans interdisait de se rebeller et de prendre les armes en priode de troubles. Abd Allah ibn Omar, Sad ibn el Musab, Al ibn el Husan, etc. dfendaient de sortir contre Yazd, lanne del Harra. El Hasan el Basr, Mujhid, et tant dautres dfendaient de participer la campagne (fitna) dibn el Ashath. Par la suite, un crdo se dessina chez les traditionalistes qui appelaient ranger lpe dans son tui en priode de troubles. Ils se conformaient ainsi aux hadth authentiques imputs de faon certifie au Prophte. Ils prirent lhabitude de lvoquer dans leur crdo, et incitaient la patience face la tyrannie des sultans, et ne pas prendre les armes contre eux.*[15]



Le relativisme tamiyen



Voir*: http://mizab.over-blog.com/2017/10/l...-partie-1.html



Mais alors o est le relativisme tamiyen dans cette affaire*? Il se trouve dans ce dogme statique prn par les extrmistes murjites constatant une constante quasi universelle, soit que la plupart des rvoltes travers lHistoire ont avort.



Le doyen de Damas dit en effet*: Cest pourquoi, il est notoire que la tendance traditionaliste ne voit ni la rbellion ni lpe contre les mirs en place, mme sils rpandent linjustice. Et cela, conformment aux hadth prophtiques authentiques et communment transmis sur le sujet. Le dsordre quengendrent les guerres intestines et les troubles est plus grand que le mal et linjustice venant des mirs en temps de paix.*On ne provoque pas des grands maux sous prtexte dradiquer des maux moins graves.



À travers lHistoire, les rvoltes ont pratiquement toujours ramen un mal plus grand que celui quelles taient senses enleves. Or, Allah ne nous a pas ordonn de combattre tous les tyrans et les injustices quoiquil arrive. Il ne nous a pas demand non plus de combattre dentre les rebelles, mais Il nous enjoint dattendre*: [Lorsque deux groupes parmi les croyants se querellent, rconciliez entre eux*; mais si lun deux sacharne contre lautre, alors combattez celui qui sacharne jusqu ce quil se plie lordre dAllah une fois quil sy plie, alors rconciliez entre eux avec quit, et soyez justes, car Allah aime les justes].[16] Sil na pas demand de combattre dentre des rebelles, alors comment laurait-Il demand pour les mirs*?*[17]



Ailleurs, il va plus loin*en disant : Peu furent les rvoltes qui, dans lHistoire, nengendrrent pas un mal plus grand que le bien escompt. Nous avons comme exemple, ceux qui sinsurgrent contre Yazd Mdine, ibn el Ashath qui se rvolta contre Abd el Mlik en Iraq, ibn el Muhallib qui sonna linsurrection contre son fils dans le Khurasn, Ab Muslim shib e-dawa qui fomenta galement une rvolte dans*le Khurasn, et ceux qui se rvoltrent contre el Mansr Mdine et Bassora, etc.



Le mieux quil peut leur arriver, quand ils ne sont pas vaincus, cest de triompher, mais, tt au tard, ils perdent le pouvoir, et jamais ils ne laissent dhritier. Abd Allah ibn Al et Ab Muslim attentrent la vie dun nombre incroyable de personnes, pourtant, tous les deux finirent entre les mains dAb Jafar el Mansr. Quant aux partisans del Harra, dibn el Ashath, dibn el Muhallib, etc. ils connurent la dfaite*; ils ne parvinrent ni maintenir la religion ni pargner le profane. Alors que le Trs-Haut nordonne rien qui ne rapporte aucun effet ni pour la religion ni pour la vie matrielle. Il est vrai, au mme moment, que les acteurs dune telle initiative sont des pieux, des lus dAllah promis au Paradis.*[18]



Ibn el Qayim, son fidle lve, dplore exactement le mme constat*: *Dans la condition o interdire le mal engendre un mal plus grand, et plus dtest pas Allah et Son Messager, il nest pas pertinent de linterdire, bien quau mme moment, Allah dteste et est courrouc contre ses instigateurs. Dans cet ordre, nous avons les rois et les gouverneurs contre qui on prend les armes, sous prtexte dinterdire le mal. Ce genre dinitiative est la base de tous les maux de la terre jusqu la fin du monde. Les Compagnons demandrent lautorisation au Messager dAllah de se rvolter contre les mirs qui retardaient simplement lheure de la prire*: *Ne devons-nous prendre lpe contre eux, lui demanda-t-on ?

Non, tant quils font la prire.*[19]
Le meilleur des hommes dit galement*: *Quiconque voit chez son mir une chose quil rprouve, il doit lendurer sans jamais contester son autorit.*

En mditant sur tous les troubles, du plus grand au plus petit, qui ont dchir la Nation travers lHistoire, on se rendra compte quils viennent en rsultat au non-respect de ce principe, et au manque de patience face au mal. À vouloir absolument lradiquer, on engendre un mal encore plus grand.*[20]



À suivre

*********************

Par*: Karim Zentici

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[1] El jmi (p. 139-148).

[2] Lornement*; 56

[3] On parle de fin dune gnration quand la plupart de ses lments sont morts. La premire gnration des Compagnons disparut en mme temps que le Khalifat (il ne restait pratiquement plus aucun ancien combattant de la bataille de Badr). La seconde gnration des tbin compta ses derniers lments avec le dclin des Compagnons benjamins, sous lre dibn e-Zubar et dAbd el Mlik. La majorit des successeurs des tbin prirent avec lavnement des Abbassides qui avaient usurp le pouvoir aux Omeyyades en 132 h.

Voir*: Majm el fatw (10/356).

[4] Voir*: Wasatiya ahl e-sunna bana el firaq du Docteur Mohammed B karm (p. 96-101) dont nous avons lgrement modifi lextrait. Prcisons que cet ouvrage est trs intressant.

[5] Lawmi el anwr (1/20).

[6] Sharh usl el itiqd de-Lalak (1/181).

[7] Nsikh el hadth wa manskhihi (p. 257).

[8] masil el imm Ahmed wa Ishq ibn Rhawah (p. 355-357).

[9] E-sharh wa el ibna (p. 276).

[10] Voir*: http://library.islamweb.net/newlibra...d=28&startno=7

[11] El istiqma (1/34),

[12] Voir notamment : Majm el fatw (1/18-19, 3/250).

[13] Minhj e-sunna (4/529-530), et Majm el fatw (3/249).

[14] El muntaq min minhj el itidl (p. 297).

[15] Minhj e-sunna (12/297).

[16] Les appartements*; 9

[17] minhj e-sunna (3/391).

[18] Minhj e-sunna (4/528).

[19] Rapport par Muslim (1855), selon Awf ibn Mlik (t).

[20] Ilm el mawqin (3/15).






 
10-19-2018, 07:24 AM   : 4
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: Une tempte sous un crne




Une tempte sous un crne

(Partie 4)



Quen est-il dibn Abd el Barr*?



Et l, les choses se corsent. Passons pour les approximations sur ibn Muflih, ibn Tamiya qui, selon Nawa serait combien mal compris, et on ne lui fait pas dire , voire sur Ab Hanfa, mais



En fait, premire vue, cela ne me drangeait pas quun traditionaliste puisse droger ce fameux consensus. Le cas chant, on parle derreur dinterprtation non dgarement, comme la soulign ibn Tamiya prcdemment, mais ibn Abd el Barr, ce grand spcialiste, lun des derniers grands gants malkites qui en Andalousie, ont chapp, linfluence no-asharites ayant dbarqu sur la pninsule ibrique par plusieurs vagues successives.[1] Je restais perplexe. Mais, une me bien intentionne me fit remarquer que ce passage utilis par Nawa tait malheureusement tronqu. Aprs vrification, je constatai le forfait de mes yeux, et entreprit la traduction du passage en entier, non pas ddain envers celle de notre ami, qui, au passage, est trs agrable lire, mais pour uniformiser la lecture. Voici ce que cela donne*:

*

**Nous ne contestons pas le pouvoir son dtenteur**: les avis divergent sur linterprtation de ce passage*; pour les uns, il sagit des dtenteurs probes, justes, vertueux, et pieux qui ont la force suffisante pour prendre les commandes du pouvoir. Le cas chant, il est interdit de le leur contester, car ils en sont les dignes dtenteurs, contrairement aux tyrans et aux dbauchs qui ne dtiennent aucune lgitimit. Les tenants de cette tendance sinspire notamment du Verset : [Je ferai de toi, lui annona-t-il, un guide pour les hommes. Et quen sera-t-il de ma postrit, sinquita Ibrahim*? Allah proclama*: Mon alliance ne stend pas aux injustes].[2]*



Plus dune sommit parmi les pieux prdcesseurs, adopta cette position qui fut imite par nombre de leurs hritiers qui comptent dans leurs rangs des notables, des lecteurs et des savants originaires de Mdine et dIrak. Ce fut le cas dibn e-Zubar qui fomenta une sdition (sic), del Husan qui sinsurgea contre Yazd, et de grands savants parmi llite iraquienne qui se soulevrent contre el Hajjj. Les mdinois furent mus par les mmes motivations au moment dvincer les autorits omeyades de lancienne capitale, et de monter contre eux une rvolte qui se solda par les vnements del Harra.*



Le passage utilis par Nawa sarrte ici. Dj, il nest pas dans le tamhd, mais dans el istidhkr*; ce nest pas grave, cela ne change rien la teneur des textes, ce genre de mprises est courant. En revanche, si on se penche sur la suite, on saperoit que les intentions de lrudit sont toutes autres. Quon en juge*:



*Ces expriences historiques et tant dautres du mme genre inspirrent un groupe de mutazilites et lensemble des kharijites qui fondrent dessus leur tendance.*



À loppos, sinscrivent les traditionnalistes qui, inspirs par leurs grandes rfrences, mettent lavis quen principe, le gouverneur suprme doit faire preuve dexemplarit en matire de justice, de probit, drudition, de gnrosit, et dune force suffisante que rclame sa fonction. Dans la situation o limam faillit ses devoirs, il incombe dendurer sa tyrannie avec patience. Cette attitude est bien plus salutaire que la rvolte qui engendre linscurit, la recrudescence de criminels, de pillages, de brigandages, et de toute sorte de dsordre et de corruption, ce qui, comparativement, constitue un malheur plus grand que celui dendurer la tyrannie avec patience.



Daprs Abd e-Rahmn ibn Mahd, selon Sufiyn e-Thawr, selon Mohammed ibn el Munkadir, aprs avoir entendu la nouvelle de lallgeance Yazd ibn Muwiya, ibn Omar fit le commentaire*: *Si cest un bien, nous sommes satisfaits, sinon, nous sommes contraints la patience.* Dans notre recueil e-tamhd, nous avons rpertori de nombreuses annales qui corroborent ce point, grce Dieu.*[3]



Dailleurs, dans le fameux tamhd, nous trouvons un passage quasi identique, la dcharge de Nawa, sauf quil arrive exactement la mme conclusion. La preuve*:



**Nous ne contestons pas le pouvoir son dtenteur**: les avis divergent sur linterprtation de ce passage*; pour les uns, il sagit des dtenteurs probes, justes, vertueux, et pieux. Le cas chant, il est interdit de leur contester le pouvoir, car ils en sont les dignes dtenteurs, contrairement aux tyrans et aux dbauchs qui ne dtiennent aucune lgitimit. Le Verset suivant va dans ce sens : [Je ferai de toi lui, annona-t-il, un guide pour les hommes. Et quen sera-t-il de ma postrit, sinquita Ibrahim*? Allah proclama*: Mon alliance ne stend pas aux injustes].[4]*



Lavis qui prne la rvolte contre tout gouverneur dsobissant fut adopt par plusieurs tendances mutazilites et lensemble des kharijites.*



À loppos, sinscrivent les traditionnalistes, les dtenteurs de la vrit, qui tablissent quen principe, le gouverneur suprme doit faire preuve dexemplarit en matire de justice, de probit, et de gnrosit. Dans la situation o limam faillit ses devoirs, il vaut mieux endurer sa tyrannie avec patience que de se soulever contre lui. Cette attitude est bien plus salutaire que la rvolte qui engendre linscurit, la recrudescence de criminels, de pillages, de brigandages, et de toute sorte de dsordre et de corruption, ce qui, comparativement, constitue un malheur plus grand que celui dendurer la tyrannie avec patience.

Les* grands principes de lIslam, mais aussi la raison et la religion corroborent la rgle du moindre mal. Nous devons obissance tout mir qui honore la prire du vendredi, de lad, qui brandit ltendard du djihad contre lennemi, qui applique les peines corporelles contre les criminels, qui rgle les litiges des citoyens, qui teint lardeur des bandits, et qui assure la scurit des routes. Cette obissance stend toutes les lois promulgues qui relvent de lintrt gnral, voire caractre purement facultatif.*[5]



Bien sr, je naccuse pas Nawa de tronquer les paroles des savants. Il a srement d prendre ce passage par le biais dun ouvrage dont lauteur partage sa tendance, sans revenir loriginal. Cette pratique est galement courante, quoi que contestable, moi-mme, il marrive souvent de le faire. Le problme est quil sest prcipit sur cette citation au milieu de tant dautres, car elle est en adquation avec ses ides prconues. Dun point de vue purement mthodologique, cette approche, qui consiste chercher des preuves qui vont dans le sens de nos positions, est biaise, car, toute recherche objective rclame de fonder sa croyance sur des preuves, non de chercher des preuves pour corroborer sa croyance



Or, un point intercde en faveur de notre ami, soit quibn el Wazr interprta de la mme faon que lui cette citation dibn Abd el Barr, sauf quil faut prciser quibn el Wazr fut imprgn de la pense en vogue au Ymen (bien quil sen dtache souvent), le zaydisme qui reut une forte emprise du mutazilisme dans le domaine du crdo. Sans compter quil fut probablement marqu par ibn Hazm. Tout semboite*!



La chute



Cette citation dibn Abd el Barr, une fois rpare, corrobore notre propos disant que le consensus est ventuellement drog par la pense mutazilite ayant prise des racines profondes dans la culture musulmane, ou bien par des avis qui reprennent des vnements pr-consensus. Je dis mutazilite, car il sagit dune prise de position purement intellectuelle et virtuelle, car, dailleurs, celle-ci se dmarque, ventuellement, de diverses expriences kharijites contemporaines. Ces kharijites inscrivent leur dmarche dans laction et lengagement, loin de toute thorisation intellectuelle, bien quils sen servent ventuellement et scrupuleusement pour lgitimer leur combat.



Ainsi, ces intellectuels, limage de Salmn el Awda, qui envoie toute une jeunesse, la force vive du pays, sur le sol algrien au casse-pipe, et qui des annes plus tard, au gr dun clip combien cynique, fait laveu pittoresque que lexprience lui avait appris ce que les textes avaient toujours dit*; ces intellectuels ressemblent sous certains aspects aux kharijites qadiya qui, comme leur nom lindique, embellissaient le khurj tout en restant assis chez eux.[6] Aux yeux dAbd Allah Tarass, ils sont mme les pires des kharijites,[7] car travaillant dans lombre.



El Hasan ibn Slih tait trs exigeant envers lui-mme sur les conditions que devait runir le khurj*; des conditions quasi impossibles concrtiser, c'est pourquoi il ne trempa jamais dans les guerres intestines, mais cela ne lempcha pas denvoyer beaucoup de ses compatriotes la mort.[8]



En outre, il est possible que des modernes tiennent compte de cet avis hrtique, non pour le lgitimer, mais pour souligner la divergence dans son ensemble le plus large, et qui englobe les tendances les plus marginale. Cest probablement ce qua voulu faire el Qurtub. Nous invitons donc notre ami rapporter, cette fois, le passage en entier.[9] Cest en tout cas ce qu fait lImm Nawaw, qui, bien quil enregistre le consensus, nocculte pas que certaines tendances musulmanes, qui font donc partie du patrimoine islamique, le drogent*: *À lunanimit des musulmans, souligne-t-il, toute rvolte arme contre les gouverneurs en place est interdite, peu importe quils fassent rgner la tyrannie, comme le dnotent nombre de hadth. Il existe un consensus des traditionalistes stipulant que la dbauche du sultan ne justifie pas sa destitution.*[10]*



El Ubb dobdience mlikite dira plus tard dans les traces de Nawaw*: *À lunanimit des musulmans, toute rvolte arme contre les tyrans en place est interdite. Ce consensus ne tient pas compte de lavis erron de certains savants de notre cole qui proposent leur destitution.*[11]

**

À un autre endroit, Nawaw est moins formel sur ce fameux consensus en attribuant cette opinion la grande majorit, non, nuance lunanimit des shfiites.[12] La raison est que certains lgistes, mais aussi les mutazilites affilis lcole drogent, tort, ce consensus. Puis, il conclut avec une parole del Qdh dont voici les termes*: *Il est dit que si divergence il y a eu, ctait au dbut, mais, avec le temps, un consensus se dgagea sur linterdiction de se rebeller.*[13]





Ibn Hajar el Asqaln*qui valide les propos dibn Battl ayant enregistr ce consensus,[14] considre, dans un autre passage, que, dans un premier temps, les anciens voyaient lpe, mais, stant rendu compte des inconvnients normes quune telle initiative engendrait, notamment lors des compagnes del Harra, et dibn el Ashath*; en fin compte, ce qui allait devenir lun de leurs principes, ils y renoncrent dfinitivement.[15]

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Par*: Karim Zentici

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[1] http://mizab.over-blog.com/article-l...115285553.html

[2] La vache*; 124

[3] Voir partir de la rubrique 19327*:

http://library.islamweb.net/newlibra..._no=93&ID=1733

[4] La vache*; 124

[5] Voir*: http://fatwa.islamweb.net/newlibrary..._no=78&ID=1653

[6] Hd e-sr dibn Hajar (p. 483).

[7] Rapport par Ab Dwd dans Masil Ahmed (p. 271).

[8] Rapporte par el Khalll dans e-sunna (94).

[9] Je parle de lexgse du v. 124 de la s. La vache dans lequel el Qurtub reprend mot mot le passage dibn Abd el Barr cit plus haut. Cest probablement la preuve que les no-malikites se vhiculaient ce crdo de gnrations en gnrations, mme aprs linfiltration du no-asharisme, comme cest le cas avec el Qurtub. Ensuite, la citation que ramne notre ami en exgse au v. 30 de la s. La vache est malheureusement tronque galement.

Voir*: http://quran.ksu.edu.sa/tafseer/qort...ra2-aya30.html

http://quran.ksu.edu.sa/tafseer/qort...a2-aya124.html

[10] Sharh Muslim (12/229).

[11] Ikml ikml el mulim (5/181).

[12] Sharh Muslim (12/229).

[13] Sharh Muslim (12/469).

[14] Fath el Br (13/7).

[15] Tahdhb e-tahdhb (2/288).






 

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