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09-10-2019, 10:47 AM   : 1
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Ultime preuve

Ultime preuve 1/2

Sil est encore besoin den ramener



*Il ne convient personne dinterprter les paroles dun auteur autrement qu laune de sa tendance notoire, sans ny dtecter seulement ce que celles-ci laissent entendre dans nimporte quel autre discours.*

Ibn Tamiya, majm el fatw (7/36).

* les grandes rfrences traditionalistes nont jamais impos personne ni forc suivre leurs opinions qui relevaient de leffort dinterprtation.*

Ibn Tamiya, el fatw el kubr (6/339).



Il est tonnant, sil est encore besoin de stonner, que des chercheurs trs srieux, dont on peut suspecter le manque dintelligence, arrive toujours se demander si rellement Shekh el Islm accorde des circonstances attnuantes el Bakr. Or, dans aucun passage son fameux El istightha, qui fut consacr en rfutation ce dernier, ibn Tamiya ne le bannit de la religion bien quil y vante les vertus du culte des saints.[1]



Au cours des lignes o il tale sa dmonstration, le doyen damascne procde un diagnostic : *La voie emprunte par cet homme et ses mules, est celle des innovateurs qui sont imprgns la fois dignorance et dinjustice. Dans un premier temps, ils innovent une chose allant lencontre des Textes du Coran, de la sunna, et du consensus. Ensuite, ils traitent dapostats tous ceux qui sopposent leur innovation. Quant aux traditionalistes, imprgns par la foi et la connaissance, ils sont motivs par la science, la justice, et la compassion lgard des autres. Ils connaissent la vrit qui leur permet de se conformer au Coran et la sunna et de les prserver de la bida, mais ils sont justes lencontre de leurs opposants et ils ne font nullement preuve dinjustice leur gard.*[2] Plus loin, il conclut quil ne lui rend pas la pareille, alors quel Bakr la kaffar ouvertement.[3]



Mieux, le sort quibn Tamiya rserve el Akhn, un autre contempteur acharn qui fut galement lobjet dun crit, est encore plus loquent. Tout au long de celui-ci, notre polmiste hanbalite dmontre que cet homme qui appelle au culte des saints marche sur les pas des paens et des chrtiens.[4] Et pourtant, ibn Tamiya, avec une lucidit hors du commun, tmoigne noir sur blanc quil ne jette pas lanathme sur lui*: *Malheureusement, constate-t-il, nombreux sont ceux qui, limage de notre dtracteur assimile mal ce point. Il nest donc pas le seul nourrir des amalgames, et, pour notre part, nous faisons preuve de justice son gard, et dimpartialit, en nous pliant ainsi aux injonctions du Trs-Haut qui nous enjoint lquit envers nos ennemis non musulmans, travers Sa Parole : [Vous croyants, faites rgner la vrit par devoir envers Dieu, et soyez impartiaux dans vos tmoignages*; et que la haine que vous prouvez envers un groupe ne vous pousse pas linjustice, alors soyez justes, et vous serez plus prompts la pit].[5]*Alors, nous devons nous montrer justes, fortiori, envers nos frres musulmans, car les croyants sont des frres. QuAllah lui pardonne, et quIl lui montre la voie, par un effet de Sa Grce, qui mne au succs, ainsi qu tous nos frres musulmans.*[6] Il ny a pas plus loquent en matire de magnanimit*!



Lhistoriographe Dhahab illustre cet esprit magnanime qui caractrisait son maitre ibn Tamiya en sappuyant sur une citation emprunte au thologien fondateur ponyme de la secte asharite. Daprs el Bahaq, jai entendu dire Ab Hzim el Abdaw, jai entendu dire Zhir ibn Ahmed e-Sarkhas*: peu avant de rendre lme, Ab el Hasan el Ashar que javais hberg sous mon toit, ma appel son chevet pour me tmoigner*: * Je tmoigne que je ne kaffar aucun adepte de la qibla, car, bien quils ont des mots diffrents pour le dcrire, tous adhrent au mme Dieu.*



Dhahab cautionne ses propos quil enregistre dans son encyclopdie avant de conclure*: *Je partage la mme conviction. À la fin de sa vie, ibn Tamiya, notre maitre disait*: *Je ne kaffar aucun membre de la communaut, conformment aux propos prophtiques*: *Seul le croyant prserve les ablutions.* Ainsi, en tant assidu la prire quon fait prcder des ablutions, on est un musulman.**[7]



Jamais ibn Tamiya ne se vengea sur ses dtracteurs, en sachant que le premier rflexe de la vengeance aurait t de les vouer son anathme*: *Je ne veux tirer vengeance de personne parmi ceux qui ont menti sur moi et qui mont fait subir une injustice. Je dcharge devant Dieu tout musulman mayant fait du mal. Je souhaite le bien tous mes frres, comme sil sagissait de ma propre personne.*[8] Il confessait galement : *Moi, je nai aucun ressentiment envers ceux qui sopposent moi, et qui outrepassent les limites dAllah en me taxant de mcrant ou de pervers*; qui calomnient mon encontre, ou encore qui font preuve avec moi de chauvinisme paen. Je ne dpasse pas les limites dAllah avec eux, mais je mesure mes paroles et mes gestes, et je les juge daprs la balance de la justice (incarne par le Coran ndt.) La raison, cest que la meilleure raction envers quelquun qui a dsobi Allah avec toi, cest dobir Allah avec lui.*[9]



On pourrait toujours avancer, si on veut chercher loin largument draisonn, que cette clmence dont fait preuve notre encyclopdiste, ne stend pas aux mules del Akhn qui lont fait croupir derrire les verrous de la grande citadelle de Damas. Cette-fois, il nen ressortira pas, et, alors quon lui avait enlev ses outils dcriture, il se contenta de morceaux de charbon pour exprimer son ressenti dans les courriers quil adressait ses partisans. En voici deux exemples quil composa quelques mois avant sa mort, et dans lesquels, enfin en conclusion du second, il accorde des circonstances attnuantes ses ennemis qui ont, malgr tout, mis en uvre tous les moyens dont ils avaient disposition quitte passer par des prcds malhonntes, pour le nuire, voire attenter sa vie.



À suivre

*********************

Par*: Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/




[1] Voir*: el istightha f e-radd al el Bakr (1/362, 388).

[2] E-radd al el Bakr (2/487-490).

Ailleurs, il explique*: *Les kharijites kaffar la jama (les traditionalistes ou les musulmans, ou peut-tre les Compagnons ndt.), comme les muatazilites et les rfidhites kaffar leurs opposants*: au meilleur des cas, ils les considrent comme des pervers (tafsq). Ainsi, les gens des passions innovent une tendance et vouent lapostasie tous ceux qui sy opposent. Quant aux traditionalistes, ils suivent la vrit de leur Seigneur qui leur est venu du Messager (r). Ils ne kaffar par leurs opposants*; ils sont les plus savants des hommes, et les plus clments envers les hommes.* Minhj e-sunna (5/158).

[3] E-radd al el Bakr (2/494).

[4] Voir*: el akhniya p. 111, 170, 206, 211-214, 242, 282-283, 287, 380, 385-389, 391-393, 399, 400, 402, 435-436, 454, 460, 462, 465-469, 471-480.

[5] *Le repas cleste*; 8

[6] Voir*: el akhniya p. 242.

[7] Voir*: siar alm e-nubal*(15/88).

Llve dibn Tamiya suggre donc que son maitre aurait revu la baisse certaines positions intransigeantes qui touchent au takfr, bien quen ralit, ce point mrite des recherches plus approfondies.

Ailleurs, Dhahab nous dpeint la mthodologie dibn Tamiya dans le domaine pineux de lanathmisation des membres affilis lIslam*: *Il tait enclin trouver des circonstances attnuantes aux hommes, prcise-t-il. Il ne taxait personne de mcrant sans navoir en mains les preuves lgales justifiant sa position. Il se contentait de juger quune telle opinion relevait de la mcrance et de lgarement, mais quelle provenait dun individu coupable dignorance la suite dun effort dinterprtation. Son ignorance joue en sa faveur dans la mesure o la preuve cleste nest pas tablie contre lui. Il est possible quil ait revu ses positions ou quil sen soit tout simplement repenti. Il avait pour principe de dire quon ne retire pas une foi avre avec certitude en se basant sur autre chose que la certitude. Bien sr, son discours ne sadresse pas celui qui renie et qui se dtourne de la vrit quil a assimile. Ce dernier est un vulgaire mcrant limage de Satan le maudit. Sinon, en rgle gnrale, personne nest labri de lerreur aussi bien dans les fondements que les branches subsidiaires de la religion.*

Voir*: takmila el jmi li srat ibn Tamiya de Al Imrn (p. 49).

[8]Majm el fatw (28/55) dibn Tamiya.

[9]Majm el fatw (1/14-15). Ce dernier se base sur lannale de Sad ibn el Musayib, selon lequel Omar (t) a dit*: *La meilleure raction envers quelquun qui a dsobi Allah avec toi, cest dobir Allah avec lui.* Rapport par el Bahaq dans el jmi fshuab el mn (12/310-311).






 
09-11-2019, 10:36 AM   : 2
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: Ultime preuve

Ultime preuve 2/2

Sil est encore besoin den ramener



Au Nom dAllah, le Trs-Misricordieux, le Tout-Misricordieux*!



Salm alekom wa rahmat Allah wa baraktuh (que le salut dAllah soit sur vous ainsi que Sa Misricorde et Sa Bndiction)*! Nous exprimons notre reconnaissance envers Dieu que Nous louons pour avoir dvers sur nous Sa Grce profusion*; Sa Grce quIl nous gratifie jour aprs jour et chaque fois avec une intensit plus grande. À travers celle-ci, Il met tous les moyens en uvre pour assurer le triomphe de Sa religion. Ce bienfait, lui tout seul, est sans limite*: [Il est Celui qui envoya Son Messager porteur, la lumire dune voie clatante, de la religion de vrit afin quIl la fasse triompher sur les fausses religions, et Lui-mme suffit pour en tmoigner].[1] *Satan employa ses suppts la corruption de la Rvlation en vertu de laquelle les prophtes furent envoys sur terre porteurs des Livres sacrs pour appuyer leur ministre.



Cest par une loi universelle que pour la dfense de Sa Loi, Dieu met sur son chemin des opposants dans le but de mieux faire reluire Ses Paroles qui font clater la vrit sinsurgeant contre le faux quelle fustige, car il tait vou disparaitre. Le parti de Satan ne svertue pas simplement contrer la lgislation mohammadienne, mais il sattaque imptueusement la toute la prophtie ayant pour dfenseurs des personnages illustres tels quIbrahim, Moussa, le Messie, et Mohammed le sceau qui vient la clore, que Dieu prie sur eux tous*!



Ces mystificateurs nourrissaient lespoir dendiguer toute production intellectuelle au service du Parti de Dieu et de Son Messager. La rponse el Akhn leur resta en travers de la gorge. Ils se mirent alors gigoter dans tous les sens pour la mettre en lumire. Le Trs-Haut faisait deux des instruments au service de la vrit, malgr tous les stratagmes inimaginables quils mettaient en place pour lteindre. Ils se mirent le scruter avec un soin mticuleux en vue dy dceler une faille qui intercderait en leur faveur, sauf que, penauds, ils ne trouvrent rien dautre que des lments qui, en dfinitive, se retournaient contre eux. Leur tentative dsespre trahissait leur ignorance, leur malhonntet, mais surtout leur incomptence. Ils devinrent ainsi les meilleurs ambassadeurs de nos ides qui se rpandirent travers tout lEmpire une vitesse prodigieuse. Ils montraient ainsi la Toute-puissance du Seigneur des cieux et de la terre, dont la ruse na pas dquivalent, et sans laide de qui une telle opportunit ne se serait jamais prsente.



Ces affabulateurs ne russirent dgotter aucune entorse aux enseignements des textes scripturaires. La seule chose quils se mirent sous la dent, cest que nos ides contrevenaient un dcret rdig par des tres humains, qui, qui quils soient et aussi honorables soient-ils, ne jouissent pas de la prrogative dimposer, ou ne serait-ce que de suggrer titre indicatif daller lencontre des lois divines, et cela, lunanimit des musulmans.



Aux yeux dun de mes inquisiteurs, mon crime est de propager lhrsie, mais tout homme sens remarque facilement linconsistance dune telle accusation. Nos contempteurs ne font quinverser les rles, puisque, jusqu preuve du contraire, lhrsie nait soit dun manque de connaissance de la tradition prophtique soit dune volont de dfendre ses passions, quitte aller son encontre. L, il se moque de la charit, puisque cest lui lignare et cest lui qui est mue par les passions infondes*: [Y a-t-il plus grand garement que de laisser libre court ses passions sans sappuyer sur la moindre preuve venant de Dieu*?][2] Ce type dindividus est sans commune mesure avec quelquun dexpert en matire de tradition prophtique, et qui, intgre, ne cde pas ses passions ni ses intrts personnels*: [Puis, Nous tavons prescrit une loi qui procde de Notre Ordre, alors applique-toi la suivre, et tiens-toi loigner des passions de ceux qui ne savent pas Car ils ne te seront daucun secours contre Dieu, et si les injustes sont allis les uns les autres, Dieu est lalli des croyants craignant Dieu].[3]



Cette affaire gravissime revt une importance capitale, et vous aurez bien le temps de lapprendre. Fin de citation.



Malheureusement, certains passages de cette lettre, qui ont t effacs par la vicissitude du temps, sont illisibles. On y comprend en partie, malgr tout, que ses inquisiteurs rclamrent de fournir au tribunal un exemplaire entier del akhnya, alors quils avaient sous la main des ouvrages de laccus bien plus difiants, bien plus instructifs, bien plus mme de dmolir leur credo, et de mettre mal leurs intrts tels quel zamalkaniya. Ce dernier crit tablit en cinquante points que le dcret inique dont le Shekh fut lobjet va lencontre du consensus des musulmans. Si seulement ses inquisiteurs avaient conscience des implications de leurs discours, et quils allaient en tout me et conscience en contre-courant des enseignements divins, alors ils seraient jugs apostats. Nanmoins, de part leur ignorance, note le Shekh en substance, ils se sont aventurs dans un domaine qui les dpasse si tant est quils imaginaient mal que le Sultan prenne une position diffrente de la-leur, et croyez-moi, les dessous de cette affaire sont bien plus obscurs que vous ne le pensez. Quand nous, que Dieu soit lou, nous vouons un combat extraordinaire sur le sentier de la vrit.



Un peu plus loin, le Shekh conclut*:



Notre djihad aujourdhui est de mme envergure que celui entreprit contre les armes turco-mongoles commandes par Kzn, que lexpdition contre le repaire alaouite, et les rfutations lencontre des hrtiques en tout genre, comme les jahmites, les monistes-panthistes, etc. Je suis combl par Dieu qui rpand sur moi et sur toutes Ses cratures Ses bienfaits incommensurables, sauf que la plupart des hommes ont un voile sur les yeux*!



Voici un autre courrier manant du Shekh*:



Nous exprimons notre reconnaissance envers Dieu que Nous louons pour avoir dvers sur nous Sa Grce profusion*; Sa Grce quIl nous gratifie jour aprs jour et chaque fois davantage. Je le loue notamment pour la divulgation de mes ouvrages qui constitue un bienfait incommensurable. Cela me tenait vraiment cur quils soient divulgus, ne serait-ce quen partie, afin que vous les ayez votre disposition. Mes inquisiteurs furent trs contraris par la mise en circulation del akhnya (crit derrire les barreaux, ndt.). Allah les a utiliss comme instrument afin que tous mes livres soient accessibles, mme chez mes dtracteurs qui, devant le fait accompli, navaient dautres choix que de les feuilleter, ne serait-ce que pour y trouver une faille. Ils eurent sous les yeux, les vritables enseignements prophtiques qui, la lumire dune voie clatante, vhiculent la religion de vrit rvle par Dieu Son Messager.



Nombreux sont les musulmans qui navaient pas accs ces enseignements, et loccasion inespre se prsenta pour les exposer au grand jour de manire ce que lhomme sincre soit guid vers la vrit. Quand lhomme malintentionn, il naura plus aucune excuse devant Dieu puisque la vrit lui fut montre sous les yeux, et dans ces conditions, il ne peut tre que vouer lopprobre et lavilissement.



Mes crits sur ce thme nchappent plus personne, pas mme mes ennemis, et les feuilles qui contenaient les rponses qui vous taient adresses furent laves (sic), tandis que moi, je restais optimiste. Mes yeux furent contents comme ils ne lavaient jamais t auparavant. Je remercie Dieu pour les bienfaits innombrables quIl me prodigue chaque instant, et je le loue pour ces largesses immenses, si pures et si bnies*!



Puis, le Shekh poursuit en disant, entre autres*:



Tout destin quAllah prescrit revt un grand bien et une grande misricorde couple dune grande sagesse*: [Allah tend Sa bienveillance sur les cratures de Son choix, car Il est un Dieu Sage et Omniscient].[4] Il est un Dieu Fort et Tout-Puissant. Tout individu ne doit le mal qui latteint qu ses pchs*: [Le bien dont tu es combl procde dAllah, mais le mal qui te frappe procde de toi].[5]

Il ne reste lindividu qu remercier Dieu et le louer quoi quil arrive, et surtout, il doit faire pnitence de ses pchs. La reconnaissance envers le Trs-Haut est porteuse de la grce, et la pnitence loigne le malheur, en sachant que tout destin prescrit par Dieu au croyant est un bien*: *La vie du croyant est vraiment tonnante*; quoi quil puisse lui arriver, cest un bien pour lui, et personne dautre que lui ne jouit de ce privilge. Dans la joie, il est reconnaissant, et cest un bien pour lui, et dans la peine, il est patient, et cest un bien pour lui.*[6] Fin de citation.

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Par*: Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/




[1] La grande conqute*; 28

[2] Les rcits*; 50

[3] La nation agenouille*; 18-19

[4] Joseph ; 100

[5] Les femmes*; 79

[6] Hadth rapport par Muslim (n 2999).






 

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