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ÞÏíã 03-25-2019, 03:17 PM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 1
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ÇÝÊÑÇÖí Dialogue avec Karim Hanifi


Dialogue avec Karim Hanifi I/1



*«*Le débat autour de l’exégèse moderne n’est pas en son fond un débat entre historiens, mais un débat philosophique. Ce n’est qu’à ce niveau qu’il peut se mener correctement; autrement, on en reste à un combat dans le brouillard.*»

J. Ratzinger, Schriftauslegung im Widerstreit, in id., Herausgegeben von Joseph Ratzinger (Quaestiones disputatae 117) Herder, Freiburg im Breisgau, 1989, 15-44. =*L’interprétation de la Bible en conflit. Problème des fondements et de l’orientation de l’exégèse contemporaine. Texte français publié dans R. Guardini, H. de Lubac, H. Urs von Balthasar, J. Ratzinger, I. de la Potterie, L’exégèse chrétienne aujourd’hui, Fayard, Paris, 2000, 67-109, 93.

Cf JP II dans l’encyclique Fides et Ratio : «*Ceux qui se consacrent à l’étude des saintes Écritures doivent toujours avoir présent à l’esprit que les diverses méthodologies herméneutiques ont, elles aussi, à leur base une conception philosophique : il convient de l’examiner avec discernement avant de l’appliquer aux textes sacrés.*»

Jean-Paul II, Fides et Ratio (1998) § 55.

«*Il est donc urgent que l’on s’interroge également du point de vue philosophique sur le rapport qui existe entre le fait et sa signification, rapport qui constitue le sens spécifique de l’histoire.*»

(FR § 94)



Prologue



Edward Saïd, la connaissance, c’est le pouvoir, et étudier un objet, c’est en établir le contrôle.



L’homme est la somme d’une double dimension*: physique et spirituelle, et en réaction aux dérives spirituelles du catholicisme, l’ère dite moderne, hérité des philosophies de l’Antiquité, sous l’impulsion des mouvements humanistes avec pour point d’orgue, la Révolution française, vont procéder à un déséquilibre inversé.[1] Cette tare accouchera des grandes idéologies modernistes à l’instar du darwinisme qui se basent sur une méthode d’investigation purement matérialiste.[2] Celle-ci s’inscrit dans le cadre de la domination hégémonique de l’Occident qui impose son mode de vie aux autres civilisations.



L’étude occidentale et moderne de l’histoire, désignée communément (en dépit de sa diversité interne) par la méthode historico-critique trouve ses origines à l’époque de la Renaissance et de l’approche critique des sources de l’histoire et de la religion qui s’est ensuite développée en Allemagne aux XVIIIe et XIXe siècles. *Maintenir une perspective «*historique critique » dans l’étude du passé signifie qu’il n’est pas possible d’accepter ce que les sources historiques nous disent sans leur poser des questions. Au lieu de cela, nous les interrogeons et essayons d’établir leur fiabilité en fonction d’un ensemble d’hypothèses sur le fonctionnement de la société humaine. La redécouverte de l’héritage antique a donné aux érudits européens un sentiment de distance historique par rapport au passé et a révélé les changements historiques subis par des textes anciens comme la Bible.



Les historiens grecs et romains exprimaient un scepticisme cosmopolite que les esprits européens trouvèrent irrésistible. La redécouverte de la philosophie antique n’a pas parallèlement alimenté de nouveaux débats sur la métaphysique et la théologie autant qu’elle a pu conduire à une focalisation sur l’étude des règles régissant le monde matériel. Tandis que la Réforme protestante a pour sa part démantelé le monopole de l’Église en matière d’interprétation des Écritures, ce qui a finalement abouti à une vision de la Bible comme étant un produit historique lié à son propre contexte plutôt qu’à la manifestation infaillible, intemporelle et littérale de la vérité.[3]



Les racines de la méthode historico-critique remontent à une période comprise entre le XIVe et le XVIe siècle, lorsque des humanistes italiens et français ont réintroduit l’héritage gréco-romain grâce à des manuscrits provenant du monde musulman et de Byzance. Cela a amené les spécialistes d’Europe occidentale à adopter une nouvelle perspective concernant leur rapport à leur patrimoine culturel. L’Europe occidentale s’est toujours considérée comme l’héritière de la tradition romaine, invoquant sans cesse le droit et la littérature romains comme des exemples.

La renaissance de la philosophie, ou l’idée que la vérité métaphysique ne pouvait être atteinte que par la raison, conduisit, en Angleterre au dix-septième siècle, au développement du déisme et à la croyance en un Dieu rationnel connaissable par la raison. Si la vérité pouvait être connue de l’extérieur des Écritures, soit par la raison, soit par l’inspiration, et si cette Écriture elle-même semblait de plus en plus perçue comme le produit historique d’une tradition déformée de l’Église, la Bible était-elle encore véritablement ce vase intemporel de la vérité universelle ? Le canon biblique était un développement historique, et ses significations particulières étaient liées à la vision du monde de ses publics d’origine. La Bible n’était plus le seul «*entrepôt*» de vérité pour l’humanité. Au contraire, il ne s’agissait que d’une étape dans le cheminement de l’Homme vers une plus grande vérité philosophique qui se frayait un chemin à travers l’histoire.



Outre un doute a priori sur la fiabilité textuelle et la construction humaine de l’orthodoxie religieuse, la méthode historico-critique reposait sur d’autres fondements méthodologiques. L’un des autres principes centraux de la méthode historico-critique était donc le principe d’analogie (parfois improprement qualifiée d’uniformitarisme) traduisant l’idée selon laquelle, bien que les cultures puissent différer considérablement d’un lieu à l’autre et d’une époque à l’autre, les sociétés humaines fonctionnent toujours essentiellement de la même manière.



Outre le principe d’analogie et la détection des anachronismes pour identifier les informations historiquement peu fiables, la méthode historico-critique s’est également appuyée sur un outil souvent appelé le principe de dissemblance.*Ce principe stipule qu’un élément qui semble contredire ou défier l’orthodoxie est probablement vrai à l’origine, puisqu’aucune personne engagée dans la construction ou la défense de cette orthodoxie n’aurait pu l’inventer. Dans l’étude de la Bible, ces courants de pensée ont conduit au développement, en Allemagne et au cours des premières décennies du XXe siècle, de ce qu’on a appelé la critique formelle.

Cette méthode de critique combinait le doute présumé quant à l’intégrité des textes avec la conviction de la critique moderne que la construction de ces mêmes textes était affectée ou déterminée par des intérêts profanes.



Du milieu du XIXe siècle au début du XXe siècle, les divers courants de pensée européens (scientifiques, historiques et religieux) ont convergé pour former une vision du monde qui nous est immédiatement familière aujourd’hui. Cette vision, qualifiée de positiviste, soutenait que grâce à leurs méthodes scientifiques et à la rigueur de leur savoir, les humains étaient en mesure d’écarter l’ignorance et la superstition et de révéler la vérité sur leur environnement et leur passé. Seule la vérité ainsi découverte méritait d’être suivie. Bien que l’on en ait eu un aperçu dès la Renaissance et à l’époque de la Révolution française, l’un des piliers essentiels du positivisme était la notion de progrès qui devait conduire nécessairement à l’amélioration de la civilisation humaine. Les historiens qui appliquèrent la méthode historico-critique pensaient que des éléments ou des témoignages d’acteurs historiques étaient crédibles à la triple condition que « ce qu’ils disent d’eux-mêmes est à leur désavantage, lorsque leurs récits ressemblent à la vérité et ne contredisent pas l’ordre de la nature*».*

Les hypothèses et critères constituant la méthode historico-critique utilisée par les historiens européens et américains peuvent être donc résumés de la manière suivante :

1) Une présomption de doute sur l’authenticité ou la fiabilité d’un texte ou d’une information historique.

2) Un scepticisme général à l’égard des récits orthodoxes présentés dans ces sources historiques.

3) La conviction que, en analysant les sources historiques et en utilisant les méthodes décrites précédemment, un chercheur pourra distinguer les sources fiables des sources peu fiables en identifiant quelles parties du texte ont servi quels intérêts et quels agendas historiques.



Le développement de la méthode historico-critique aurait donc également des conséquences immédiates sur la question de l’authentification des sources dans la tradition islamique. Au XIXe siècle en particulier, des savants français et britanniques commencèrent à enquêter sur la vie de Muhammad et sur les origines de l’islam dans le contexte de la mise en place de politiques coloniales et des efforts pour dominer les populations musulmanes. Pour les savants allemands spécialisés dans l’antiquité proche-orientale, l’étude de l’islam était en quelque sorte une sous-catégorie des études bibliques. Mais, il est à souligner que cette recherche des origines de l’islam et de ses sources écrites s’effectuait dans le cadre d’un univers mental marqué par le projet de domination musulmane, fusse-t-il bien intentionné. À titre d’exemple, c’est dans ce contexte qu’était fièrement annoncé, en 1902 au cours d’une conférence orientaliste allemande, les assertions suivantes*: «*Les ténèbres de l’Antiquité ont été illuminées*» ou encore «*la lumière a été projetée dans les forêts obscures*» de l’Inde, de l’Afrique et du Moyen-Orient par des Européens déterminés à dévoiler les origines et les développements de ces religions et de ces peuples.



Le livre influent de Theodor Nöldeke sur les origines du Coran, en 1860, caractérisait en ce sens « la nouvelle confiance de l’Europe dans sa connaissance supérieure des textes et des traditions orientales ». Plus important, ces orientalistes formulaient une supposition déterminante : ce qui s’était révélé vrai du christianisme et de la Bible devait l’être également de toutes les autres religions et de tous les autres textes sacrés. Bientôt, les méthodes des spécialistes de la Bible étaient appliquées à la tradition arabo-islamique.[4]



L’influence de la méthode historico-critique sur les chercheurs musulmans réformistes



Une approche conventionnelle, illustrée par le professeur de théologie Johann Semler (décédé en 1791), fut que la véritable fonction de la Bible était de transmettre une vérité spirituelle, et non un fait historique ou scientifique. La première étape historique de l’étude d’un texte consistait à mettre en doute sa fiabilité et à déterminer son authenticité. En d’autres termes, le paramètre par défaut pour les spécialistes était de douter de la fiabilité historique des documents transmis. Au moment même où la révolution scientifique scellait l’hypothèse selon laquelle les miracles ou l’implication directe de Dieu ne pouvaient être appelés à expliquer l’histoire et les Écritures, les historiens européens faisaient du mot d’ordre du poète romain Horace « Ne laissez aucun dieu intervenir (nec deus intersit) » leur devise.[5]



Aussi savante qu’elle puisse paraitre, la méthode orientaliste historico-critique, dont rappelons-le l’hypercritique n’est qu’une dérive, n’est que la matérialisation de ce fait anthropologique. Elle est donc viciée à la base, sauf que, nourrie par un profond complexe d’infériorité, une frange active des défenseurs de la cause musulmane, a, tant bien que mal, en sachant que nul n’échappe à sa condition, adapté ses méthodes aléatoires aux sources islamiques. Des ténors de l’interreligieux, tels que Karim Hanifi, revisitent l’Histoire de l’Islam qu’ils passent au peigne fin sous couvert de la défense du culte face aux attaques islamophobes. Karim opère un véritable dépeçage en bonne et du forme du patrimoine historique en nous entrainant ainsi vers une véritable amnésie collective grâce à l’outil approprié de la critique du hadîth qu’il met au service de son énergie faramineuse, voire quasi hors-norme, en matière d’étude comparée pour décourager ses détracteurs, notamment du côté des musulmans dans les rangs desquels le zèle religieux est plus prononcé que chez nos pauvres catholiques. Notre «*sheïkhcheur*», comme il plait à s’appeler lui-même, teinte son discours d’une cohérence imparable. Et, il y arrive avec brio, sauf que sa démarche, aussi rigoureuse soit-elle, ne lui accorde en rien un label de viabilité. Bien au contraire, comme nous allons le démontrer, celle-ci revêt des lacunes irréversibles, malgré les terribles efforts qu’il entreprend pour les maquiller.



Après, on peut comprendre que ses vidéos rassurent et réconfortent nombre de musulmans occidentalisés en manque de mentor, sauf qu’elles cachent de terribles enjeux invisibles qui échappent à ses âmes apeurées, et peut-être à Karim lui-même. C’est en tout cas, tout le mal qu’on lui souhaite*!



Paradoxalement, peut-être bien malgré lui, Karim se réapproprie la méthode historico-critique,[6] qui, à la base fut destinée à ébranler les convictions catholiques, pour défendre la… Bible contre les assauts qui l’assaillent de toute part, comme pour donner des gages de son objectivité. À cette fin, il utilise cette fameuse méthode pour éliminer tous les éléments islamiques qui ne sont pas biblo-compatible, et dans une mesure plus large, qui ne sont pas adaptés à l’air du temps.



À suivre…

*********************

Par*: Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/






[1] Voir*: http://mizab.over-blog.com/2018/04/l...-partie-1.html

[2] Voir*: http://mizab.over-blog.com/2018/04/l...-partie-1.html



[3] http://www.mizane.info/angles-morts-...que-du-hadith/

[4] http://www.mizane.info/le-christiano...rico-critique/

[5] Idem.

[6] Malheureusement, mon vieil ami Hassan Chahdi est tombé dans le même travers méthodologique en vendant son âme à l’orientalisme, que Dieu aie pitié d’elle*!

https://www.college-de-france.fr/sit...2-07-11h30.htm






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ÞÏíã 03-26-2019, 09:23 AM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 2
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ÇÝÊÑÇÖí ÑÏ: Dialogue avec Karim Hanifi





Dialogue avec Karim Hanifi I/2

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Le Coran, la première et ultime source en matière de critique de la Bible



Il est possible que le Livre saint des musulmans peigne les références originales judéo-chrétiennes sous un habit élogieux, non pour souligner leur inerrance, contrairement aux appréhensions non dites de notre spécialiste, mais pour marquer son excellence et sa prééminence. S’il est vrai que nous avons là la preuve que les véritables textes scripturaires de l’Ancien et du Nouveau Testament aient relativement survécu aux aléas du temps et aux erreurs de retranscription et de traduction, il n’en demeure pas moins qu’ils furent également l’objet de manipulation coupable de la part de scribes peu scrupuleux. Ainsi, le Coran ne se contente pas de les corroborer, mais, avant tout, il y sépare le bon grain de l’ivraie*; il les corrige des erreurs volontaires ou non qu’ils regorgent, il abroge éventuellement ses Lois, et surtout il entérine ses commandements constants et universels. Voici seize passages coraniques démontrant notre propos, et qui interpellent notre frère, qui, nous l’espérons, rectifiera son tir, car, nous ne jouissons pas du luxe de nous passer d’un pourfendeur aussi précieux contre nos contempteurs invétérés.



1- Le Verset du Chapitre La vache*: (Nous avions déjà offert le Livre à Moïse à qui Nous avions fait succéder d’autres Messagers, tels que Jésus fils de Marie que Nous avions armé de signes éclatants grâce au soutien du Saint-Esprit. Alors jusqu’à quand accueillerez-vous les prophètes avec morgue, traitant les uns d’imposteurs et massacrant les autres, chaque fois que le message qu’ils vous apportent ne flatte pas vos caprices*?)[1]*; Le Coran a été mentionné ensuite en ces termes*: (Ils eurent entre les mains un Livre venu du ciel corroborant leurs propres Écritures sur lesquelles ils se basaient pour invoquer le sauveur qui leur accorderait le triomphe sur les païens. Pourtant, dès son avènement, ils dénièrent le reconnaitre et renièrent son ministère, maudit soient ces infidèles !)[2]



2- Le Verset de la sourate La famille d‘Imrân*: (Lui qui, en toute vérité, te révéla progressivement le Livre venu corroborer les anciennes Écritures telles que la Thora et l’Évangile qu’Il révéla).[3] Le Tout-Puissant a tout de suite après évoqué le Coran*: (Auparavant en guise de bonne direction pour les hommes. Puis, il révéla le Livre du discernement).[4] Autrement dit le Coran comme l’a précisé Qatâda et e-Rabî’ ibn Anas dans l’exégèse d’ibn Kathîr. Rien ne sert de réfuter que cela voudrait dire qu’il serait cité à deux reprises comme nous allons l’expliquer prochainement si Dieu le veut*!



3- [Nous révélâmes la Thora de laquelle émanent droiture et lumière, et à partir de laquelle les prophètes dévoués à Dieu font régner la justice sur les juifs, au même titre que les rabbins et les docteurs de la Loi, ces dignes témoins et gardiens de leur héritage*; et c’est Moi, et non les hommes que vous devez craindre*; alors, ne troquez pas mes commandements contre un vil prix, car qui n’applique pas la Loi révélée par Dieu est un infidèle][5]*; pour dire un peu plus loin*: (Nous mimes sur leurs traces Jésus fils de Marie venu corroborer la Thora révélée avant lui. Nous lui transmîmes l’Évangile duquel émanent droiture et lumière en accord avec la Thora révélée auparavant, et revêtant droiture et exhortation à l’adresse des pieux • Que les adeptes de l’Évangile appliquent la loi divine qui y fut révélée, car qui n’applique pas la Loi révélée par Dieu est un pervers).[6]



Juste après avoir évoqué la Thora, le Très-Haut fait intervenir le Coran dans Son discours*: (Nous te révélâmes, en toute vérité, le Livre venu corroborer les anciennes Écritures et faisant force d’autorité. Alors, appuie-toi dessus pour arbitrer les litiges que te soulèvent les fis d’Israël, et ne cède pas à leurs passions au dépend de la vérité qui y prévaut*; certes, à chacun d’entre vous, Nous avons assigné une Loi et une voix à suivre. Allah aurait très bien pu vous réunir sous l’égide d’une même nation, mais Il préféra vous éprouver pour voir l’usage de ce que chacun d’entre vous détient entre ses mains. Alors, faite montre d’émulation dans les œuvres pies, car c’est vers Allah que vous serez tous ramenés, et là, Il vous instruira sur l’objet de vos divergences).[7] En exégèse à ce Verset ibn Kathîr fait le commentaire suivant : «*Le Très-Haut a d’abord évoqué le Livre révélé à Moïse Son Confident, la Thora qu’Il a couverte d’éloges, et à laquelle Il a ordonné de se soumettre à l’époque où elle était encore en vigueur. Puis, Il a cité l’Évangile dont Il a également vanté les vertus à l’endroit de ses partisans les enjoignant de le mettre en pratique et de suivre ses enseignements comme nous l’avons vu précédemment. Enfin, le Très-Haut en vient à citer le Coran Illustre qu’Il a descendu à Son serviteur et adorateur, le noble Messager.*»



4- (Répond-leur*: Qui donc a révélé le Livre à Moïse, duquel émane droiture et lumière pour les hommes, et que vous consignez sur des feuillets à destination du public tandis que vous en dissimulez une grande partie*? Et qui donc vous a enseigné ce que ni vous ni vos ancêtres n’aviez connaissance*? Réponds-leur*: qui d’autre que Dieu ! Puis, laisse-les divaguer dans leurs vaines disputes).[8] Tout de suite derrière, il est fait référence au saint Coran*: (Et à présent, voici révélé un Livre béni, venu corroboré les anciennes Écritures afin que tu avertisses la cité-Mère et ses alentours. Tous ceux qui croient au jour dernier ajoutent foi à ce Livre, et observent la prière avec assiduité).[9]



5- Dans le même chapitre, le Très-Haut révèle*: (Puis, Nous avons offert à Moïse, en insigne récompense à l’égard des bienfaiteurs, le Livre qui expose toute chose en détail, et duquel émanent droiture et miséricorde*pour inviter les enfants d’Israël à donner foi à la rencontre qui les attend avec Leur Seigneur • À présent, voici un Livre béni que Nous révélons, alors honorez ses Lois, et craignez Dieu dans l’espoir d’être touché par Sa Grâce).[10] Le grand exégète Mohammad Amîn Shanqîtî explique : « Nous avons évoqué la tendance de la part du Seigneur à faire référence au Coran et à la Thora ensemble. Ils sont en effet les deux Livres révélés les plus prestigieux, et les plus exhaustifs au niveau des lois, comme le précise le Seigneur*: (le Livre qui expose toute chose en détail). Avec la révélation du Coran, Le Très-Haut propose le Livre le plus complet et le plus illustre, car Il y cumule le savoir des premières et des nouvelles générations. Par ailleurs, le Coran comporte des enseignements qui ne figuraient pas dans les livres antérieurs. C’est pourquoi, après avoir rappelé la révélation de la Thora à travers Ses dires*: (Nous avons offert à Moïse, en insigne récompense à l’égard des bienfaiteurs), il a tout de suite après évoqué le Coran en disant*: (À présent, voici un Livre béni que Nous révélons).

*

Ce procédé revient souvent dans le Livre sacré des musulmans,* comme ici*: (Répond-leur*: Qui donc a révélé le Livre à Moïse, duquel émane droiture et lumière pour les hommes, et que vous consignez sur des feuillets à destination du public tandis que vous en dissimulez une grande partie*? Et qui donc vous a enseigné ce que ni vous ni vos ancêtres n’aviez connaissance*? Réponds-leur*: qui d’autre que Dieu ! Puis, laisse-les divaguer dans leurs vaines disputes).[11] Il a dit ensuite*: (Et à présent, voici révélé un Livre béni, venu corroboré les anciennes Écritures).[12] Il a donc mentionné le Coran tout de suite après l’évocation de la Thora, à l’image de cet autre passage*: (Auparavant, il y avait le Livre de Moïse qui constituait à la fois un guide et une miséricorde, et voici révélé en langue arabe)*; c’est-à-dire le Coran*: (un Livre approbateur qui sert d’avertissement aux injustes, et qui annonce la bonne nouvelles aux bienfaiteurs)[13]*; (Et lorsque Nous mirent la vérité sous leurs yeux, ils objectèrent : «*Si seulement cet homme qui se prétend prophète était l’auteur des mêmes signes que Moïse*!*» Pourtant, ils accueillirent avec autant de rejet les enseignements de Moïse sous prétexte qu’ils avaient affaire à deux sortes de magies)[14]*; dans l’autre lecture*: (à deux magiciens qui se soutiennent mutuellement).



Par ailleurs, les êtres du monde parallèle* font ce même rapprochement entre Moussa et Mohammed*: [Et souviens-toi de ce groupe de djinns que nous dirigeâmes vers toi pour leur faire entendre le Coran*; une fois sur place, ils imposèrent le silence, et, la lecture terminée, ils retournèrent auprès des leurs pour les avertir*• Ils s’écrièrent*: Ô gens, nous venons d’entendre un Livre qui fut révélé après Moïse et venu corroborer les anciennes Écritures*; il guide vers la vérité et sur le droit chemin)[15]*»[16]



6- (Ces gens-là sont-ils comparables à ceux que le Seigneur éclaire d’une preuve éclatante en accord avec la Parole d’un témoin venu corroboré le Livre de Moïse duquel émanent droite et miséricorde*?).[17] Ibn Kathîr explique*: «*c’est-à-dire*que le Coran s’inscrit dans le temps après le Livre de Moussa qui incarne la Thora en l’occurrence.*»



7- (Les messagers que Nous avons envoyés avant toi n’étaient que des hommes que Nous avons comblés de la Révélation*; vous n’avez qu’à interroger les détenteurs du Rappel au cas où cela vous aurait échappé).[18] Les détenteurs du rappel ne sont autres, selon l’exégèse notamment d’ibn ‘Abbas, que les docteurs des religions monothéistes antérieures. Ibn Kathîr entérine cette thèse. La suite du passage fait mention du Coran, cet autre Rappel*: (Ces messagers étaient appuyés par des preuves éclatantes ainsi que les Écrits saints. Et à toi aussi Nous avons révélé le Rappel qui les éclaire sur le message afin de les pousser à la réflexion).[19]



8- (Nous avons octroyé à Moïse le Livre qui a servi pour les enfants d’Israël de guide leur enjoignant de ne prendre aucun protecteur en dehors de Moi).[20] Après avoir achevé le discours sur les Israélites, le Créateur des cieux et de la terre a tout de suite enchaîné sur le Coran qu’Il évoque en ces termes*: (En vérité, ce Coran guide vers le chemin le plus droit, et il annonce aux croyants bienfaiteurs qu’une immense récompense leur est réservée).[21] Nous verrons plus loin qu’ibn *Taïmiya reprend cette idée dans son livre tafsîr Âyât ashkalat (1/424).



9- (Nous avons soutenu Moïse grâce à neuf miracles éclatants).[22] Après avoir achevé le discours autour de ces fameux signes, et de la réaction des Juifs qu’ils suscitèrent, le Livre saint poursuit*: (Ce Coran, Nous te l’avons révélé progressivement afin que tu le récites aux hommes avec sérénité).[23]



10- (Nous avions déjà octroyé à Moïse et Aaron le Livre du discernement qui procure clarté et rappel à l’adresse des gens pieux).[24] Il l’a fait suivre de*: (Et voila à présent le Coran, ce rappel béni qui fut révélé à votre intention, alors gardez-vous de le renier*?)[25] Ibn Kathîr fait remarquer – je cite*: «*Nous avons déjà souligné qu’Allah le Très-Haut réunit souvent dans un seul contexte les personnes de Moussa et de Mohammed (r) accompagnés de leur Livre respectif.*» Il fait probablement allusion à son commentaire au sujet du Verset de la sourate Le bétail*: (Puis, Nous avons offert à Moïse, en insigne récompense à l’égard des bienfaiteurs, le Livre qui expose toute chose en détail),[26] etc. Nous avons cité précédemment le commentaire de Shanqîtî au sujet de ces Versets, et l’allusion qu’ibn Kathîr fait à ce propos.



11- (De la même manière que Pharaon, Coré, et Hâman à qui pourtant Moïse avait apporté des signes éclatants, mais aveuglés par leur orgueil, ils n’allaient point échapper à Notre rigueur implacable)[27]*; Il a dit ensuite*: (Récite le Livre qui te fut révélé, et observe la prière qui éloigne de la turpitude et du vice).[28]



12- (Évitez de polémiquer avec les adeptes du Livre sans respecter les règles de la convenance, à moins que vous n’ayez affaire à ceux d’entre eux qui font preuve d’injustice. Dites-leur*: Nous croyons au Livre qui nous fut révélé, ainsi qu’au vôtre, Notre Dieu et le Vôtre ne font qu’un seul et même Dieu, Celui-là même à qui nous exprimons notre entière soumission).[29] Puis, Il poursuit*: (C’est ainsi que Nous t’avons révélé le Livre à qui les détenteurs des Écritures ont donné foi, au même titre que certains membres de ton peuple, et seul un impie peut renier nos signes).[30]



13- (En vérité, Nous avons concédé aux enfants d’Israël le Livre, la Loi, et la prophétie. Nous leur avons prodigué de bonnes nourritures, et les avons élus par rapport au reste de l’Humanité).[31] Il l’a fait suivre par*: (Ce Livre est une source de clarté pour les hommes, un guide, et une miséricorde pour les gens emprunts de certitude).[32] Ibn Kathîr certifie dans son exégèse qu’il s’agit du Coran.



14- (Dis-leur*: s’il s’avère que ce Coran que vous reniez procède réellement de Dieu, qu’en diriez-vous, alors qu’un témoin parmi les enfants d’Israël atteste de sa conformité aux anciennes Écritures, et qu’il y adhère lui-même pendant que vous, vous restez figés dans votre orgueil*? C’est qu’Allah ne guide certainement pas la gente injuste).[33] Le Négus d’Abyssinie rend témoignage en faveur de la loi mohammadienne*: «*Par Dieu, c’est un seul et même flambeau qui anime cette loi et celle de Moïse. » Ibn Taïmiya l’a recensé dans sa compilation de fatwa (16/202).



15- (Auparavant, il y avait le Livre de Moïse qui constituait à la fois un guide et une miséricorde, et voici révélé en langue arabe un Livre approbateur qui sert d’avertissement aux injustes, et qui annonce la bonne nouvelles aux bienfaiteurs).[34] Nous avons cité précédemment le commentaire de Shanqîtî a propos de ce Verset.



16- Il dit encore au sujet des djinns*: (Ils s’écrièrent*: Ô gens, nous venons d’entendre un Livre qui fut révélé après Moïse et venu corroborer les anciennes Écritures*; il guide vers la vérité et sur le droit chemin).[35] Cette référence faite au Coran concerne la révélation descendue après celle de Moussa*: elle a été faite après l’évocation du frère d’Aaron.



À suivre…

*********************

Par*: Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/






[1] La vache*; 87

[2] La vache*; 89

[3] La famille d‘Imrân*; 3

[4] La famille d‘Imrân*; 4

[5] Le Repas céleste*; 44

[6] Le Repas céleste*; 46-47

[7] Le Repas céleste*; 48

[8] Le bétail*; 91

[9] Le bétail*; 92

[10] Le bétail*; 154-155

[11] Le bétail*; 91

[12] Le bétail*; 92

[13] El Ahqâf*; 12

[14] Les récits ; 48

[15] El Ahqâf*; 29-30

[16] el ‘Udhb e-Namîr (2/602).

[17] Hûd*; 17

[18] Les abeilles*; 43

[19] Les abeilles*; 44

[20] Le voyage nocturne*; 2

[21] Le voyage nocturne*; 9

[22] Le voyage nocturne*; 101

[23] Le voyage nocturne*; 106

[24] Les Prophètes*; 48

[25] Les Prophètes*;

[26] Le bétail*; 154

[27] L’araignée*; 39

[28] L’araignée*; 45

[29] L’araignée*; 46

[30] L’araignée*; 47

[31] Les nations agenouillées ; 16

[32] Les nations agenouillées*; 20

[33] El Ahqâf*; 10

[34] El Ahqâf*; 12

[35] El Ahqâf*; 30






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ÞÏíã 03-27-2019, 01:55 PM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 3
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ÇÝÊÑÇÖí ÑÏ: Dialogue avec Karim Hanifi

Dialogue avec Karim Hanifi I/3



Explication



Il est possible de déceler la raison de cette mystérieuse liaison entre le Coran et la Thora à travers le contenu de certains des Versets que nous avons cités précédemment. À titre d’exemple, nous pouvons recenser*: (Nous révélâmes la Thora de laquelle émanent droiture et lumière)[1] jusqu’à : (Nous te révélâmes, en toute vérité, le Livre venu corroborer les anciennes Écritures et faisant force d’autorité. Alors, appuie-toi dessus pour arbitrer les litiges que te soulèvent les fis d’Israël, et ne cède pas à leurs passions au dépend de la vérité qui y prévaut).[2]



Ces Versets dévoilent la raison pour laquelle les deux missions ont été rassemblées dans un seul contexte. Dans la sourate le Repas céleste, le Tout-puissant fait les éloges de la Thora auxquelles Il fait suivre les éloges du Coran. Il met l’accent sur l’autorité que constitue ce dernier sur l’ensemble des messages dont la Thora fait partie. Autrement dit, il en est le Juge, le Témoin, et le Dépositaire loyal. Il en est le Juge pour les avoir abrogés, le Témoin car ils ont été falsifiés alors qu’il est sauvegardé. Il en est le Dépositaire étant donné que tous les enseignements de ces derniers en accord avec lui correspondent à la vérité*; et tout ceux qui le contredisent sont automatiquement jugés faux (voir éventuellement abrogés, ndt.) comme Allah le déclare clairement dans le verset*: (Ce Coran expose aux fils d’Israël la plupart des discordes qui les opposent).[3] Ce rapprochement veut probablement nous dire que s’il est reconnu les mérites des Livres sacrées précédents, cela n’autorise pas à les mettre en pratique après l’avènement de Mohammed (r) puisque le Coran fait autorité sur eux.



C’est pourquoi, ibn Taïmiya a souligné dans le contexte que nous avons désigné précédemment à l’occasion de la sourate Le voyage nocturne, dans son ouvrage tafsîr Âyât ashkalat*: «*(En vérité, ce Coran guide vers le chemin le plus droit)[4]*: Il est plus droit que celui des dépositaires de la Thora. De plus, il est plus juste au niveau de la direction que le Livre précédent. Malgré la particularité de la Thora à guider sur le droit chemin, le Coran a une plus grande propension à le faire. C’est pourquoi, ce Verset est cité juste après*celui dans lequel il est dit*: (Nous avons octroyé à Moïse le Livre qui a servi pour les enfants d’Israël de guide).[5]. Ensuite, Il dit*: ( En vérité, ce Coran guide vers le chemin le plus droit).[6]*»[7]



Un autre Verset dans la sourate Les nations agenouillées vient confirmer ce principe*: (Puis, Nous t’avons placé sur une voie normative, alors veille à la suivre sans que les passions des ignorants n’exercent sur toi la moindre influence).[8] Le Seigneur Tout-Puissant l’a affirmé après avoir dit*: (En vérité, Nous avons concédé aux enfants d’Israël le Livre).[9] Néanmoins, dans la sourate La famille d‘Imrân, le passage suivant en l’occurrence*: (Lui qui, en toute vérité, te révéla progressivement le Livre venu corroborer les anciennes Écritures telles que la Thora et l’Évangile qu’Il révéla • Auparavant en guise de bonne direction pour les hommes. Puis, il révéla le Livre du discernement).[10] Allah a fait suivre dans cette énonciation le Coran à la Thora et l’Evangile en le nommant Furqân, le différenciateur (que nous avons traduit pas le Livre du discernement). Il exprime ainsi cette qualité recensée en lui qui est la particularité de trancher entre le vrai et le faux. Cela va certainement dans le sens qu’il est impératif pour toute nation en quête de la vérité, de suivre le Coran indépendamment des autres Livres révélés, après l’avènement de la mission Mohammadienne.



Ibn el Qaïyim précise à ce sujet*: «*Il a évoqué la révélation du Coran le Guide, le Différenciateur qui correspond à la victoire venant trancher entre le vrai et le faux. La subtilité dans le fait de lier la victoire à la bonne direction (le droit chemin, ndt.), c’est que tous deux ont la propension à trancher entre le vrai et le faux. Ainsi, le Très Haut dénomme el Furqân la chose à l’origine de la victoire offerte à Ses Serviteurs comme dans le Verset suivant*: (… pour peu que vous croyez en Dieu et à la Loi que Nous avons révélé à Notre serviteur le jour de gloire (Furqân) qui vit s’affronter les deux armées).[11]

Il a donc cité les deux principes*: la révélation descendue le jour de gloire qui correspond à la victoire de Badr*; le jour où Allah a séparé le vrai du faux en donnant la victoire à Son messager et à Sa religion, en opposition à l’humiliation et à la débâcle qu’Il a infligé à Ses ennemis.*»[12]



Ainsi, Allah mentionne ce genre de Versets pour exprimer la nécessité de suivre le Coran en particulier indépendamment des autres Livres comme nous l’avons déjà vu à travers notamment*: (À présent, voici un Livre béni que Nous révélons, alors honorez ses Lois).[13] C’est pourquoi, lorsque le Seigneur a mis les croyants en garde de suivre la confession des gens du Livre, Il dit*: (Les Juifs et les Chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi aussi longtemps que tu daignes te soumettre à leur confession. Dis-leur*: la voie du Seigneur est pourtant la meilleure. Et si, d’aventure, tu t’avisais à te plier à leurs passions, malgré les enseignements qui te sont parvenus, tu ne trouveras en Allah ni soutien ni protecteur).[14] Il est dans ce contexte fait mention aux adeptes du noble Livre*: (Ceux à qui Nous avons donné le Livre, ils le lisent fidèlement, ceux-là y croient réellement, mais les autres qui le renient sont les véritables perdants).[15] Ibn ‘Abbâs donne l’explication suivante*: «*Ils le suivent fidèlement.*» ‘Iqrima, qui n’est autre que le rapporteur d’ibn ‘Abbâs, clarifie : «*Ne vois-tu pas que tu peux dire*: quelqu’un lit les traces de quelqu’un, c'est-à-dire qu’il le suit. (Par le soleil et sa clarté • Et par la lune quant elle le suit).[16] Mot à mot*: quant elle le lit.*»[17]



Cette description concerne indépendamment les gens du Livre ou les Compagnons (compte tenu de la fameuse divergence sur la question entre les exégètes). Quoi qu’il en soit, les gens du Livre reçoivent les éloges dans la mesure où ils croient au Coran et où ils le suivent effectivement comme nous l’avons déjà vu.



Et l’Évangile*?



Si l’on demandait pourquoi la plupart de ces Versets font mention uniquement de la Thora indépendamment de l’Évangile*? Nous dirions parce que l’Évangile est dans la continuité de la Thora, et qu’il en est le complément. Ibn Kathîr l’a notifié en faisant l’explication des versets 38 à 51 de la sourate Les récits*: «*Il est élémentaire pour les gens doués de raison que le Très-Haut n’a pas descendu du ciel parmi les différents livres révélés, de plus complet, de plus vaste, de plus clair, de plus illustre, et de plus noble que le Livre révélé à Mohammed (r), le Coran en l’occurrence. Le Livre accordé à Moïse fils d‘Imrân se situe tout de suite après lui, dans sa noblesse et sa magnificence. Ce Livre qu’Allah a décrit ainsi*: (Nous révélâmes la Thora de laquelle émanent droiture et lumière, et à partir de laquelle les prophètes dévoués à Dieu, font régner la justice sur les juifs, au même titre que les rabbins et les docteurs de la Loi, ces dignes témoins et gardiens de leur héritage).[18] Tandis que l’Évangile fut révélé pour justement compléter les enseignements de la Thora, et pour défaire certaines interdictions passées infligées aux Israélites.*»[19]



Cette analyse* est corroborée par le Verset suivant qui fait dire à Jésus : (Je viens aussi confirmer la Thora qui fut transmise avant moi, mis à part quelques interdits que je vous soulage désormais).[20] Compte tenu que le Coran et la Thora s’avèrent plus achevés que les autres Livres, Allah les a désignés ainsi*: (Dis-leur*: Alors, apportez-moi un livre céleste plus éclairé que ces deux-là afin que je le suive, si vous êtes vraiment sincères).[21]



En résumé, cette fameuse liaison a pour fonction de couper court à toute suspicion éventuelle concernant la pérennité des Livres abrogés bien que l’amalgame soit de taille. En effet, tous proviennent du Seigneur de l’univers. L’un est donc motivé par les éloges que peuvent susciter même dans l’absolu, les livres précédents, l’autre s’applique à en faire les éloges par rapport à leur premier statut, avant d’avoir subit toute altération.[22]



À la lumière de l’analyse précédente, il devient clair que les relatifs éloges émis par le Tout-Puissant à l’adresse de la Thora et de l’Évangile mettent en exergue le statut illustre du Coran qui exerce dessus un droit de regard et d’éventuelles corrections qui font suite à leur altération volontaire. En cela, ces fameux éloges ne pointent que les textes originaux qui restent malgré tout soumis à l’approbation du Coran, ce qui, en aucun cas ne ressort de la méthode hanifiya, ne serait-ce que de manière implicite. Ainsi, si on veut écrouler son château de cartes sur lequel il a construit toute sa rhétorique, il suffit de démontrer que l’Ancien et le Nouveau Testaments furent sujets à des falsifications volontaires, en plus des erreurs innombrables qui les parsèment. Ce sera donc l’objet de notre prochain article, si Dieu nous prête vie, qui mettra sérieusement à mal la pierre angulaire de sa fragile démonstration*! Que Dieu nous vienne en aide*!



À suivre…

*********************

Par*: Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/






[1] Le Repas Céleste*; 46

[2] Le Repas Céleste*; 48

[3] Les fourmis*; 76

[4] Le voyage nocturne*; 9

[5] Le voyage nocturne*; 2

[6] Le voyage nocturne*; 9

[7] Tafsîr Âyât Ashkalat (1/424).

[8] Les nations agenouillées*; 18

[9] Les nations agenouillées*; 16

[10] La famille d‘Imrân*; 3-4

[11] Le butin*; 41

[12] Badâi’ el Fawâid (2/253).

[13] Le bétail*; 155

[14] La Vache ; 120

[15] La Vache ; 121

[16] Le soleil*; 1-2

[17] Narration rapportée par Abû ‘Ubaïd dans Fadhâil el Qur-ân (p. 130), ibn Jarîr dans son tafsîr (2/388 et 492), et ibn el Muqrî dans el Mu’jam (n° 105) avec une chaîne narrative authentique.

[18] Le Repas Céleste*; 44

[19] Voir*: el Jawâb e-Sahîh d’ibn Taïmiya (6/517).

[20] La famille de ‘Imrân*; 50

[21] Les récits*; 49

[22] J’emprunte à longue analyse au livre raf’ e-zhull wa e-sighâr du Sheïkh ‘Abd el Mâlik Ramadhânî.






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ÞÏíã 04-09-2019, 06:08 PM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 4
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ÇÝÊÑÇÖí ÑÏ: Dialogue avec Karim Hanifi



Dialogue avec Karim Hanifi II1/6



[Parmi les gens du Livre, il y en a qui croient en Dieu, et à la révélation que vous a été dictée, ainsi qu’à la-leur*; et pleinement soumis à Dieu, ils ne tronquent jamais Ses enseignements contre un vil prix*; ceux-là trouveront leur récompense auprès de Leur Seigneur toujours prompt dans Ses comptes].[1]



Voir*:






Nous avons vu dans le prologue les limites de la méthode historico-critique grâce à une analyse de Jonathan Brown, professeur associé à la chaire en histoire de la civilisation islamique à l’Université de Georgetown, qui démontre peut-être encore une fois que les anglo-saxons sont en avance sur nous, même dans ce domaine. Il explique notamment que*: «*… la critique occidentale de la tradition des hadiths peut être considérée comme un acte de domination dans lequel une vision du monde affirme son pouvoir sur une autre en dictant les termes selon lesquels la « connaissance » et la « vérité » sont établies.

Dans cette perspective, on pourrait se demander pourquoi la «*lumière*» que les érudits occidentaux ont mise sur les hadiths est nécessairement plus utile pour «*faire progresser la compréhension humaine*» que ce que la tradition du hadith a déjà offert. Comme l’ont montré des intellectuels comme Edward Saïd, la connaissance, c’est le pouvoir, et étudier un objet, c’est en établir le contrôle.

Ce n’est donc pas un hasard si quatre des cinq principaux axes de progression de l’étude occidentale du monde islamique se sont développés à partir d’intérêts coloniaux ou diplomatiques européens (l’étude française du droit et de la culture islamique en Afrique du Nord coloniale, des études néerlandaises similaires en Asie du Sud-Est, études britanniques sur l’islam en Inde et intérêt diplomatique européen pour l’Empire ottoman).

Vers la fin du XIXe siècle, les diplomates européens avaient défendu l’idée de promouvoir un islam « progressiste » parmi les populations colonisées. Les discussions occidentales sur la fiabilité de la tradition des hadiths s’inscrivent donc dans un contexte historique et ne sont pas neutres.

Cette question se développe par ailleurs dans le cadre d’un débat plus large sur la dynamique du pouvoir entre « religion » et « modernité » et entre « islam » et « occident ».

Au lieu d’aborder la question de l’authenticité d’un point de vue téléologique, en supposant que la vision « musulmane » de la tradition du hadith serait erronée et que les érudits occidentaux l’auraient réveillée de son sommeil millénaire en la guidant progressivement vers une approche plus précise, nous dirons que la tradition des hadiths est si vaste et nos tentatives pour évaluer son authenticité si inévitablement limitée à de petits échantillons, que toute attitude à son égard repose nécessairement davantage sur notre vision critique du monde que sur des faits empiriques.

La tradition musulmane des hadiths et l’étude académique occidentale des origines islamiques représentent des approches diamétralement opposées pour évaluer l’authenticité historique du hadith. Les deux approches sont critiques, en ce sens qu’elles se préoccupent de la fiabilité des sources historiques, mais les deux reposent sur deux séries d’hypothèses qui sont à l’origine des problèmes rencontrés. La tradition sunnite de la critique des hadiths est fondée sur un engagement, celui de filtrer l’authenticité des hadiths non fiables à partir de hadiths fiables sur la base de critères qui examinent à la fois les sources d’un rapport et son contenu.

En l’absence de preuves contradictoires ou d’objections fortes, les érudits et les juristes du hadith ont traité un propos attribué*prima facie*au Prophète comme quelque chose qu’il aurait vraiment déclaré.*Le scepticisme envers les hadiths n’était pas le paramètre par défaut des critiques musulmans du hadith.

Selon Ibn Hanbal, même un hadith dont l’authenticité n’était pas établie constituait une meilleure source de droit que le fait de statuer par sa seule raison. Un examen critique d’un hadith n’était requis que lorsqu’un érudit avait une raison impérieuse de douter de son authenticité. L’approche des universitaires occidentaux a été strictement inverse. Selon le célèbre Lord Acton (mort en 1902), un historien moderne ne peut pas croire en la présomption d’innocence. Sa première réaction à une source historique doit être marquée par la suspicion.*»[2]



Bien que biaisée, cette méthode d’investigation a été reprise par des musulmans progressistes qui l’ont adapté à la foi islamique dans l’objectif de rejeter toutes les narrations prophétiques qui ne les arrangent pas, fussent-elles rendues fiables par les deux plus grands spécialistes en la matière que sont les incontestables Bukhârî et Muslim. C’est un peu ce que nous fait Karim Hanifi, qui, de ses propres aveux, est rigoriste en matière de critique de hadîth. Sous couvert de débarrasser le corpus du hadîth des légendes et des superstitions, il élimine, dans la règle de l’art, des pans entiers du patrimoine. Bien que son idée de départ soit éventuellement louable, il procède à une véritable amnésie collective dont il veut nous faire les complices, et qui aura des conséquences irréversibles sur sa vision des annonces de la Bible de la venue de Mohammed. D’ailleurs, ces deux postulats sont si étroitement liés dans la thématique de Karim qu’il construit, peut-être même par un phénomène inconscient, l’un sur l’autre, de sorte qu’ils sont chez lui indissociables. Il l’avouera, nous le verrons bientôt.



Son château de carte tient sur la théorie que la Bible n’est pas falsifiée. Elle a certes, à ses yeux, eu des problèmes de conservation dus à des erreurs de scribe qui, malgré tout, restent mineures et, sauf cas rares, sont sans incidences dogmatiques. Il suffit donc de démonter cette théorie pour ébranler son château de carte, et par la-même, sa vision extrêmement exigüe, voire biblo-compatible, des annonces bibliques. C’est ce à quoi nous nous attelons dans le prochain paragraphe.



La falsification de la Bible entérinée par le Coran



Nous ne nous arrêterons pas ici sur les preuves historico-critiques de la falsification de la Bible. Néanmoins, sachons que Karim s’inscrit aux antipodes de chercheurs tels que Thomas Römer, voire dans une moindre mesure, du Professeur Bart Erhman[3] qui ont leur pendant au sein des musulmans (ce qui, soit dit en passant, démontre que ces musulmans ne sont pas moins objectifs que les chercheurs modernes). Et, comme souvent, la vérité se trouve au milieu, nous apprend en substance ibn Taïmiya qui va occuper une part grandissante de notre présente démonstration. Ce dernier rejoint l’avis minoritaire que la Bible est dans l’ensemble conservée, mais qu’elle n’échappe pas à la manipulation volontaire des copistes.[4] Cet avis marginal a servit de prétexte aux détracteurs du doyen damascène pour jeter le discrédit sur son érudition. C’est dire en quoi il est révolutionnaire*; et pourtant, malgré cela, il n’a pas contenté les faveurs de Karim. C’est d’ailleurs ce qui m’a mis la puce à l’oreille, mais ne précipitons pas les évènements, nous aurons largement le temps de revenir sur ce point, si Dieu nous prête vie*!



Arrêtons-nous ici aux textes coraniques qui dévoilent les agissements des compilateurs du Nouveau et de l’Ancien Testament. Commençons dans l’ordre avec ce Verset ô combien éloquent*: [Ô fils d’Israël*! Souvenez-vous des faveurs dont Je vous ai comblé, et tenez la promesse que vous M’avez nouées afin que vous jouissiez de la Mienne, et c’est bien Moi que vous devez craindre*plus que tout ! Ajoutez foi à la Parole que J’ai révélée, et qui ne fait que corroborer les Écritures qui sont entre vous mains*; ne soyez pas les premiers à la renier, en la troquant contre un vil prix, car c’est bien Moi que vous devez redoutez plus que tout ! Ne mêlez pas le vrai et le faux, et ne dissimuler pas la vérité, alors que vous savez ce qu’il en est réellement*?][5]*;*

Enchainons*: [Gardez-vous encore l’espoir de les rallier à votre cause, malgré les crimes qu’ils ont perpétrés contre la Parole de Dieu que plusieurs d’entre eux ont altérée en toute âme et conscience, après l’avoir assimilée][6]*;

[Certains d’entre eux sont de piètres illettrés pour lesquels la connaissance du Livre se borne à sa lecture ou à de vulgaires conjectures • Malheur à ceux qui imputent à Dieu les Écritures qu’ils manipulent de leurs mains afin de les troquer contre un vil prix*! Que le malheur s’abatte sur eux, ceux-là même qui ont fabriqué des écrits de leurs mains coupables au prix d’un vilain salaire][7]*;

[Ceux à qui Nous avons accordé le Livre connaissent le Prophète aussi bien que leurs propres fils, sauf que plusieurs d’entre eux ont dissimilé la vérité en toute âme et conscience][8]*;

(Vous les adeptes des Écritures, qu’avez-vous à mêler le vrai et le faux, et à dissimuler la vérité, alors que vous savez ce qu’il en est réellement*?)[9]*;

(Parmi les adeptes des Écritures, il y en a à qui tu peux confier aisément un quintal d’or, car ils se feraient un devoir de te le rendre*; il en est d’autre, en revanche, qui ne te restitueraient pas même un dernier, à moins de les harceler sans relâche, car ils ne se sentent tenu par aucun devoir à l’égard des illettrés, en prêtant ainsi sciemment à Dieu leurs propres mensonges)[10]*;

(Il y en a parmi eux qui tordent les Écritures avec leur langue pour vous induire en erreur en faisant passer leurs affabulations pour la Parole de Dieu, alors qu’il n’en est rien. En toute âme et conscience, ils profèrent le mensonge sur le compte de Dieu)[11]*;

(Et souviens-toi de l’engagement que les adeptes des Écritures nouèrent avec Dieu, d’exposer aux hommes le Livre en toute clarté, sans rien dissimuler*; et au lieu de cela, l’ayant trahi et jeté derrière leur dos, ils troquèrent le Livre contre un vil prix pour recevoir le plus ignoble des salaires)[12]*;

[Parmi les hébreux, il y en a qui altèrent le sens des Écritures, et qui déforment les mots en s’adressant au Prophète à qui ils promettent*: «*Nous écoutons et nous refusons d’obéir*! Écoute, puisse-tu ne rien entendre*!*» Ils lui laissent entendre de leur langue fourchue*: «*aie des égards pour nous*», alors qu’ils lui profèrent une offense en se rendant ainsi coupables d’un blasphème*! Il aurait été plus juste, et même plus profitable pour eux qu’ils disent*: «*Nous écoutons et nous obéissons*! Écoute, et aie de l’attention pour nous*!*» Sauf qu’ils furent frappés par la malédiction d’Allah à cause de leur impiété, et de leur foi tiède][13]*;

[Mais, dès lors qu’ils trahirent leur engagements, nous les maudîmes, et rendîmes leur cœur dur comme de la pierre, eux qui s’employaient à altérer le sens des Écritures, et qui oublièrent en partie la Loi qui leur fut dictée*; chaque jour te dévoile davantage leurs perfidies auxquelles ils n’ont toujours pas renoncé à l’exception d’une partie infime parmi eux*; mais, fais montre d’indulgence envers eux et ne leur tiens pas rigueur de leurs exactions, car Allah aime les bienfaiteurs • Nous prîmes également l’engagement de ceux qui se revendiquent chrétiens, mais dès lors qu’ils oublièrent en partie la Loi qui leur fut dictée, Nous attisâmes entre eux la haine et l’animosité qui se perpétueront jusqu’à la fin du monde][14]*;

[Toi, Prophète, ne sois pas affligé à cause de ces gens qui se précipitent dans la mécréance tant dans les rangs de ceux qui affichent du bout des lèvres leur adhésion à la foi, à l’inverse de leur cœur qui reste incrédule, que dans les rangs des hébreux qui, friands de mensonges, prêtent une oreille complaisante au discours de leurs coreligionnaires qui ne viennent jamais écouter le tiens*; ceux-là même qui s’emploient à altérer partiellement le sens des Écritures et qui prônent de piocher dans tes enseignements les arrangeant, et de se méfier du reste. Il ne t’appartient pas de sauver ces cœurs dans lesquels Allah a jeté le désarroi et qu’Il refuse de purifier. Ces gens-là sont voués à l’opprobre ici-bas, et un châtiment terrible les attend dans l’autre monde][15]*;

[Nous révélâmes la Thora de laquelle émanent droiture et lumière, et à partir de laquelle les prophètes dévoués à Dieu font régner la justice sur les juifs, au même titre que les rabbins et les docteurs de la Loi, ces dignes témoins et gardiens de leur héritage*; et c’est Moi, et non les hommes que vous devez craindre*; alors, ne troquez pas mes commandements contre un vil prix, car qui n’applique pas la Loi révélée par Dieu est un infidèle][16]*;

(Répond-leur*: Qui donc a révélé le Livre à Moïse, duquel émane droiture et lumière pour les hommes, et que vous consignez sur des feuillets à destination du public tandis que vous en dissimulez une grande partie*? Et qui donc vous a enseigné ce que ni vous ni vos ancêtres n’aviez connaissance*? Réponds-leur*: qui d’autre que Dieu ! Puis, laisse-les divaguer dans leurs vaines disputes)[17]*; [Quoi de plus injuste que de prêter de tels mensonges à Dieu dans le but d’égarer les hommes sans la moindre clairvoyance*? Allah n’allait pas guider les prévaricateurs].[18]



À suivre…

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Par*: Karim Zentici

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[1] La famille d’Imrân*; 199

[2] http://www.mizane.info/angles-morts-...que-du-hadith/

[3] Voir*: http://mizab.over-blog.com/2017/03/l...-partie-1.html

http://mizab.over-blog.com/2017/03/d...artie-5/1.html

[4] Voir*: http://mizab.over-blog.com/2019/03/i...ous-c-est-bien

[5] La vache*; 40-42

[6] La vache*; 75

[7] La vache*; 78-79. Nous avons traduit amânî par «*lecture*», en nous appuyant notamment sur un autre Verset qui reprend cette acception dans un autre domaine*: [Il n’y a pas eu de prophète avant toi ni de messager envoyé par Nos soins sans que Satan n’insuffle, dans sa lecture, son venin] [Le pèlerinage*; 52]

«*sa lecture*»*: c’est-à-dire en arabe tamannî comme ici*: [Une partie d’entre eux sont de vulgaires illettrés qui ne connaissent du livre que la lecture, et qui se livrent à de viles conjectures] [La vache*; 78] ; [amânî (la lecture ou des conjectures ndt.)]*: Ils sont plus portés par la lettre que par l’esprit des saintes Écritures. Le poète utilise tamannî dans ce sens-là pour faire les éloges de ‘Uthmân (t) à travers les vers*:

Il a lu (tamannâ) le Coran au début de la nuit

Et juste avant l’aube, il rencontra le destin

Il s’agit de la nuit de son assassinat (t) qu’il consacra à la prière et à la lecture du Coran. Juste avant l’aube, les kharijites firent irruption chez lui (t) pour le tuer.

Le passage qui nous intéresse de ces vers, c’est l’expression tamannâ qui signifie dans ce contexte précis lire le Coran. Tammanî a donc le sens de «*lecture*». Le Prophète lisait donc le Coran.* [sans que Satan n’insuffle, dans sa lecture (umniya), son venin]*: umniya, autrement dit dans sa lecture du Coran.

[8] La vache*; 146

[9] La famille d’Imrân*; 71

[10] La famille d‘Imrân*; 75

[11] La famille d’Imrân*; 78

[12] La famille d’Imrân*; 187

[13] Les femmes*; 46

[14] Le repas céleste*; 13-14

[15] Le Repas céleste*; 41

[16] Le Repas céleste*; 44

[17] Le bétail*; 91

[18] Le bétail*; 144 De nombreux Versets condamnent ceux qui forgent impunément un mensonge sur le Créateur Tout-Puissant, tels que*: v. 32 s. 39, v. 60 s. 39, v. 21 s. 6, v. 37 s. 7, v. 17 s. 10, v. 68 s. 29.






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ÞÏíã 04-11-2019, 04:27 AM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 5
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ÇÝÊÑÇÖí ÑÏ: Dialogue avec Karim Hanifi

Dialogue avec Karim Hanifi II2/6*




Or, pour ceux qui ne se laisserait pas convaincre par toutes ses preuves, alors voici comment le grand Exégète du Coran les a comprises à travers une narration fiable, citée par l’inébranlable Bukhârî qui relate le discours d’ibn ‘Abbâs*: «*Écoutez braves gens, s’écria-t-il à son public*! Comment pouvez-vous encore vous renseigner auprès des adeptes des Écritures, alors que le Livre qui fut révélé à votre Prophète vous rapporte des nouvelles fraiches du ciel que vous lisez au quotidien, et qui, vous le concevez aisément, n’a jamais été déformé*! En revanche, Allah vous a informé que les Juifs et les chrétiens ont changé la Parole de Dieu, en Lui imputant les Écritures qu’ils ont mensongèrement manipulées afin de les troquer contre un vil prix.*»[1]***



En outre, si, comme le laisse entendre Karim, la Thora et l’Évangile avaient été épargné de la main coupable des scribes, à quoi bon interdire de valider ou de démentir les narrations israélites, dont la lettre, si l’on s’en tient au raisonnement de Karim, n’aurait pas été falsifiée*? Jâbir ibn ‘Abd Allah raconte*: Un jour, ‘Omar ibn el Khattâb rencontra le Prophète (r) avec, entre les mains, un livre qu’il avait récolté d’un israélite. Il en lut un passage à l’Élu qui entra dans une colère troublante*:*«*Serais-tu pris par le doute, ibn el Khattâb, s’écria-t-il*? Par celui qui détient mon âme entre Ses Mains, le message que je vous ai apporté est clair et limpide. Ne demandez rien aux israélites qui risquent de vous inciter à démentir la vérité ou à cautionner un mensonge. Par celui qui détient mon âme entre Ses Mains, Si Moussa était vivant, il n’aurait d’autre choix que de me suivre.*» »[2]



Un jour, le Khalife ‘Omar vit un exemplaire de la Thora dans les mains de l’ancien rabbin Ka’b el Akhbâr*: «*Ka’b, s’exclama-t-il, si tu es sûr que cet exemplaire est la Thora révélé par Dieu à Moussa ibn ‘Imrân, alors tu n’as qu’à la lire.*»[3]



D’après el Bukhârî, on demanda à ‘Abd Allah ibn ‘Amr (une autre version parle de l’ancien rabbin ‘Abd Allah ibn Sallâm)*: «*Parles-nous de la description du Messager d’Allah*(r) dans la Thora*:

Il est décrit dans la Thora, répondit-il, avec certaines qualités qui lui sont attribuées dans le Coran*: «*Ô Prophète*! Nous t’avons envoyé comme témoin, annonciateur, et avertisseur. Le protecteur des illettrés, tu es Mon serviteur et Mon Messager, Je t’ai appelé le Mutawakkil (celui qui s’en remet à Dieu). Tu n’es pas rude, tu n’as pas le cœur dur, tu ne cries pas dans les marchés, tu ne rends pas le mal par le mal, mais tu rends le mal par le bien. Tu pardonnes et fais grâce. Je ne le ferais pas mourir avant qu’il ne redresse la religion corrompue. Je vais ouvrir par lui des yeux aveugles, des oreilles sourdes, et des cœurs fermés, tous reconnaissants que Dieu seul soit digne d’être adoré.*»*»[4]




En commentaire à ce texte, ibn Taïmiya précise*: «*Il faut entendre par Thora soit le nom générique pour désigner les Ecritures anciennes soit la Thora particulière à Moïse. S’il en est ainsi, ce texte ne se trouve pas dans tous les exemplaires de la Thora que j’ai pu lire. Cependant, la prophétie d’Esaïe nous apprend*: «*Voici mon serviteur qui me réjouit, je lui ai consacré ma révélation. Il va faire régner ma justice sur les nations et leur faire part des recommandations. Il ne rira pas aux éclats, il ne fera pas entendre sa voix dans les marchés. Il va ouvrir des yeux borgnes, des oreilles sourdes, et faire vivre des cœurs sellés. Je vais lui octroyer ce que je n’ai donné à nul autre. Il va louer Dieu par de nouvelles louanges, il viendra de l’extrémité de la terre. Le désert et ses habitants vont exulter de joie. Ils vont clamer l’unicité de Dieu en grimpant chaque colline comme ils vont l’exalter en descendant chaque colline. Lui ne s’étiolera pas, lui ne ploiera pas, il ne penchera pas vers les passions*; il sera rayonnant, il n’avilira pas les pieux qui seront comme une poignée faible. Il va plutôt renforcer les véridiques. Il sera le prince des humbles, il sera la lumière de Dieu qui ne s’éteint pas, et les marques de son règne seront sur ses épaules.»[5]



Enfin*: [Mohammed, le Messager d’Allah, et les croyants qui l’entourent sont durs avec les infidèles, mais plein de compassion les uns pour les autres*; eux, que tu vois s’incliner et se prosterner dans l’espoir de gagner la grâce et l’assentiment du Seigneur. On les reconnait à la marque laissée sur leur front à force de prosternation, comme les décrits la Thora, mais aussi l’Évangile. Ils sont semblables à une semence qui germe, puis, qui se raffermit, s’épaissit, pour enfin tenir sur sa tige à la grande joie des semeurs afin d’irriter les infidèles].[6] Ibn Hazm souligne que cette description est absente des versions actuelles de la Bible. Il en conclut qu’elle fut sciemment enlevée.[7]



Des preuves de la Bible de la falsification de la Bible



Luc 11:28
Et il répondit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent !



Voici une compilation de passages de la Bible qui font allusion de près ou de loin à l’altération matérielle et volontaire des AT et NT, en sachant que la transmission orale est déterminante pour expliquer ce phénomène*; et qu’il n’y a pas si longtemps, Karim épousait cette opinion, et, si l’on en juge le blog dans lequel il était actif, il associait sa voix à celle de ses coreligionnaires jugés chauvins par leurs adversaires chrétiens.[8] Et, fait aggravant, nous remarquons qu’il existe une similitude, et parfois au mot près, entre les témoignages de la Bible et ceux du Coran. Or, nous l’avons démontré dans le prologue, c’est le Livre sacré des musulmans qui va trancher dans cette affaire.



Deutéronome 31:24,29

24Lorsque Moïse eut complètement achevé d'écrire dans un livre les paroles de cette loi,*25il donna cet ordre aux Lévites qui portaient l'arche de l'alliance de l'Eternel:*26Prenez ce livre de la loi, et mettez-le à côté de l'arche de l'alliance de l'Eternel, votre Dieu, et il sera là comme témoin contre toi. Car je connais ton esprit de rébellion et la roideur de ton cou. Si vous êtes rebelles contre l'Eternel pendant que je suis encore vivant au milieu de vous, combien plus le serez-vous après ma mort!*28Assemblez devant moi tous les anciens de vos tribus et vos officiers ; je dirai ces paroles en leur présence, et je prendrai à témoin contre eux le ciel et la terre. Car je sais qu'après ma mort vous vous corromprez, et que vous vous détournerez de la voie que je vous ai prescrite ; et le malheur finira par vous atteindre, quand vous ferez ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, au point de l'irriter par l'œuvre de vos mains.

Exode 32:9

L'Eternel dit à Moïse : Je vois que ce peuple est un peuple au cou roide.

Néhémie 9:16

Mais nos pères se livrèrent à l'orgueil et raidirent leur cou. Ils n'écoutèrent point tes commandements,*17ils refusèrent d'obéir, et ils mirent en oubli les merveilles que tu avais faites en leur faveur. Ils raidirent leur cou ; et, dans leur rébellion, ils se donnèrent un chef pour retourner à leur servitude. Mais toi, tu es un Dieu prêt à pardonner, compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et tu ne les abandonnas pas,

Ésaïe 48:4*

Sachant que tu es endurci, Que ton cou est une barre de fer, Et que tu as un front d'airain,*

Psaume 78:8

Afin qu'ils ne fussent pas, comme leurs pères, Une race indocile et rebelle, Une race dont le cœur n'était pas ferme, Et dont l'esprit n'était pas fidèle à Dieu

Jérémie 8:8

Comment pouvez-vous dire : Nous sommes sages, La loi de l'Eternel est avec nous ? C'est bien en vain que s'est mise à l'œuvre La plume mensongère des scribes.

Jude 1:11

Malheur à eux ! car ils ont suivi la voie de Caïn, ils se sont jetés pour un salaire dans l'égarement de Balaam, ils se sont perdus par la révolte de Coré.*

Jérémie 23:36

Mais vous ne direz plus : Menace de l'Eternel ! Car la parole de chacun sera pour lui une menace ; Vous tordez les paroles du Dieu vivant, De l'Eternel des armées, notre Dieu.

Galates 1:7

Non pas qu'il y ait un autre Evangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l'Evangile de Christ.

2 Corinthiens 2:17

Car nous ne falsifions point la parole de Dieu, comme font plusieurs ; mais c'est avec sincérité, mais c'est de la part de Dieu, que nous parlons en Christ devant Dieu.

2 Corinthiens 4:2

Nous rejetons les choses honteuses qui se font en secret, nous n'avons point une conduite astucieuse, et nous n'altérons point la parole de Dieu. Mais, en publiant la vérité, nous nous recommandons à toute conscience d'homme devant Dieu.

1 Thessaloniciens 2:3,4

Car notre prédication ne repose ni sur l'erreur, ni sur des motifs impurs, ni sur la fraude;*4mais, selon que Dieu nous a jugés dignes de nous confier l'Evangile, ainsi nous parlons, non comme pour plaire à des hommes, mais pour plaire à Dieu, qui sonde nos cœurs.…

Actes 20:29, 30

Je sais qu'il s'introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n'épargneront pas le troupeau,*30et qu'il s'élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux.

Matthieu 23:13,14,15

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux ; vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous n'y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous dévorez les maisons des veuves, et que vous faites pour l'apparence de longues prières ; à cause de cela, vous serez jugés plus sévèrement.*15Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte ; et, quand il l'est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous.

Actes 13:10

et dit : Homme plein de toute espèce de ruse et de fraude, fils du diable, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu point de pervertir les voies droites du Seigneur ?

2 Thessaloniciens 2:1,2

de ne pas vous laisser facilement ébranler dans votre bon sens, et de ne pas vous laisser troubler, soit par quelque inspiration, soit par quelque parole, ou par quelque lettre qu'on dirait venir de nous, comme si le jour du Seigneur était déjà là.3Que personne ne vous séduise d'aucune manière ; car il faut que l'apostasie soit arrivée auparavant, et qu'on ait vu paraître l'homme du péché, le fils de la perdition,…

2 Pierre 3:16,17

C'est ce qu'il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Ecritures, pour leur propre ruine.*17Vous donc, bien-aimés, qui êtes avertis, mettez-vous sur vos gardes, de peur qu'entraînés par l'égarement des impies, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté.…

Matthieu 15:3

Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition ?*

Tite 1:14,15

et qu'ils ne s'attachent pas à des fables judaïques et à des commandements d'hommes qui se détournent de la vérité.15Tout est pur pour ceux qui sont purs ; mais rien n'est pur pour ceux qui sont souillés et incrédules, leur intelligence et leur conscience sont souillées.…

2 Timothée 4:3,4

Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs,*4détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables.

Tite 1:11

Ils bouleversent des familles entières, enseignant pour un gain honteux ce qu'on ne doit pas enseigner.*

2 Corinthiens 11:13

Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ.*

Apocalypse 2:2

2Je connais tes œuvres, ton travail, et ta persévérance. Je sais que tu ne peux supporter les méchants ; que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et que tu les as trouvés menteurs ;

Romains 16:17,18

Je vous exhorte, frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, au préjudice de l'enseignement que vous avez reçu. Eloignez-vous d'eux.*18Car de tels hommes ne servent point Christ notre Seigneur, mais leur propre ventre ; et, par des paroles douces et flatteuses, ils séduisent les cœurs des simples.

Philippiens 3:19

Leur fin sera la perdition ; ils ont pour dieu leur ventre, ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte, ils ne pensent qu'aux choses de la terre.

2 Pierre 2:3

Par cupidité, ils trafiqueront de vous au moyen de paroles trompeuses, eux que menace depuis longtemps la condamnation, et dont la ruine ne sommeille point

1 Pierre 5:2

Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ;

1 Timothée 3:8

Les diacres aussi doivent être honnêtes, éloignés de la duplicité, des excès du vin, d'un gain sordide,

Tite 1:7

Car il faut que l'évêque soit irréprochable, comme économe de Dieu ; qu'il ne soit ni arrogant, ni colère, ni adonné au vin, ni violent, ni porté à un gain déshonnête ;



À suivre…

*********************

Par*: Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/




[1] Narration rapportée par Bukhârî (n° 2539).

[2] Hadîth rapporté par Ahmed (3/387)*; Sheïkh el Albânî l’a authentifié dans Zhilâl el Janna (n° 50).

[3] Nous reviendrons sur ce récit, mais en attendant, ibn Taïmiya explique que, je cite*: «*Le successeur d’Abou Bakr a laissé la chose en suspens, sans prétendre de façon formelle que cette version est falsifiée, faute de preuve en main allant dans ce sens. »

[4] Rapporté par el Bukhârî (2125).

[5] Voici le passage en question*dans la version actuelle : «*Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu que j’ai moi-même en faveur. J’ai mis mon Esprit sur lui. Pour les nations il fera paraître le jugement, il ne criera pas, il n’élèvera pas le ton, il ne fera pas entendre dans la rue sa clameur, etc.*» Esaïe*; 42.1-12 voir également*: Esaïe*; 35.1-10 et 9.5,6.

[6] La grande conquête*; 29

[7] Voir*: el fisal wa e-nihal (1/160).

[8] Voir*: ********* http://blog.decouvrirlislam.net/Home...veau-testament







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ÇÝÊÑÇÖí ÑÏ: Dialogue avec Karim Hanifi




Dialogue avec Karim Hanifi II3/6*



Des preuves de la Bible de la falsification de la Bible (suite)



Ésaïe 59:2,3,4

Mais ce sont vos crimes qui mettent une séparation Entre vous et votre Dieu ; Ce sont vos péchés qui vous cachent sa face Et l'empêchent de vous écouter.*3Car vos mains sont souillées de sang, Et vos doigts de crimes ; Vos lèvres profèrent le mensonge, Votre langue fait entendre l'iniquité.*4Nul ne se plaint avec justice, Nul ne plaide avec droiture ; Ils s'appuient sur des choses vaines et disent des faussetés, Ils conçoivent le mal et enfantent le crime.…

Michée 6:12

Ses riches sont pleins de violence, Ses habitants profèrent le mensonge, Et leur langue n'est que tromperie dans leur bouche.

1 Timothée 4:2*

par l'hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience,

Ésaïe 30:9,10

Va maintenant, écris ces choses devant eux sur une table, Et grave-les dans un livre, Afin qu'elles subsistent dans les temps à venir, Eternellement et à perpétuité.*9Car c'est un peuple rebelle, Ce sont des enfants menteurs, Des enfants qui ne veulent point écouter la loi de l'Eternel,*10Qui disent aux voyants : Ne voyez pas ! Et aux prophètes : Ne nous prophétisez pas des vérités, Dites-nous des choses flatteuses, Prophétisez des chimères !…

Ésaïe 28:15

Vous dites: Nous avons fait une alliance avec la mort, Nous avons fait un pacte avec le séjour des morts ; Quand le fléau débordé passera, il ne nous atteindra pas, Car nous avons la fausseté pour refuge et le mensonge pour abri.

Actes 13:10

et dit : Homme plein de toute espèce de ruse et de fraude, fils du diable, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu point de pervertir les voies droites du Seigneur?

Jérémie 23:25,26

J'ai entendu ce que disent les prophètes Qui prophétisent en mon nom le mensonge, disant : J'ai eu un songe ! j'ai eu un songe !*26Jusques à quand ces prophètes veulent-ils prophétiser le mensonge, Prophétiser la tromperie de leur cœur ?

Jérémie 14:14

Et l'Eternel me dit : C'est le mensonge que prophétisent en mon nom les prophètes ; Je ne les ai point envoyés, je ne leur ai point donné d'ordre, Je ne leur ai point parlé ; Ce sont des visions mensongères, de vaines prédictions, Des tromperies de leur cœur, qu'ils vous prophétisent.*

Mais aussi Jérémie 5:31 Jérémie 20:6 Jérémie 23:16 Jérémie 23:21 Jérémie 23:25, 26 Jérémie 29:21

Deutéronome 18:20,21,22

Mais le prophète qui aura l'audace de dire en mon nom une parole que je ne lui aurai point commandé de dire, ou qui parlera au nom d'autres dieux, ce prophète-là sera puni de mort.*21Peut-être diras-tu dans ton cœur : Comment connaîtrons-nous la parole que l'Eternel n'aura point dite ?

Psaume 4:2

Jusques à quand aimerez-vous la vanité, Chercherez-vous le mensonge ?*

Osée 8:5

L'Eternel a rejeté ton veau, Samarie ! Ma colère s'est enflammée contre eux. Jusques à quand refuseront-ils de se purifier ?

Ézéchiel 13:6,7

Leurs visions sont vaines, et leurs oracles menteurs ; Ils disent : L'Eternel a dit ! Et l'Eternel ne les a point envoyés ; Et ils font espérer que leur parole s'accomplira.*7Les visions que vous avez ne sont-elles pas vaines, Et les oracles que vous prononcez ne sont-ils pas menteurs ? Vous dites : L'Eternel a dit ! Et je n'ai point parlé.…

2 Pierre 2:1,2

Il y a eu parmi le peuple de faux prophètes, et il y aura de même parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le maître qui les a rachetés, attireront sur eux une ruine soudaine.*2Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions, et la voie de la vérité sera calomniée à cause d'eux.…

Michée 2:11

Si un homme court après le vent et débite des mensonges : Je vais te prophétiser sur le vin, sur les boissons fortes ! Ce sera pour ce peuple un prophète.

Michée 3:5

Ainsi parle l'Eternel sur les prophètes qui égarent mon peuple, Qui annoncent la paix si leurs dents ont quelque chose à mordre, Et qui publient la guerre si on ne leur met rien dans la bouche :

Sophonie 3:4

Ses prophètes sont téméraires, infidèles ; Ses sacrificateurs profanent les choses saintes, violent la loi.

Jérémie 6:13

Car depuis le plus petit jusqu'au plus grand, Tous sont avides de gain ; Depuis le prophète jusqu'au sacrificateur, Tous usent de tromperie.

Ésaïe 28:7

Mais eux aussi, ils chancellent dans le vin, Et les boissons fortes leur donnent des vertiges ; Sacrificateurs et prophètes chancellent dans les boissons fortes, Ils sont absorbés par le vin, Ils ont des vertiges à cause des boissons fortes ; Ils chancellent en prophétisant, Ils vacillent en rendant la justice.*

Ésaïe 10:1

Malheur à ceux qui prononcent des ordonnances iniques, Et à ceux qui transcrivent des arrêts injustes,

Psaume 120:2,3

Eternel, délivre mon âme de la lèvre mensongère, De la langue trompeuse !*3Que te donne, que te rapporte Une langue trompeuse ?

Ésaïe 59:13

Nous avons été coupables et infidèles envers l'Eternel, Nous avons abandonné notre Dieu ; Nous avons proféré la violence et la révolte, Conçu et médité dans le cœur des paroles de mensonge ;

Ésaïe 32:6

car l'insensé profère des folies, Et son cœur s'adonne au mal, Pour commettre l'impiété, Et dire des faussetés contre l'Eternel, Pour laisser à vide l'âme de celui qui a faim, Et enlever le breuvage de celui qui a soif.*

Là, Karim va nous dire qu’il incombe de contextualiser ces passages, ce qui n’est pas faux en soi, et pour les endroits où il est explicitement fait mention d’altération, il s’agit de l’esprit non de la lettre. Ce à quoi nous répondons que c’est exactement ces mêmes arguments qui relativiseront les Versets du Coran cités plus haut, sauf que*: 1°) Cet exégèse de la falsification de l’esprit aux dépens de la lettre est ultra minoritaire dans les rangs des musulmans, et il fut maintes fois réfuté, notamment par ibn Hazm, même si ibn Taïmiya, comme à son habitude est beaucoup plus nuancé*; 2°) C’est l’ensemble de tous ces indices qui résoudra l’énigme, mais cela ne veut pas dire que chaque indice est clair comme de l’eau de roche, sinon, il n’y aurait pas divergence sur la chose*; 3°) Ibn ‘Abbâs tranche sur la question à la faveur d’une narration qui enlève les derniers doutes, s’il y en avait encore. C’est donc à la lumière de ses explications qu’il faut expliquer tous ces textes, tant bibliques que coraniques.



Et fait aggravant, d’un point de vue purement anthropologique, et sur ce point, nous rejoignons l’approche historico-critique, il existe une constante universelle qui traverse les peuples et l’Histoire, et selon laquelle l’erreur intellectuelle est motivée par deux facteurs. Bien sûr, le Coran n’est pas concerné par ce phénomène, étant donné que sa conservation, contrairement à la Bible, est transcendante, mais faut-il le rappeler.[1]



Il existe deux forces inhérentes à l’homme*: une force intellectuelle qui touche à la connaissance, et qui va pousser à la réflexion, et une force émotionnelle qui va pousser à l’action.* Tout le Coran tourne autour de cette dualité constituant un véritable leitmotive qui parsème les pages du Livre sacré, avec, pour point d’orgue, la sourate de l’Ouverture qui met en garde contre ces deux fléaux à l’origine de la perdition*: l’un touche au savoir, comme chez les chrétiens égarés qui accusent principalement une tare à ce niveau-là, et l’autre touche aux passions, comme chez les Juifs qui ont encouru la Colère divine pour avoir accusé une tare à ce niveau-là.



Pour les erreurs qui relèvent du domaine de la force intellectuelle, celles-ci sont éventuellement involontaires, et pour celles qui s’attachent à la force émotionnelle et aux passions, elles sont surtout volontaires. Il est donc péremptoire d’opter formellement pour l’une de ces deux options, pour ce qui concerne la conservation de la Bible, et de mettre de côté l’autre qui n’est pas moins vraisemblable, bien au contraire, comme nous l’avons vu plus haut. D’ailleurs, c’est exactement ce constat que déplore Jérôme de Stridon (m. 420) l’un des Pères de l’Église latine au moment de s’attaquer à ses travaux de traduction. Il relève que les erreurs de copistes sont de deux ordres (volontaires et involontaires), conformément à cette réalité anthropologiques. Voici une partie de la lettre-préface de «*saint*» Jérôme, adressée au pape Damase (m. 384), qui lui avait demandé de remanier tous les textes des Évangiles en cours pour former un livre de base, qui sera seul officiellement en cours depuis, ayant pour nom, la Vulgate :

*
" Vous voulez qu'avec les matériaux d'un ancien ouvrage j'en refasse un nouveau ; que je me pose comme arbitre dans l'examen des textes de l'Écriture répandus dans le monde ; vous voulez, en un mot, que j'explique les variantes qu'on y trouve, et que je signale ses passages concordants avec la version grecque la plus authentique. C'est une pieuse entreprise, mais une présomption dangereuse que de s'établir juge des autres, quand soi-même on doit avoir pour juge l'opinion générale ; que de prétendre changer la langue des vieillards, ramener le monde, déjà vieux, au bégaiement de l'enfance. En effet, quel est l'homme de nos jours, savant ou non savant, qui, se décidant à prendre en main notre ouvrage, et voyant discréditer le texte dont il se sert habituellement et dans lequel il a appris à lire, ne se récrie aussitôt, et ne me traite de faussaire, de sacrilège, dont l'audace impie n'a point reculé devant des additions, des changements et des corrections à des textes consacrés par le temps ?

*
Contre de semblables reproches une double consolation m'est offerte ; la première, c'est que cette mission m'a été confiée par vous ; la seconde, c'est que, d'après le témoignage même de ceux qui nous attaquent, il ne pourrait y avoir de vérité complète dans les ouvrages où on ne peut signaler des variantes. En effet, si nos adversaires pensent que les exemplaires latins sont dignes de confiance, qu'ils désignent lesquels ; car il existe presque autant d'originaux que d'exemplaires. S'ils pensent, au contraire, que la vérité ne saurait être découverte que par la comparaison des différents textes , pourquoi trouvent-ils mauvais que j'aie la prétention de corriger, tout en remontant aux sources grecques, les parties du texte qui ont été ou mal comprises par des interprètes ignorants, ou tronquées, dans de mauvaises intentions, par des correcteurs inhabiles et présomptueux, ou surchargées d'additions et altérées par de paresseux copistes ? "



(L’original du texte se trouve à la bibliothèque National de France, François Mitterrand, à Paris, sous le titre : Sanctii Eusebii Hieronymi).



Dans son fameux jawâb dha’îf, pour reprendre l’expression consacrée de l’érudit Karim, ibn Taïmiya fait exactement le même constat. Il est donc exclu de le discréditer sous prétexte qu’il serait chauvin ou qu’il utiliserait des versions de la Bible fabriquées de toute pièce par des musulmans, puisqu’il arrive aux mêmes conclusions qu’une grande sommité chrétienne préislamique que l’on ne peut soupçonner de partie pris. Ce dernier constate qu’il y a trois étapes pour avoir accès aux «*Écritures saintes*»*:

Primo*: il faut prouver l’affiliation des textes aux différents prophètes.

Secundo*: la traduction doit être fidèle que ce soit en arabe ou dans la langue des personnes intéressées comme le Romain et le syriaque. Il faut savoir que Moïse, David, Jésus, et les prophètes des tribus d’Israël en général parlaient l’Hébreu. Prétendre que la langue du Messie était syriaque ou romaine, c’est commettre une erreur.

Tercio*: il faut veiller à la bonne interprétation du texte à traduire et à sa bonne compréhension.[2]



En définitive, les gens du Livre (Juifs et chrétiens) s’accordent à dire avec les musulmans que les écritures anciennes ont été en partie falsifiées soit délibérément soit en raison des erreurs de traduction dans l’explication des mots, leur exégèse, et leur interprétation.



Quiconque veut prétendre que Mohammed (r) contredit les écritures doit se soumettre à deux prémices*:

La première*: il faut confirmer l’affiliation du texte avec le prophète en question (celui dont il est prétendu qu’il est en désaccord avec le Messager).
La deuxième*: consiste à en détecter les sens. Quiconque veut se référer à un prophète quelconque doit nécessairement vérifier la validité de ses deux prémices*: l’énoncé du texte et sa chaîne de transmission.[3]


Prenons l’exemple du verset*: «*Baptisez les hommes au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.*»[4] Ibn Taïmiya note que, bien qu’il soit le fondement primordial du dogme trinitaire, ce passage se trouve uniquement dans l’Évangile de Mathieu.[5] *

Plus tard, Érasme de Rotterdam (m. en 1536) soulèvera la même problématique. Celui-ci a consacré sa carrière à la production des versions les plus fiables et les plus précises de textes grecs anciens en comparant les manuscrits les plus anciens possibles, puis en les purgeant des erreurs de copie et des malentendus linguistiques, voire des insertions savantes ultérieures. En produisant une nouvelle édition du texte grec original du Nouveau Testament, il découvrit qu’un verset qui faisait depuis longtemps partie de la Bible latine et qui était utilisé comme preuve définitive de la Trinité était un ajout ultérieur totalement absent du grec original. Ce verset se lit comme suit : ‘Et il y en a trois qui rendent témoignage au ciel, le Père, la Parole et le Saint-Esprit: et ces trois ne font qu’un…’ King James Bible 1 Jean 5: 7–8. Seuls quatre manuscrits grecs mentionnaient cette fameuse « virgule johannienne » et tous étaient historiquement tardifs ; Jerry Bentley, Humanists and Holy Writ , Holy Writ , p. 45, 152-153.



À suivre…

*********************

Par*: Karim Zentici

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[1] Voir*: http://mizab.over-blog.com/2018/04/l...-partie-1.html

http://mizab.over-blog.com/2017/03/l...-partie-1.html

[2] Voir: El jawâb e-sahîh li man baddala din el Masîh (1/137,138).

[3] El jawâb e-sahîh li man baddala din el Masîh (5/124,125).

Voir : http://mizab.over-blog.com/article-i...111015014.html

[4] Mathieu; 28.19

[5] El jawâb e-sahîh li man baddala din el Masîh (2/81).






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ÞÏíã 04-13-2019, 08:42 AM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 7
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ÇÝÊÑÇÖí ÑÏ: Dialogue avec Karim Hanifi

Dialogue avec Karim Hanifi II4/6*



L’annonce de Mohammed dans la Bible



Le chapitre de l’annonce de Mohammed dans la Bible se greffe naturellement à celui de sa conservation.[1] Nous venons de démontrer sous plusieurs aspects que la Bible fut falsifiée, et cela aura des conséquences, et non des moindres sur les prophéties bibliques. Le Saint Coran dit explicitement que l’Élu fut annoncé dans les anciennes Écritures. Voici le Verset de référence sur le sujet*: [À ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré, dont ils connaissent la description à travers leurs écrits, la Thora et l’Évangile. Celui-là même qui leur ordonne le bien et qui leur interdit le mal*; lui qui leur déclare licite tout ce qui est pur et illicite tout ce qui est impure ; lui qui les délivre des fardeaux et des lourds carcans qui pesaient sur eux. Qui croit en lui, le soutient, et le défend, et qui a pour guide la lumière qui accompagne sa mission, gagnera le succès].[2] Bien sûr, ce Verset ne pose pas problème à la vision de Karim, puisqu’il est biblo-compatible. Il nous explique, en effet, que Mohammed décèle toutes les caractéristiques de la prophétie qui sont recensés dans les Écrits anciens, notamment l’Alliance faite avec la descendance d’Ismaël. En revanche, le Verset suivant coince*avec son raisonnement ! C’est pourquoi, il aura éventuellement recours à une interprétation qui le fasse aller dans le sens de sa vision. Il s’agit de la Parole de Dieu*: [Et lorsque Jésus fils de Marie fit savoir à son peuple*: enfant d’Israël, Allah m’envoya vers vous en tant que Messager pour corroborer la Thora qui fut révélée avant moi, et pour annoncer la venue prochaine d’un Messager du nom d’Ahmed, mais dès lors qu’il leur présenta des preuves éclatantes, ils crièrent à la magie manifeste*!].[3]



Pour sortir de cet imbroglio, Karim nous dira qu’Ahmed, loin d’être un nom propre, n’est qu’un superlatif pour vanter les vertus de «*celui qui est très louangé*» ou «*le plus digne de louange*»*; sauf que construite de cette façon, la phrase n’est pas correcte, puisque après le vocable «*ism*» (nom ndt.), il y a forcément un nom propre, surtout qu’il n’y a aucun mal à ce que ce nom propre soit un superlatif qui exprime des louanges à foison*; l’un n’empêche pas l’autre. Et si ce n’est pas ce que dit Karim, alors qu’il nous montre le passage de la Thora non falsifiée où Ahmed est explicitement énoncé. Question ô combien embarrassante, et cela d’autant plus qu’il prend un malin plaisir à décrier l’honorable Deedat qui aurait des graves lacunes en hébreux sous prétexte qu’il voit dans le fameux passage des Cantiques le nom de Mohammed à la syllabe près.



Je veux bien que notre prédicateur indien se trompe, mais non seulement cela ne justifie pas de prendre les musulmans de haut, mais cela ne résout encore moins la problématique soulevée par le Verset cité plus-haut. Alors, si l’érudit Karim est aussi malin qu’il en a l’air, qu’il nous montre le passage du Livre où Ahmed est explicitement cité*! De deux choses l’une, soit il reconnait que les deux Testaments sont falsifiées soit il nous montre le passage en question. Il n’a pas d’autre choix.

D’ailleurs, c’est exactement ce que laisse entendre le Coran*: [Ceux à qui Nous avons accordé le Livre connaissent le Prophète aussi bien que leurs propres fils, sauf que plusieurs d’entre eux ont dissimilé la vérité en toute âme et conscience].[4]*



Ce Verset soulève deux cruciales questions qui mettent à mal la pensée de Karim. 1°) Le nom de Mohammed est caché dans la Bible. Et là, plusieurs hypothèses se dessinent*: soit il existe dans certaines versions non dans d’autres. C’est ce qui expliquerait pourquoi certains érudits musulmans le citent où moment où d’autres avancent formellement qu’il est absent des versions falsifiées. Et pour les versions où sa mention existe encore, il reste à désigner les endroits en question, ce qui relève du pur effort d’interprétation dans le sens où le choix d’un savant peut effectivement être erroné. Nul n’échappe à l’erreur*! L’erreur est d’autant plus probable que les scribes juifs et chrétiens se sont évertués à brouiller les pistes, surtout depuis l’avènement de l’Islam. Il existe donc des versions falsifiées pré et post islamiques, comme il existe des versions conservées même après l’avènement de l’Islam.

Soit, les versions vulgarisées sont toutes falsifiées, c’est ce qui expliquerait les erreurs des savants qui pensent que sa mention existe encore. Cela n’exclut pas la présence de versions originales cachées du public où le nom de Mohammed serait explicitement inscrit. Dans tous les cas, l’obscur brouillard qui entoure cette affaire démontre en lui-même que la Bible est falsifiée. Ainsi, quand Karim s’évertue à tourner en ridicule les musulmans qui voient partout l’annonce de Mohammed, il se réfute lui-même puisqu’il démontre par ses mains que la Bible est falsifiée, étonnant non, comme dirait Pierre Desproges*?



2°) Les Juifs connaissaient le Prophète aussi bien que leurs propres fils. Cette description éloquente va au-delà des simples caractéristiques générales de la prophétie, et de l’alliance nouée avec la progéniture ismaélite. À la suite de la persécution sous Titus, la diaspora mena plusieurs tribus juives à l’intérieur de la Péninsule arabique. Certaines d’entre elles s’arrêtèrent à Tayma, et d’autres s’enfoncèrent plus vers le sud pour s’installer à* Yathrib ou Lathrippa (nom recensé par le géographe Ptolémée) qui présentait un signalement identique, soit un réseau d’oasis perdues au milieu du désert, et parsemées d’hameaux flanqués de deux grosses plaques volcaniques. Lors de l’entrée triomphante du fugitif à Médine, les Juifs de la ville allèrent à sa rencontre, à l’instar de* Huyay ibn el Akhtab, Le chef de la tribu banû Nadhîr, et père de la future matriarche Safiya chez qui il avait détecté un potentiel hors-norme, et qui lui prévoyait un grand destin. Il la cajolait jalousement, et parfois même, au mépris de ses autres enfants. Il l’emmenait partout avec lui, mais ce jour-là, il lui réserva une sortie inhabituelle. Il avait décidé avec son frère d’aller aux nouvelles de ce supposé sauveur dont se targuaient ses voisins arabes, cette bande de sauvages et de rustres illettrés que son groupe avait empêtrés dans des dettes usuraires depuis plusieurs générations. Ce fut la peur au ventre que tout au long du trajet, il ruminait ses pensées, en négligeant totalement sa fille préférée. Il ne lui adressa pas un mot ni même un regard. Lorsque le quidam pour lequel il s’était déplacé tomba sous leur champ de vision, Huyay se pencha vers son frère pour l’interroger*: «*Est-ce bien lui*?

C’est bien lui, par Dieu, déplora-t-il.
Tu le reconnais [tel que représenté dans les Écritures ndt.], tu en es bien sûr*?
Absolument.
Que comptes-tu faire à son égard*?
Par Dieu, je lui livrerais un âpre combat jusqu’à mon dernier souffle*!*»
*Le chemin du retour fut marqué par l’abattement qui se lisait sur le visage de ces deux malheureux, qui, le buste avachi, trainaient le pas. Complètement effondrés, rien ne pouvait les consoler, pas même les efforts de la fillette pour leur mettre du baume au cœur.

Un Juif, qui s’était invité dans les rangs, éleva sa voix au-dessus du cortège*: «*Il est là l’homme qui fut annoncé dans les Écritures, s’enthousiasma-t-il, et qui vous apportera gloire et triomphe*!*» Bien sûr, Karim, qui, nous l’avons vu, bannit des pans entiers du patrimoine islamique, ne va pas se gêner pour balayer d’un revers de la main, toutes les narrations qui décrivent l’évènement sous prétexte qu’elles ne répondent pas à 100 % aux critères de fiabilité, alors qu’elles sont déjà plus fiables que les meilleures versions de la Thora elle-même. L’opération amnésie collective opérée par notre érudit heurtera un obstacle de taille avec le Verset imparable*: (Ils eurent entre les mains un Livre venu du ciel corroborant leurs propres Écritures sur lesquelles ils se basaient pour invoquer le sauveur qui leur accorderait le triomphe sur les païens. Pourtant, dès son avènement, ils dénièrent le reconnaitre et renièrent son ministère, maudit soient ces infidèles !)[5] Les colonies israélites de Yathrib qui s’étaient implantées avant ses voisins arabes promettaient à qui voulait l’entendre qu’un futur sauveur viendra les délivrer pour les faire triompher de leurs ennemis. D’ailleurs, les Aws et les Khazraj s’en souvinrent le jour où, à l’occasion du pèlerinage, ils rencontrèrent l’Élu dans le défilé de Mina. L’année 620 apr. J.-C. vit naitre une nouvelle alliance. Alors que l’Élu profitait de l’obscurité de la nuit pour apporter la bonne nouvelle aux pèlerins, accompagné de son inséparable ami Abou Bakr, il tomba fortuitement sur six membres du clan Khazraj qui, suspendus à ses lèvres, furent séduits par les avantages qu’ils tireraient à le prendre sous leur aile*:*«*Voici l’homme, s’enthousiasma l’un d’entre eux, au sujet duquel nos compatriotes juifs brandissaient contre vous la menace de vous terrasser sous son commandement*! Ne laissez pas échapper cette chance de déjouer leur ambition en reprenant cette prophétie à votre avantage. »



Le dépeçage en bonne et due forme du patrimoine islamique jugé non biblo-compatible continue avec le moine Bahira que nous devrions effacer de nos mémoires. Comment notre spécialiste boucher aborde-t-il la conversion du Négus Abyssin qui certes ne constitue pas un obstacle pour démontrer que la Bible n’est pas falsifiée*? Ni d’ailleurs l’anecdote qui opposa Abou Sofiane à l’Empereur byzantin Héraclius, quoi que…* Que nous prépare sa hache avec Salman le Perse dont les pérégrinations le menèrent à la future Médine pour y rencontrer le Messie tant attendu*? Je ne parle pas de la conversion des rabbins de la ville, à l’image de ‘Abd Allah ibn Sallâm, qui, en réalité ne pose pas de problème pour sa version de faits, mais quand même…



Notons enfin pour clore ce chapitre que le nouveau chef de Médine fit preuve d’une tolérance extrême envers ses compatriotes hébreux incrédules dont il savait pertinemment qu’ils cachaient sa prophétie. Qu’on en juge*: [Mais, dès lors qu’ils trahirent leur engagements, nous les maudîmes, et rendîmes leur cœur dur comme de la pierre, eux qui s’employaient à altérer le sens des Écritures, et qui oublièrent en partie la Loi qui leur fut dictée*; chaque jour te dévoile davantage leurs perfidies auxquelles ils n’ont toujours pas renoncé à l’exception d’une partie infime parmi eux*; mais, fais montre d’indulgence envers eux et ne leur tiens pas rigueur de leurs exactions, car Allah aime les bienfaiteurs][6]*



La «*faible réponse*» du pauvre ibn Taïmiya à la «*juste réponse*» de l’érudit Karim* Hanifi



Karim Hanifi me reproche d'être obnubilé par ibn Taïmiya, il a peut-être raison, mais en tout cas, ce ne sera jamais pire que d'être obnubilé par la Thora !



Voir*: http://mizab.over-blog.com/article-i...111015014.html

http://mizab.over-blog.com/2019/03/i...ous-c-est-bien



Bien sûr, étant donné que la position d’ibn Taïmiya sur les annonces de Mohammed dans la Bible constitue un obstacle à la théorie biblo-compatible de Karim visant à démontrer que la Thora et l’Évangile n’ont pas été falsifiée, elle ne peut être que «*faible*». Mieux, le doyen damascène, un peu comme le pauvre Ahmed Deedat, tout comme vraisemblablement l’auteur d’Izhar el Haqq, avait, aux yeux de notre sommité, un piètre niveau en langue hébreu, contrairement à notre grandiloquente mastodonte. Mieux, le Maitre hanbalite, tout comme son élève ibn Kathir, nous le verrons dans la prochaine partie, ne se serait même pas rendu compte qu’il utilisait des versions de la Bible fabriquées par les musulmans pour corroborer ses thèses. Décidemment ces musulmans sont impayables*! Ces affabulateurs avaient déjà fait le coup avec l’Évangile de Barnabé.



Or, il y a 700 ans, comme s’il avait anticipé le zèle de notre éminentissime boucher, ibn Taïmiya démontre en quoi la théorie hanifite est plus que tirée par les cheveux, et loin d’être une approche scientifique objective. Son analyse est toujours d’actualité, alors qu’il n’avait pas accès aux dernières recherches archéologiques (sic).



Ce dernier nous dit en substance que selon l’avis majoritaire des savants musulmans, la Bible fut falsifiée tant au niveau de la lettre que de l’esprit, bien que le texte original fut essentiellement conservé*; sauf qu’il est impossible d’identifier avec certitude quels termes exacts relèvent de la Parole de Dieu. Il n’est donc pas pertinent d’opposer tel terme en particulier au Coran dont la transmission orale est communément acquise, contrairement à la Thora et à l’Évangile dont la chaine narrative s’est perdue dans les méandres de l’Histoire. La chaine de transmission de l’Ancien Testament a été interrompue avec le sac de Jérusalem sous Nabuchodonosor II. Il aurait été restauré par Esdras (Ezra) après le retour de l’exil à Babylone au 5ième siècle av.-J-C. Certains Juifs l’assimilent à un prophète. Quoi qu’il en soit, au même titre que n’importe quelle reproduction, il est tout à fait concevable que des erreurs de retranscription, aussi infimes soient-elles, se soient insérées au cours de la réécriture du Pentateuque.



En revanche, les choses sont plus compliquées avec l’Évangile. Les chrétiens admettent que son écriture n’est pas l’œuvre de Jésus. Celui-ci ne l’a même pas dicté aux différents copistes, étant donné que sa compilation eut lieu bien après son élévation au ciel sous la dictée des deux apôtres Mathieu et Jean. Néanmoins, les éléments de sa chaine narrative sont trop peu nombreux pour l’ériger au statut de «*communément transmis*» qui lui accorderait un label d’authenticité. Les deux copistes Marc et Luc, qui ne comptaient pas parmi les apôtres, ont relevé quelques bribes biographiques de leur maitre, notamment certains éléments de son discours, mais sans n’être exhaustifs. Dans de telles conditions, le risque d’erreur prend d’énormes proportions, surtout si l’on sait que les témoins oculaires de la crucifixion ont confondu le supplicié avec le Christ. Même les Apôtres ne sont pas infaillibles, au même titre que n’importe quel homme pieux qu’il soit faiseur de miracles ou non. Les Compagnons eux-mêmes qui, aux yeux des musulmans en tout cas, sont supérieurs aux Apôtres, ne sont pas à l’abri de l’erreur. Quoi qu’il en soit, seuls les prophètes jouissent de l’infaillibilité.



Ainsi, l’AT et le NT pâtissent d’une faible transmission narrative, à l’inverse du Coran, tout comme la loi canonique en vigueur chez les chrétiens qui emprunte peu ou prou ses enseignements à l’Évangile de Jésus. Par ailleurs, contre toute attente, les musulmans ne prétendent pas que toutes les copies des Écritures anciennes furent indistinctement falsifiées après l’avènement de l’Islam. Au mieux, selon l’avis majoritaire, nuance, la falsification eut lieu partiellement sur certaines versions depuis cette période-là, mais elle existait déjà avant, aux yeux d’une partie d’entre eux. Pour d’autres, les deux hypothèses sont possibles, mais personne n’a jamais dit qu’il n’existait plus une version authentique sur la surface de la terre. Or, tout le monde s’accorde, juifs et chrétiens y compris, que l’esprit et l’exégèse furent abondamment altérés.



Les avis sont divergeant concernant la lettre. Un groupe d’érudits rejoint les adeptes des Écritures disant que la lettre est restée intacte. La majorité, toutefois, s’entendent à dire avec certaines références juives et chrétiennes que l’altération a touché partiellement la lettre. Cette opinion est répandue dans les deux camps*: musulman et non musulman. L’altération aurait donc gagné les deux Livres, voire de façon très prononcée, et serait même plus prononcée pour l’Évangile.



Certains poussent tellement le raisonnement qu’ils autorisent de nettoyer ses besoins avec des pages de la Bible pour dire qu’elle a perdu toute sacralité. Bien sûr, ils vont trop loin. L’opinion la plus vraisemblable est celle selon laquelle elle est essentiellement conservée. Notons toutefois que l’Évangile semble plus endommagé que la Thora, si tant est que nombreux sont les observateurs qui réfutent l’idée que les quatre Évangiles canoniques renferment la Parole de Dieu, hormis quelques rares passages, et ils ne représenteraient nullement Le vrai Évangile.



La Thora, pour sa part, renferme une part de la Révélation divine, bien qu’elle ne soit pas non plus à l’abri des manipulations fraudeuses, révèle le saint Coran*: [Toi, Prophète, ne sois pas affligé à cause de ces gens qui se précipitent dans la mécréance tant dans les rangs de ceux qui affichent du bout des lèvres leur adhésion à la foi, à l’inverse de leur cœur qui reste incrédule, que dans les rangs des hébreux qui, friands de mensonges, prêtent une oreille complaisante au discours de leurs coreligionnaires qui ne viennent jamais écouter le tiens*; ceux-là même qui s’emploient à altérer partiellement le sens des Écritures et qui prônent de piocher dans tes enseignements qui les arrangent, et de se méfier du reste. Il ne t’appartient pas de sauver ces cœurs dans lesquels Allah a jeté le désarroi et qu’Il refuse de purifier. Ces gens-là sont voués à l’opprobre ici-bas, et un châtiment terrible les attend dans l’autre monde][7]*; [Comme si la Thora qui les abreuve de la Loi du ciel ne leur suffisait pas, ils sollicitent ta sentence qu’ils récusent à partir du moment où elle ne leur convient pas*; ces gens-là n’ont rien de commun avec les croyants • Nous révélâmes la Thora de laquelle émanent droiture et lumière, et à partir de laquelle les prophètes dévoués à Dieu, font régner la justice sur les juifs, au même titre que les rabbins et les docteurs de la Loi, ces dignes témoins et gardiens de leur héritage, et c’est Moi, et non les hommes que vous devez craindre*; alors, ne troquez pas mes commandements contre un vil prix, car qui n’applique pas la Loi révélée par Dieu est un infidèle].[8]



À suivre…

*********************

Par*: Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/




[1] Voir les annonces dans la Bible, voir cet ouvrage qui reprend en partie les travaux d’ibn Taïmiya, et que, selon ses dires, Karim compte réfuter*: https://editionslheritageprophetique...hJvSUNjRpodYcU

[2] Les murailles*; 157

[3] Les rangs*; 6

[4] La vache*; 146

[5] La vache*; 89

[6] Le repas céleste*; 13

[7] Le Repas céleste*; 41

[8] Le Repas céleste*; 43-44






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ÞÏíã 04-14-2019, 09:04 AM   ÑÞã ÇáãÔÇÑßÉ : 8
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ÇÝÊÑÇÖí ÑÏ: Dialogue avec Karim Hanifi



Dialogue avec Karim Hanifi II5/6*



Des versions originelles de la Bible encore présentes



(Nous sommes toujours avec ibn Taïmiya)



La Thora qui traversa les époques depuis la destruction du Temple sous Nabuchodonosor II, en passant par l’avènement de Jésus, jusqu’à l’ère islamique, contient la Loi divine. Les exemplaires présents à l’époque de la Révélation chez les juifs médinois n’échappent pas à la règle. Et quand bien même, elle aurait subi des transformations en réaction à l’avènement de Mohammed, n’est ne prouve qu’il n’existe plus aucune version originale de nos jours. Nous n’en avons pas la moindre connaissance et il est impossible de matériellement le vérifier.



Il est vrai que de nombreuses copies falsifiées ont depuis cette époque inondées la culture juive, si tant est qu’elle ne connait pratiquement rien d’autre, et qu’elle a perdu de vue ou presque ses manuscrits intacts. Or, malgré ces multiples modifications, les versions actuelles des AT et NT sont, pour beaucoup, relativement concordantes, mise à part quelques différentes à noter ici et là d’une version à une autre. Il est donc tout à fait concevable qu’une opération de falsification, ne serait-ce qu’infime, ait eu lieu, une fois que les musulmans aient partagé la prophétie avec les adeptes des religions monothéistes anciennes. Nul parmi eux n’est en mesure de constater le contraire. Il faudrait pour cela qu’ils vérifient tous les exemplaires répandus dans le monde.



Nous savons déjà que des variantes, certes minimes, touchent un grand nombre de manuscrits. C’est exactement ce phénomène auquel nous avons affaire lors des reproductions des différentes compilations de hadîth qui sont sujettes à des formulations différentes, voire à des modifications. Seul le Coran est épargné par ce genre d’aléas qui, au vu de sa dimension transcendante, fut conservé par transmission orale communément admise.



En effet, la diaspora juive dispersa des exemplaires innombrables du Tanakh dans les quatre coins de la Planète, sans compter que les chrétiens avaient reproduit le Pentateuque en grand nombre. Il est donc matériellement impossible de tous les regrouper pour y opérer des changements. Si tel avait été le cas, l’Histoire aurait enregistré un tel évènement qui sort de l’ordinaire.



Nous pouvons dire la même chose de l’Évangile au sujet duquel le Coran dit clairement*: (Que les adeptes de l’Évangile appliquent la loi divine qui y fut révélée, car qui n’applique pas la Loi révélée par Dieu est un pervers).[1] Ce Livre contient donc la Loi qui touche aux commandements, et qui aurait donc été conservée, contrairement aux récits historiques que rien n’empêche de changer, même au niveau de la lettre. Ainsi, si falsification il y a eu dans la loi, c’est uniquement au niveau de l’esprit à travers les interprétations orientées et les exégèses adaptés aux différents courants de pensée qui divisent le Clergé.



Selon certains exégètes, le Verset précédent s’adresse aux chrétiens préislamiques qui n’avaient pas encore altérés leur Livre si l’on tient compte du passage en entier*: (Nous mimes sur leurs traces Jésus fils de Marie venu corroborer la Thora révélée avant lui. Nous lui transmîmes l’Évangile duquel émanent droiture et lumière en accord avec la Thora révélée auparavant, et revêtant droiture et exhortation à l’adresse des pieux • Que les adeptes de l’Évangile appliquent la loi divine qui y fut révélée, car qui n’applique pas la Loi révélée par Dieu est un pervers).[2] Rien à prêterait à dire, selon cette opinion, qu’il fait allusion à l’Évangile en circulation à l’époque du Prophète. Or, cette orientation n’a pas lieu d’être étant donné que les écrits chrétiens logent à la même enseigne que ceux des juifs. Preuve en est le début du passage que nous avons cité plus haut (Le Repas céleste*; 41).



Le saint Coran affirme explicitement que les Juifs contemporains à l’Élu qui lui soulevaient leurs litiges, possédaient des exemplaires de la Loi canonique à laquelle ils se référaient. Il est enjoint au Prophète (r) un certain comportement en réaction à leurs subterfuges. Nous avons là la preuve que leurs coreligionnaires des générations précédentes n’étaient pas concernés par cette réprimande*coranique. Il est donc tout autant demandé aux chrétiens vivant à cette époque de se conformer à leurs écrits qui leur somment de se soumettre à la loi mohammadienne. Les chrétiens, au même titre que les juifs, sont interpellés par ce devoir de se référer aux Lois de leur Livre qui ne furent pas frappées d’abrogation depuis l’avènement de Mohammed (r). De la même façon qu’avec l’avènement de Jésus, les israélites n’étaient plus tenus de se conformer aux dispositions de la Thora qu’il avait abrogées, mais de suivre la nouvelle Loi. Il en est de même désormais pour les deux communautés qui ont l’obligation de se soumettre aux enseignements du sceau des prophètes. Par cette démarche, ils ne trahissent nullement leurs Écritures respectives qui leur annonçaient la venue d’un messie par la loi duquel ils seront tenus*: [À ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré, dont ils connaissent la description à travers leurs écrits, la Thora et l’Évangile. Celui-là même qui leur ordonne le bien et qui leur interdit le mal*; lui qui leur déclare licite tout ce qui est pur et illicite tout ce qui est impure ; lui qui les délivre des fardeaux et des lourds carcans qui pesaient sur eux. Qui croit en lui, le soutient, et le défend, et qui a pour guide la lumière qui accompagne sa mission, gagnera le succès][3]*; (Nous te révélâmes, en toute vérité, le Livre venu corroborer les anciennes Écritures et faisant force d’autorité. Alors, appuie-toi dessus pour arbitrer les litiges que te soulèvent les fis d’Israël, et ne cède pas à leurs passions au dépend de la vérité qui y prévaut*; certes, à chacun d’entre vous, Nous avons assigné une Loi et une voix à suivre. Allah aurait très bien pu vous réunir sous l’égide d’une même nation, mais Il préféra vous éprouver pour voir l’usage de ce que chacun d’entre vous détient entre ses mains. Alors, faite montre d’émulation dans les œuvres pies, car c’est vers Allah que vous serez tous ramenés, et là, Il vous instruira sur l’objet de vos divergences).[4]



Le Coran fait force d’autorité sur les anciennes Écritures dont il est venu corroborer certaines lois, abroger d’autres, et corriger celles (dans le domaine du récit) qui furent l’objet d’altération. Il est Muhaïman sur les AT et NT dans le sens où il en est le Juge, le Témoin, et le Dépositaire loyal. [Il en est le Juge pour les avoir abrogés, le Témoin car ils ont été falsifiés alors qu’il est sauvegardé. Il en est le Dépositaire étant donné que tous les enseignements de ces derniers en accord avec lui correspondent à la vérité*; et tout ceux qui le contredisent sont automatiquement jugés faux, voire éventuellement abrogés.]



Le v. 50 de la s. le Repas céleste insiste sur l’obligation de s’aligner sur la nouvelle Loi, et les prescriptions bibliques non abrogées par celle-ci, sous peine de pencher vers les traditions païennes et préislamiques.*Cette réprimande s’adresse en premier lieu aux Juifs et aux chrétiens*: (Dis-leur aux adeptes du Livre*: jamais vous ne serez dignes tant que vous daignez observer la Thora, l’Évangile, et la Parole révélée à votre égard de la part du Seigneur, et remarque que les enseignements célestes exacerbent chez nombre d’entre eux leur esprit rebelle et tyrannique, alors ne sois pas affligé par les écarts de conduite de ce peuple infidèle).[5]*



L’abrogation du Livre est effective au niveau de certaines dispositions, non dans sa totalité. Ces dispositions abrogées restent minimes par rapport à l’ensemble de la Loi biblique qui véhicule un certain nombre de constantes universelles. Il y a donc un socle commun aux trois grandes religions, bien que des désaccords puissent survenir notamment sur le Messie annoncé par la Thora. Aux yeux des chrétiens, il s’agit bel et bien de Jésus, alors que le choix des Juifs s’arrête sur un sauveur qui viendra à la fin des temps.[6] Dans ce débat, les musulmans tranchent en faveur des chrétiens, sans leur concéder l’encensement à outrance qu’ils vouent au Christ.



Par ailleurs, quand nous disons que les récits bibliques sont plus sujets à la falsification que les commandements, cela ne signifie nullement que dans l’ensemble ils ne furent pas conservés. Souvent d’ailleurs, la Bible corrige elle-même ces passages modifiés. Il n’y a donc pas lieu d’avancer que toute falsification survenue avant l’avènement de l’Islam exonérerait les adeptes de Livre de se plier à la nouvelle religion. Dans ces conditions, ils seraient incapables d’y distinguer le vrai du faux. Cet argument est soutenu par les tenants de la Bible falsifiée dans l’esprit uniquement (comme notre ami Karim ndt.).



Ce à quoi nous répondons que les modifications sont minimes par rapport à la majeure partie du texte conservé qui pointe du doigt leurs incohérences. Ces intrusions sonnent faux par rapport à l’esprit général, et lorsqu’on les recoupe avec d’autres passages. Nous connaissons exactement le même phénomène avec les recueils de hadîth sunan qui ont, entre autre, pour auteur Abou Dâwûd et Tirmidhî. Ceux-ci contiennent une partie négligeable de narrations apocryphes qu’il est possible de détecter en les comparant avec le reste du corpus.



Le recueil authentique de Muslim n’est pas épargné par des méprises, certes rares, sur certains vocables qu’il est facile de corriger à la lumière du reste de l’ouvrage, voire du Coran. Bukhârî également rectifie certains termes en procédant à une étude exhaustive de tous les récits en rapport avec le même sujet.



Or, nous avons expliqué qu’il est faux d’imputer aux musulmans l’allégation selon laquelle toutes les copies de la Bible en vogue sur toute la planète depuis l’avènement de l’Islam sont frappées de manipulation volontaire. En tout cas, à ma connaissance, cette opinion n’est pas à mettre sur* le compte des anciens. Il est vrai que certains modernes se distinguent éventuellement d’eux sur ce point, et tant d’autre*; notamment, aux yeux de certains savants des nouvelles générations, il est autorisé de se nettoyer après les selles avec n’importe laquelle des copies existantes sur toute la terre, pour exprimer qu’il y a rupture de versions originales. Jamais un ancien ou une grande référence de la religion n’a tenu tel propos.



Un jour, le Khalife ‘Omar vit un exemplaire de la Thora dans les mains de l’ancien rabbin Ka’b el Akhbâr*: «*Ka’b, s’exclama-t-il, si tu es sûr que cet exemplaire est la Thora révélé par Dieu à Moussa ibn ‘Imrân, alors tu n’as qu’à la lire.*»[7] Le successeur d’Abou Bakr a laissé la chose en suspens, sans prétendre de façon formelle que cette version soit falsifiée, faute de preuve en main allant dans ce sens.



Les textes scripturaires de l’Islam que sont le Coran et la sunna communément transmise font ressortir que l’AN et le NT qui circulaient à l’époque du Prophète (r) renfermaient la Parole de Dieu. Par rapport à cela, il est vain d’avancer que, depuis, toutes les copies en circulation furent l’objet de falsification. Nous n’avons aucun intérêt à retenir cet argument, puisqu’il est impossible de le démontrer matériellement. D’ailleurs, aucun adepte du Livre n’est en mesure de démontrer que toutes les traductions actuelles sont identiques. Aucun humain n’est capable de vérifier toutes les copies dans toutes les langues. Il est inconcevable de toutes les comparer. Seule la Révélation peut nous en informer.



Nous-mêmes avons eu sous les yeux les vingt-quatre livres*qui constituent le Tanakh dans lesquels nous avons constatés des variantes non négligeables. La Thora, qui est le plus notoire d’entre eux chez les Juifs et les chrétiens, s’érige en tête au niveau de la fiabilité. Pourtant, la Thora samaritaine est différente de la version courante. Le Décalogue lui-même n’est pas en reste. La Bible samaritaine, qui présente de multiples versions, se distingue par ce commandement de s’orienter en direction du Mont Tor. Nous avons là la preuve que des changements conséquents ont été opérés à l’intérieur de ces livres.



Nous avons également eu entre les mains plusieurs versions des Psaumes qui sont différentes les unes des autres. Nous l’avons constaté dans maints passages dont la divergence orthographique a une réelle incidence au niveau du sens. La conclusion est sans appel*: ces modifications témoignent d’une volonté, en tout cas pour de nombreux passages, d’imputer mensongèrement des paroles au Prophète David.



Nous ne parlons même pas de l’Évangile dont les incohérences sont beaucoup plus prononcées que dans la Thora.[8]



À suivre…

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Par*: Karim Zentici

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[1] Le Repas céleste*; 47

[2] Le Repas céleste*; 46-47

[3] Les murailles*; 157

[4] Le Repas céleste*; 48

[5] Le Repas Céleste*; 68

[6] Ce dernier, en réalité, sera incarné par l’Antéchrist qui se présentera à la tête d’une armée de soixante-dix milles Juifs d’Ispahan aux portes de Jérusalem.

[7] Cette narration est inexistante dans les recueils actuels d’historiographie. En revanche, Dhahabi rapporte un récit qui lui ressemble*: «*Voici un exemplaire de la fameuse Thora, s’enthousiasma Ka’b ayant brandi un exemplaire du Tanakh, qui n’a pas changé depuis qu’elle fut révélée à Moussa ni n’a subi la moindre altération.*» Voir Siar A’lam e-nubala (3/493-494). Puis, à Dhahabi de commenter*: «*Ce récit démontre que l’exemplaire qui était entre les mains de Ka’b n’a subi aucun changement ni altération, contrairement aux autres versions en circulation. Il est impossible aujourd’hui d’affirmer formellement que les copies actuelles répandues sur l’ensemble de la planète soit des originales. Par Allah, elles ne peuvent dans ces conditions constituer des arguments pour soutenir telle ou telle opinion.*»

[8] Voir: El jawâb e-sahîh li man baddala din el Masîh (2/395-352).






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Dialogue avec Karim Hanifi II6/6*



Le nom de Mohammed effacé de la Bible



… Après comparaison, les termes hébreux sont très proches des termes arabes dans la formation des racines des mots. J’ai entendu certains vocables de la Thora en hébreu, de la part de certains convertis, et je me suis rendu compte que la similitude entre les deux langues est telle que j’arrive à déchiffrer bon nombre de leur vocabulaire en m’appuyant uniquement sur la langue arabe.

Ibn Taïmiya.[1]



(Nous sommes encore avec ibn Taïmiya)



Les quatre rédacteurs de l’Évangile ne mentionnent pas qu’il s’agit de la Parole de Dieu, et, selon leurs propres aveux, ils ne recensent pas tout ce qu’ils ont vu au détail près. Leur ouvrage est comparable à ceux qui furent compilés par les traditionnistes, historiographes, et biographes, et qui, comme tout travail humain, ne sont pas à l’abri de l’erreur. Les paroles imputées à Jésus ont le même statut que la sunna du Prophète (r) qui éventuellement reproduit la Parole de Dieu à travers les hadîth divins. Toutefois, tous les propos prophétiques relèvent de la Révélation, et le croyant a le devoir de donner foi aux enseignements de l’Élu, et de se plier à ses commandements.



Jésus également est inspiré par la Révélation, et il lui y arrive tout autant de retransmettre la Parole de Dieu. Dans tous les cas, sa parole est infaillible. Le croyant qui fut régis par sa Loi a les mêmes devoirs vis-à-vis de lui que le croyant de la nouvelle Loi vis-à-vis de Mohammed. Or, le Livre qui compile la geste du Christ est sujet aux mêmes aléas que n’importe quelle production humaine, tout comme les compilations de hadith qu’il est impossible de falsifier dans leur intégralité une fois que de multiples copies se sont répandues un peu partout. Néanmoins, l’erreur a pu s’introduire avant leur vulgarisation de la part d’un traditionniste qui, aussi fiable soit-il, est susceptible de se tromper. En revanche, toutes les narrations qui furent adoptées par l’ensemble des musulmans, car communément transmises sont, quant à elle, dans l’ensemble, immunisées de l’erreur.



Soit dit en passant, la différence entre la Bible et le Coran est que le second Livre fut conservé à la faveur d’une transmission orale, contrairement au premier. C’est pourquoi, en supposant qu’il n’y ait plus aucune copie du Coran sur terre, cela ne poserait aucun problème pour sa lecture, grâce à sa conservation dans les poitrines. Et quand bien même il y aurait des gens du Livre pour mémoriser leur référence, cela ne lui accorderait pas plus de crédibilité, étant donné que non seulement leur chaine de transmission fut interrompue depuis longtemps, mais ces «*mémorisateurs*» ne jouiraient pas du nombre suffisant* pour atteindre la barre de «*communément transmis*». Les recenseurs de la Bible n’ont pas sous la main les outils de vérification des narrations grâce à l’outil de la critique des narrateurs, cette matière unique en son genre qui est l’apanage exclusif des adeptes de l’Islam.



Ainsi, d’un point de vue purement transcendant, voire d’un point de vue matériel et rationnel, il n’existe aucune preuve en faveur de l’inerrance biblique. Il est donc tout à fait envisageable que les Juifs et les chrétiens s’entendent à se tromper. Ils avaient déjà commis cette erreur de masse en refusant, pour les premiers, la prophétie de Jésus, et, pour les deux communautés, la prophétie de Mohammed.



Si cela est clair, les Évangiles canoniques font l’objet d’erreurs involontaires, car il est tout à fait imaginable qu’un petit nombre de rapporteurs soient sujet à l’erreur occasionnelle ou à l’oubli. La proportion d’erreur augmente à mesure que le témoignage d’un évènement est éloigné dans le temps de l’évènement en question. Les apôtres ne dépassaient pas le nombre de douze, et Dieu, contrairement aux Compagnons, ne leur a pas garanti l’infaillibilité dans la transmission de leurs témoignages. Il ne s’agit donc pas de remettre en question la sincérité des Apôtres, mais ils restent des êtres humains n’ayant pas le statut de prophète.



Il existe certes encore des copies originales aujourd’hui en possession d’une poignée d’hommes, ce que personne n’est en mesure de démentir. Néanmoins, les «*Septante disciples*», au même titre que n’importe quelle traduction, est sujet à d’innombrables inexactitudes. Le Christ parlait hébreux et la transcription de son discours dans une autre langue subit un certain nombre d’aléas à même de travestir sa volonté initiale. Les spécialistes objectifs remarquent aisément que le passage de l’hébreu à l’arabe est à maintes fois plus que passables, pour ce qui est des traductions contemporaines. Les transpositions supposées du NT dans soixante-douze langues furent éditées sur le modèle de quatre langues archétypes qui, elles-mêmes contiennent des passages aléatoires. On retrouvera forcément les mêmes interprétations erronées sur les copies traduites. L’erreur a donc eu lieu en amont.

Pour expliquer cette constante technique, prenons l’exemple de la biographie du Prophète écrite par ibn Hishâm. De part sa vulgarisation, il est impossible de changer un chapitre intégral, mais ici et là, des irrégularités se sont introduites dans le manuscrit initial. Ces irrégularités se répercuteront obligatoirement dans toutes les copies en circulation.



L’Évangile actuel n’échappe pas à cette réalité anthropologique. Les chrétiens ont pour ordre de s’y référer, car la Loi de Dieu est encore présente à l’intérieur de ses pages, sauf qu’elle est, certes très peu, altérée au niveau de la lettre, contrairement à l’exégèse biblique ayant radicalement déformé son esprit originelle. La Loi fut donc relativement conservée au niveau de la lettre. En revanche, les récits, qui sont moins protégés que la Loi, connaissent beaucoup plus de falsification textuelle. Les musulmans, toute proportion gardée, connaissent ce phénomène. Les traditionnistes sont intransigeants sur la retranscription des lois, mais ils sont beaucoup plus souples dans le domaine des récits historiques ou apologétiques incitant à la vertu. Il va sans dire que la législation occupe une place plus importante dans les sociétés que leur patrimoine historique.



Quand à la Thora, nous avons vu précédemment qu’elle fut malmenée à la suite de la première destruction du Temple. Il restait très peu d’exemplaires qu’un petit nombre avait dissimulés. Esdras aurait supervisé sa restauration grâce à des copies apportées de l’étranger. C’est le genre d’opération qui occasionne des inexactitudes, ne serait-ce qu’involontaires. Par la suite, Ptolémée II aurait initiée la Septante qui regroupa soixante-dix traducteurs parmi l’élite des rabbins. Dans l’hypothèse où elle soit vraie, cette initiative n’ajoute aucune crédibilité à l’AT, étant donné qu’elle ne fut pas menée sous la dictée d’un prophète jouissant de l’infaillibilité à la faveur de la Révélation. Au minimum, ce prophète aurait pu l’entériner, ce qui reste à prouver.



Il est donc réclamer aux gens de Livre de valider leurs écrits par un Prophète ou par une narration communément transmise. Ce qui leur fait cruellement défaut, surtout si l’on sait qu’Esdras n’était pas un inspiré de Dieu.



Les chrétiens pourraient avancer que le fils de Marie a validé la Thora. Ce à quoi nous répondons qu’il n’était déjà même pas en mesure de leur imposer de croire en lui et de lui obéir, alors comment aurait-il pu s’attacher à la réécriture du Pentateuque avec tous les exemplaires qui étaient entre les mains de ses contemporains*? Ces contemporains qui étaient près à faire couler son sang et à le mettre en croix, tellement il était impuissant face à leur rébellion. Il n’avait donc aucun moyen de réformer leurs écrits. Ce dernier se contenta d’entériner l’ensemble de la loi mosaïque, avec quelques abrogations et modifications qui restent, malgré tout, limitées. Cette loi mosaïque fut en partie travestie au niveau de l’esprit, à l’image de la lapidation que les juifs ont rejetée malgré qu’elle soit mentionnée noir sur blanc dans la Bible hébraïque.



Il existe une autre hypothèse selon laquelle la falsification partielle de la Bible eut lieu après l’avènement de l’Islam. Le nom de Mohammed notamment fut sciemment effacé des copies que les Juifs et les chrétiens avaient à disposition. Cela ne veut pas dire que tous les exemplaires sur la surface de la terre furent soumis à cette opération. Les nouvelles versions en partie travesties gagnèrent bientôt les rangs des deux communautés, et supplantèrent les copies originales pour devenir la norme. Nombreux sont les témoignages de musulmans qui eurent accès à ces originaux qui se faisaient de plus en plus rares. Ils remarquèrent très vite des variantes d’une version à une autre. Il est possible de le constater à notre époque en comparant les Thora juive, chrétienne et samaritaine qui décèlent des différences significatives entre elles.



L’Évangile loge à la même enseigne, tout comme les Psaumes qui dénotent des divergences encore plus substantielles d’une version à une autre. Nous ne parlons même pas des Livres historiques ou des prophètes. Cet état de fait ébranle le mythe de la version uniforme de la Bible. Les mêmes arguments que les pro-uniformités de la Bible utilisent pour éloigner l’hypothèse d’une quelconque altération se retournent contre eux. Car, ils démontrent en fait qu’il est impossible de le démontrer. Ils disent, en effet, qu’il est matériellement inconcevable que le Clergé et les rois s’entendent à falsifier toutes les copies existantes. Pour les placer face à leurs contradictions, il suffit de leur prouver que leur vision est encore plus invraisemblable. Eux qui prétendent que le Clergé et les rois auraient vérifié les traductions écrites dans soixante-douze langues en procédant à une comparaison entre toutes les copies existantes, pour arriver à la conclusion qu’elles sont uniformes. Il est donc plus invraisemblable de prétendre qu’elles sont uniformes que de prétendre qu’elles sont toutes falsifiées. Dans les deux cas, il est impossible de toutes les comparer. Dans l’hypothèse où il serait possible de les réunir de façon exhaustive, le cas échéant, il serait plus facile de les falsifier que de toutes les comparer. Il est plus facile de falsifier dix copies que de les vérifier une par une.



J’ai moi-même constaté des modifications énormes d’une Bible à une autre. J’ai eu sous la main plusieurs versions des Psaumes qui sont toute aussi différentes les unes que les autres. J’ai également pu lire plusieurs passages de la Thora utilisée par l’Église nestorienne et qui diffère de celles des autres confessions chrétiennes. Pourtant, [aux yeux d’Élie de Nisibe,][2] elle serait intacte et authentique, car communément transmise. Nous pouvons dire la même chose pour l’Évangile. Il est donc absurde de prétendre qu’il est désormais impossible de la modifier.



Il n’est déjà même pas possible de vérifier toutes les versions traduites juste en arabe, alors que dire du reste de la Septante*? Contrairement au Coran, il existe peu de candidats juifs pour mémoriser l’AT, et aucun chrétien ne peut se vanter de connaitre par cœur la Bible dans sa propre langue, alors que dire dans soixante-douze langues*! Et, en admettant qu’une poignée de chrétiens la contiennent effectivement dans le cœur, ce serait des cas rares, et donc, insuffisant pour la préserver des aléas.



Ainsi, la falsification a été possible avant qu’une même version se multiple, non après. Ensuite, cette même version est susceptible d’être manipulée à certains endroits, tout en gardant une ossature homogène. Ce cas de figure est tout à fait envisageable, et c’est même ce que nous constatons pour la Bible actuelle.



Je suis tombé sur une version des Psaumes dans laquelle le nom de Mohammed est explicitement cité, alors qu’après vérification, il est absent des autres versions. Il est donc tout à fait concevable que la description du Prophète (r) apparaissent uniquement dans certaines d’entre elles. Notre postulat de départ, selon lequel Mohammed est nommé dans la Bible est indéfectible, car c’est le Coran qui le dit. Nous avons déjà le v. 157 de la s. Les murailles, mais aussi*: [Et lorsque Jésus fils de Marie fit savoir à son peuple*: enfant d’Israël, Allah m’envoya vers vous en tant que Messager pour corroborer la Thora qui fut révélée avant moi, et pour annoncer la venue prochaine d’un Messager du nom d’Ahmed, mais dès lors qu’il leur présenta des preuves éclatantes, ils crièrent à la magie manifeste*!].[3]



À l’époque du Messager, il y avait de nombreuses versions de la Bible répandues un peu partout dans le monde. De deux choses l’une, soit des modifications ont été opérées sur seulement certains exemplaires, soit son nom est toujours présent dans toutes les versions existantes. Cette dernière hypothèse fut retenue par, notamment, de nombreux rabbins et prêtres convertis. Ces derniers se sont évertués à recenser tous les passages des annonces de Mohammed dans la Bible.



Dans tous les cas, personne n’est en mesure d’affirmer formellement le contraire après avoir vérifier toutes les versions en circulation. Une telle allégation est un pur mensonge, et son auteur est un vulgaire menteur, car il parle sans connaissance, affirme sans preuve, et prétend l’impossible*![4]



Le prochain chapitre sera consacrée à une étude de cas sur l’enfant-sacrifice pour mettre en exergue les révélations énoncées dans les deux premières parties, qu’Allah nous vienne en aide*!

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Par*: Karim Zentici

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[1] Majmû’ el Fatâwâ (4/110).

[2] Voir pour en savoir plus sur ce dernier*: https://www.academia.edu/37430770/Ib...qTxhO48F-CqEzo

Voir également*: https://www.jstor.org/stable/1595318...n_tab_contents

[3] Les rangs*; 6 « Aux yeux de certains spécialistes,*souligne ibn Taïmiya, Ahmed est à la forme superlative pour exprimer sa propension à louer Dieu au-delà de n’importe qui. Autrement dit, il serait le louangeur qui loue Dieu sans cesse. Cette définition serait synonyme du Paraclet évoqué dans l’Évangile de Jean, qui, selon une hypothèse signifie «*le grand loueur*». La plupart des chrétiens optent toutefois pour «*le sauveur*».*» Voir : El jawâb e-sahîh li man baddala din el Masîh (5/298).

[4] Voir : El jawâb e-sahîh li man baddala din el Masîh (3/5-52).






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