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09-19-2018, 03:34 AM   : 1
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Le takfr, le tafsq, et le tabd' Version rsume


Le takfr, le tafsq, et le tabd'

Version rsume

(Partie 1)



Louange Allah, le Seigneur de lUnivers ! Que les Prires dAllah et Son Salut soient sur notre Prophte Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons*!



Introduction



Ce nest pas le genre de questions (celle selon laquelle les mcrants verront ou non Leur Seigneur le Jour de la rsurrection ndt.) qui, ma connaissance, a engendr la sparation et lexclusion entre ceux qui sy initirent. La plupart comptaient, en effet, dans les rangs des traditionalistes LImm Ahmed avait des discussions houleuses sur le fait daffirmer de faon formelle que les *dix promis* taient au Paradis. Lui, et tant dautres pensaient que ctait effectivement le cas, mais, jamais, ils ne mirent en quarantaine quelquun de la partie adversaire dans cette question.[1]



Les dangers du tabd



Un article prcdent mettait en lumire les dangers du takfr (taxer quelquun de mcrant), il serait bien ici de faire la mme chose, mais en plus rsum, avec la question du tabd (taxer quelquun dinnovateur). Il est, en effet, extrmement grave de sortir les gens du giron de la sunna.[2] LImam e-Drim nous dcrit ce symptme en ces termes*: *Linnovation est un domaine extrmement grave. Tout individu y tant affili prend une mauvaise place au milieu des musulmans. Évitez donc de vous prcipiter taxer quelquun dinnovateur, mais prenez le temps de vrifier, et de vous enqurir que le discours de lune des deux parties en dispute soit conforme ou non la vrit.

Comment pouvez-vous faire des conclusions htives sur un groupe sans savoir sil a raison ou non, et sans ntre en mesure, du point de vue de votre cole, de dire lune des deux parties quelle sest trompe, et que la vrit se trouve ailleurs*!



Il est vraiment aberrant et inculte de pointer du doigt un groupe tout en tant incapable dtre formel sur la teneur de ses propos, et sans ntre labri au mme moment, du point de vue de son cole, que lune des deux parties soit conforme la vrit et la sunna. Comment peut-on alors la taxer de mubtadi sans ntre labri dinverser les valeurs ni distinguer entre le vrai et le faux, et de, tout bonnement, condamner sans sen rendre compte, une sunna. Cette approche est plus que tnbreuse, et il serait trs prilleux de minimiser un tel niveau dignorance.*[3]



En outre, bon nombre de gens qui parlent des sectes fondent leur jugement sur des suspicions et sur les passions. Ils mettent dans le camp des traditionalistes leur groupe et leur meneur auxquels ils saffilient et vouent leur alliance. Dans le camp des innovateurs, ils comptent tous leurs adversaires. Il est clair que cette approche est tnbreuse. Les traditionalistes, en effet, nont aucun meneur en dehors du Messager dAllah (r)*; celui-l mme qui ne parle pas sous leffet des passions, mais qui est inspir par la Rvlation. Il incombe de croire tous ses enseignements et dobir tous ses commandements. Aucun Imam aprs lui ne jouit de ce statut. *Tous les hommes en dehors du Prophte (r) ont des paroles quil est possible de prendre ou de rejeter.*







[Les traditionalistes] nont dautre meneur que le Messager dAllah (r) quils suivent aveuglment. Eux, qui connaissent mieux que quiconque ses paroles et ses faits et gestes. Ils sont le plus mme de faire le tri entre les hadth faibles et authentiques. Leurs grandes rfrences pntrent la sunna sur le bout des doigts*; lgistes incontestables, ils en connaissent lexplication*; ils en sont les plus fidles dans les actes, en y donnant foi, et en fondant dessus leur sentiment dalliance (lamour et la haine en Dieu).[4]



Les traditionalistes sont ceux qui suivent le Coran, la sunna, et le consensus des anciens



Ibn Tamiya dfinit les traditionalistes comme suit : *Ils reprsentent ceux qui sattachent au Livre dAllah, la Tradition de Son Messager (r), au consensus des premiers et devanciers parmi les Émigrs mecquois, les Auxiliaires mdinois, et leurs fidles successeurs.*[5]

Le signe distinctif des traditionalistes, cest de prendre les textes et le consensus en rfrence.[6] Ces derniers suivent fidlement les pieux Prdcesseurs ne se prononcent sur aucune chose relevant du domaine de la religion sans sinspirer du Messager (r)*; soit, conformment aux enseignements du Coran et de la sunna. Quant aux innovateurs, ils ne sinspirent ni du Coran ni de la sunna et ni des annales remontant aux pieux Prdcesseurs. Ils se tournent plutt vers la pense, la langue, et la philosophie.[7]



Quest-ce que linnovation*?



Shekh el Islam ibn Tamiya tablit : *La bida (linnovation ndt.)[8] par laquelle nous pouvons considrer que son auteur est un mubtadi (innovateur ndt.) correspond toute initiative connue chez les savants traditionalistes pour tre contraire au Coran et la sunna lexemple de la bida des kharijites, des rfidhites, des qadarites, et des murjites.*[9]



Linnovation incarne*: *tout ce qui va lencontre du Coran, de la sunna, et du consensus des anciens dans le domaine de la croyance ou de ladoration.*[10] Ou, en dautres termes*: *tout ce quAllah na pas lgifr dans le domaine de la religion Toute action que lon prend pour religion, et quAllah na pas lgifr relve de linnovation, quand bien mme celle-ci serait motive par une mauvaise interprtation.*[11]



En allant lencontre du Coran, de la sunna, et du consensus, dans des questions o la divergence nest pas tolrable et o leur auteur nest pas excusable, on devient un innovateur



*Quiconque va lencontre du Coran clair, de la sunna rpandue, ou du consensus des anciens de la communaut, de sorte quil ne soit pas excusable, sera trait comme un innovateur.*[12]



Ainsi, linnovateur est celui qui est connu pour tre des gens des passions et de linnovation, quand bien mme son erreur serait pardonnable et quil ne mriterait aucune punition. Il reste, malgr tout, un gar anim par ses passions. Il est capable de dlaisser la vrit qui va leur encontre. Il est possible au mme moment quil ne sache pas quil soppose au Messager (r), mais il nen dcle pas moins de lhypocrisie et de linnovation qui sera fonction de son degr daffront envers Allah et Son Messager,[13] et de son loignement du Coran et de la sunna.[14]



En outre, il se caractrise pour suivre quelquun dautre que le Messager dAllah (r), parmi ses pres et ses anctres, et envers qui il fonde ses sentiments damour et de haine*; il aime tous ceux qui sont en accord avec lui, et dteste tous ceux qui sont en dsaccord avec lui.[15] Il nest pas enclin se cramponner au Coran, la sunna, et au consensus.[16] Les innovateurs ne rapportent pas leurs litiges aux textes scripturaires de lIslam*; ils sont dchirs par des conflits qui sont souvent verbaux, mais qui peuvent aussi tre physiques.[17] Leur signe distinctif est de dlaisser le chemin des anciens.[18] Ils ne suivent que des conjectures et leurs passions,[19] et, surtout, ils ne prennent pas en rfrence les textes et le consensus des anciens.[20]



En outre, quand on parle de consensus, on fait allusion, plus infaillible, celui des anciens,[21] conformment au hadth*: *Je vous recommande de craindre Allah (U), dcouter et dobir au gouverneur, mme sil est esclave [abyssin]. Celui qui vivra parmi vous assistera de nombreuses divergences. Accrochez-vous donc ma tradition et celle des nobles khalifes bien guids. Tenez-la bien et prenez-la fermement par les molaires. Et mfiez-vous des choses nouvelles, car toute nouveaut est innovation et toute innovation est garement.* E-Tirmidh a fait ensuite le commentaire suivant*: *Ce hadth est bon et authentique.*[22]

*

Ce principe fut tabli par lImm Ahmed,[23] et recens par les grandes rfrences traditionalistes aprs lui, limage del Barbahr.[24]



Exemples de questions qui font sortir de la sunna



La panoplie est vaste, elle stend sur tous les domaines de la religion*: renier les Noms et Attributs divins, le destin, lexcs dans la religion, la rvolte contre les autorits en place, passer ses mains sur ses chaussures au cours des ablutions, etc.[25]



Certains anciens, linstar de Sufiyn ibn Uayna,[26] et Al el Madn, [27] dressaient leur propre liste de questions incontournables. Ibn Qutaba souligne que les anciens vouaient linnovation et lexclusion tous ceux qui contrevenaient ces questions fondamentales.[28]



Exemples de questions qui ne font pas sortir de la sunna



LImm Ahmed fut interrog au sujet dun homme qui classait les quatre khalifes, selon lordre de prfrence de la faon suivante*: Ab Bakr, Omar, Al, Uthmn. Voici quelle fut sa rponse*: *Cette parole ne me plait pas*!

Est-ce quon peut dire que son auteur est un innovateur, insista-t-on*?
Japprhende de le considrer comme un innovateur ayant commis une innovation grave.
Daccord. Et celui qui dit Ab Bakr, Omar, Al sans naller plus loin, et sans faire de prfrence pour aucun dentre eux.
Cette parole ne me plait pas non plus*!
Est-ce quon peut dire quil est un innovateur*?
Cette parole ne me plait pas.*[29]


Ibn Tamiya explique*que la question de savoir qui est le meilleur entre Uthmn et Al nentre pas, aux yeux de la majorit des traditionalistes, dans les questions fondamentales qui vouent lgarement tout rfractaire*; et cela, contrairement lordre du Khalifat.[30]



Ab el Qsim e-Tam corrobore ce principe*: *selon certains savants, les questions subsidiaires de la religion qui relve de leffort dinterprtation ne condamnent pas leur auteur linnovation ni au blme.*[31]



Shtib fait remarquer cette distinction dans les questions du tabd entre les rgles et les questions fondamentales (asl kulli) et les questions subsidiaires (juz- min el juz-iyt). Il explique notamment que les divergences qui eurent lieu entre les Compagnons relevaient exclusivement du domaine de lijtihd.[32] Plus loin, il prcise quen multipliant les erreurs dans les questions subsidiaires la manire des hrtiques, on est autant blmable que celles commises dans les questions fondamentales.[33]



Juste avant cela, il parle du hadth*: *Quant cette communaut, elle va se diviser en soixante-treize sectes*; toutes sont voues lEnfer lexception dune seule.

Laquelle Messager dAllah, demandrent les Compagnons*?
Cest la voie sur laquelle nous sommes mes Compagnons et moi.** Rapport par e-Tirmidh.[34]


Il explique ensuite que la division en question ne concerne pas les questions subsidiaires lunanimit des savants.[35]



À suivre



Par*: Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/




[1] Voir*: Jmi e-rasil dibn Tamiya avec la recension de Fawz Ahmed Zamral (2/101-102).

[2] E-sunna del Khalll (2/373).

[3] E-radd al el jahmiya (p. 193).

[4] Majm el Fatw (3/346-347).

[5] Majm el fatw (2/375)*; voir*chez des rfrences plus anciennes*: el hujja f bayn el mahajja de Qawwm e-sunna (2/410).

[6] Majm el Fatw (3/346-347).

[7] Cet extrait est retranscrit en rsum*: voir notamment*: muwafaqat sarh el maql li sarh el manql en annotation manhj e-sunna (1/222).

[8] Shekh Ibrahim *e-Ruhal a retenu la dfinition suivante de linnovation*: cest toute voie invente dans la religion qui vient sopposer la Lgislation avec lintention pour celui qui lemprunte d'amplifier ladoration dAllah.

[9] Majm el fatw (35/414).

[10] Majm el fatw (414/35).

[11] El istiqma (1/42).

[12] Majm el fatw (24/172).

[13] Majm el fatw (13/63).

[14] Majm el fatw (12/464).

[15] Majm el fatw (3/346-347).

[16] Majm el fatw (12/465).

[17] Majm el fatw (17/311-313).

[18] Majm el fatw (4/155).

[19] Majm el fatw (10/370-371).

[20] Majm el fatw (13/62-63).

[21] Majm el fatw (3/157).

[22] Rapport par Ab Dwd* (4607), ibn Mja (42, 43), e-Tirmidh (2676), et Ahmed dans son musnad (17145)*; Shekh el Albn la authentifi dans sa recension de sunan ab Dwd, ainsi quibn Tamiya dans Majm el fatw (18/190).

[23] Voir*: usl e-sunna de lImm Ahmed,

[24] Sharh e-sunna del Barbahr (p. 59).

[25] Majm el fatw (28/105-106).

[26] Sharh usl itiqd ahl e-sunna de-Lalak (2/174).

[27] Sharh usl itiqd ahl e-sunna de-Lalak (2/185).

[28] Ta-wl mukhtalaf el hadth (p. 64).

[29] E-sunna del Khalll (1/378).

[30] Majm el fatw (3/153).

[31] El hujja f bayn el mahajja (2/411).

[32] El itism (2/177-178).

[33] El itism (2/201).

[34] Rapport par e-Tirmidh (2641) qui a fait le commentaire suivant*: *Ce hadth est bon et singulier.**; un autre hadth-tmoin vient le renforcer*; il est rapport par Muwiya chez Ahmed (16937), et Ab Dwd*(4597), avec une chaine narrative juge bonne ; il est rapport galement par Anas ibn Mlik chez ibn Mja (3993), avec une chaine narrative juge potable*; il est enfin rapport par Awf ibn Mlik chez ibn Mja (3992)*; ainsi, en regard de toutes ses chaines narratives, il est considr authentique.

[35] El itism (2/161-162).






 
09-20-2018, 02:05 PM   : 2
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: Le takfr, le tafsq, et le tabd' Version rsume




Le takfr, le tafsq, et le tabd'

Version rsume

(Partie 2)



Iqma el hujja dans les questions du tabd*: des traditionalistes peuvent sombrer dans linnovation, mais cela ne fait pas forcment deux des innovateurs, tant quils ne fondent pas dessus leurs sentiments damour et de haine



*Si ce genre dindividus ne fondent pas partir de leur innovation une tendance avec laquelle ils se sparent de lunion des musulmans et sur laquelle ils fondent leur alliance (lamour et la haine en Dieu), celle-ci sera mise au compte de la simple erreur. En sachant quAllah (I) pardonne ce genre derreur aux croyants. Ce fut le cas de bon nombre de grandes rfrences parmi les anciens, qui, suite un effort dinterprtation, furent les auteurs dopinion qui allaient lencontre du Coran et de la sunna. Ils taient diffrents de ceux qui fondaient dessus leur alliance et qui divisaient les rangs des musulmans*; ces derniers taxaient de mcrants ou de pervers tous ceux qui nallaient pas dans leur sens, et pargnaient tous ceux qui les rejoignaient dans leurs ides et leurs efforts dinterprtation. Ils autorisaient moralement le sang de leurs adversaires, et ne touchaient pas ceux qui saccordaient avec eux. Ces gens-l sont les adeptes de la division et de la divergence.*[1]



Contre ces derniers, il est indispensable dtablir la preuve cleste



L o nous voulons en venir, cest que linnovation, et, en gnral, tout ce qui soppose au Coran et la sunna peut provenir dun individu qui est excusable, soit pour avoir fait un effort dinterprtation soit pour avoir suivi quelquun dautre (taqld) dans les limites excusables. Il est possible galement quil nait pas les moyens de parvenir la vrit.[2]



Shekh el Islam ibn Tamiya tablit que les Textes divins concernant le mauvais devenir de lhomme (wad) et les paroles provenant des grandes rfrences de la religion sur les questions du takfr (taxer quelquun dapostat), du tafsq (taxer quelquun de pervers), et autres, nimpliquent pas quils faillent les appliquer une personne en particulier sauf si celle-ci rpond aux conditions pour le faire et si toute restriction en est exclue.[3]



**Il ny a pas de diffrence en cela entre les questions fondamentales et les questions subsidiaires de la religion, pour ce qui est du chtiment divin dans lau-del. Tout individu passible de la menace divine (chtiment, maldiction, courroux) quelle soit perptuelle ou non, ou portant des noms (ism) qui sy rattachent comme mcrant (pour le takfr) et pervers (pour le tafsq). Nous pouvons faire entrer dans cette rgle indistinctement les innovations (quelles soient dogmatiques ou rituelles) qui touchent la religion, ou les actes de dbauche qui touchent la vie profane, et auxquels on donne le nom de perversit corporelle.



Quant aux diffrents statuts terrestres (hukm), nous pouvons dire la mme chose. Autrement dit, le djihad lanc contre les mcrants doit tre prcd de la prdication. Le chtiment sapplique uniquement, en effet, celui qui a reu la preuve cleste. Nous pouvons dire la mme chose pour les punitions des pervers, soit quelle na pas lieu avant davoir tabli contre eux la preuve cleste.*[4]



*Quiconque soppose aux enseignements tablis par le Coran et la sunna devient soit un mcrant, soit un pervers, soit, un dsobissant, sauf si cest un croyant stant tromp suite un effort dinterprtation. Il a droit une rcompense pour son effort, et son erreur lui est pardonne. Il a droit la mme excuse sil na pas reu le savoir ncessaire ayant pour fonction dtablir la preuve cleste contre lui. Allah rvle en effet*: [Nous nallions chtier personne avant denvoyer un messager].[5] Cependant, si la preuve cleste manant des textes du Coran et de la sunna est tablie contre lui, et quil sy oppose ensuite, il devra recevoir la punition correspondante son cas, et pouvant aller jusqu la mise mort.*[6]



Exemple diqma el hujja dans les questions du tabd



On fit savoir lImm Ahmed*: *Un homme qui retranscrit le hadth est lauteur des paroles*: *Quiconque affirme de faon formelle que les *dix promis* sont au Paradis est un innovateur.* LImam napprcia pas ses paroles, et le fit savoir en disant*: *Cest srement un ignorant qui ne sait pas de quoi il parle.*[7]



Il fut galement interrog au sujet dun homme qui ne reconnaissait pas le khalifat dAl. Voici quelle fut sa rponse*: *Cest une trs mauvaise parole*!

Ahmed ibn Hasan rapporte une version plus longue de cette conversation, et dans laquelle selon Bakr, selon pre, on demanda ensuite lImam*: *Est-ce quil compte parmi les traditionalistes*?

Je ne mavance pas lexclure du traditionalisme, car il fut srement motiv par une erreur dinterprtation.*[8]


Ahmed ibn Mun el Baghaw affirme pour sa part*: Celui qui prtend que le Coran est cr est un jahm, et celui qui ne se prononce pas sur le sujet parmi ceux qui ne comprennent rien (marchands, femmes, enfants), nous ne disons rien sur eux, et nous les instruisons sur la chose.*[9]



Comment se comporter avec un traditionaliste qui commet une erreur*?



Shekh el Islam ibn Tamiya a dit*: *Si lun deux fait une mauvaise interprtation qui somme toute est plausible, il nest pas permis de lvoquer en mal ni de le critiquer*; si lon sait quAllah lui a pardonn sa faute. Il incombe mme au regard de la foi et de la pit quil renferme, de laimer et de sallier lui. Il faut remplir le devoir quAllah a impos envers lui, qui consiste lvoquer en bien, invoquer le pardon en sa faveur, etc.*[10]



*Parmi les lments en relation avec ce point*: nous devons savoir quun grand homme au niveau du savoir et de la pit, parmi les Compagnons, leurs successeurs, et tous ceux qui viendront aprs eux jusqu la fin du monde, quils soient dahl el Bat ou non, peut trs bien faire un effort dinterprtation bas sur des conjectures, voire des passions subtiles qui auront de mauvaises consquences. Il ne convient pas de le suivre dans son erreur, bien quau mme moment, il compte parmi les pieux et les lus de Dieu.

Malheureusement, ce genre derreur perturbe deux catgories dindividus*:

Ceux qui lencensent, et qui veulent absolument lui donner raison et le suivre dans son erreur.
Ceux qui le condamnent et qui remettent en question, cause de cette erreur, sa pit et son statut de wali. Ils font jusqu douter de sa crdibilit et quil soit des habitants du Paradis.
Or, ces deux voies opposes sont aussi gares lune que lautre.

Les gens des passions parmi les kharijites et les rafidhites, notamment, se sont gars par cette porte. Quant aux traditionalistes qui suivent la voie de la modration, ils encensent tous ceux qui le mritent*; ils les aiment et les prennent pour allis, tout en gardant la vrit entre les yeux. Ils encensent la vrit et sont clments envers les hommes. Ils savent pertinemment quun mme homme peut avoir des bons et des mauvais cts (rcompenses/pchs)*; il est louable dun ct, et blmable dun autre ct*; il mrite une rcompense dun ct et est passible du chtiment dun autre ct*; on laime dun ct et on le dteste dun autre ct. Cette tendance est celle des traditionalistes, et soppose notamment aux kharijites et aux mutazilites.*[11]



Exemples deffort dinterprtation excusable



LImm ibn Khuzama remettait en question le hadth disant quAllah avait cr Adam Son Image. Selon lui, en allant ainsi lencontre du consensus des savants comme le stipule ibn Tamiya,[12] limage revenait Adam. Cest exactement ce genre dinterprtation que lImam Ahmed attribuait aux jahmites.[13]



Pour sa dfense, e-Dhahab met en avant*: *Ibn Khuzama tient une grande place dans nos curs. Nous les vouons un grand respect en raison de son savoir et de sa religiosit. Il tait fidle la sunna. Dans son ouvrage e-tawhd, pais dun seul volume bien fourni, il interprte le hadth de *lImage*. Or, en rgle gnrale, en interprtant certains Attributs, on est excusable.



Quant aux anciens, ils nont jamais eu recours linterprtation des textes (ta-wl) Nanmoins, si chaque erreur qui rsulte dun effort dinterprtation et venant dun savant connu pour sa bonne croyance et sa soumission la vrit, nous devions le dtruire et le taxer dinnovateur, il y aurait trs peu dimam qui* chapperait notre courroux.*[14]



Le grand Mohammed el Karkh, son tour, voyait quaprs les questions de la tombe, le mort navait plus aucune sensation dans lentre-deux monde (barzakh), et ne subissait donc aucun chtiment. Ibn Tamiya fait remarquer quil tait le seul parmi les grandes rfrences avoir fait cette interprtation qui allait lencontre de la grande majorit des anciens. Malgr cela, il gardait son rang dImam dans le sens o son erreur navait aucune consquence sur sa crdibilit.[15]



Notons enfin quaux yeux dibn Tamiya, lerreur dun Imam qui se noie dans locan de ses bonnes uvres ne justifie pas quon limite sur son opinion. Ce dernier avait au moins lexcuse de ne pas connaitre la question dans tous ces dtails, ce qui nest pas le cas de beaucoup de gens qui sont venus aprs lui. Ainsi, si on offre la Mre des croyants lexcuse de contester que les morts puissent entendre dans la tombe, nous ne pouvons pas en dire autant de ceux qui, en toute me et conscience, on reprit, aprs elle, cette tendance leur compte. Nous devons donc bien apprhender cette rgle qui est dune extrme importance.[16] Quoi que ce dernier point reste complexe, je reviendrais dessus in sh Allah dans un prochain article.



On peut toujours avancer que lImm Ahmed a badda certains cas particuliers sans ne leur avoir donn, priori, aucune circonstance attnuante



Ce quoi nous rpondons*: bon nombre de rponses venant de lImam Ahmed ou dautres rfrences furent orientes en fonction de la question et de la situation de linterlocuteur*; ou bien son discours tait-il particulier linterlocuteur dont la situation lui tait notoire. Cela est du mme ordre que les dcisions particulires que le Messager dAllah*(r) prit au sujet de certaines affaires. Il faudrait donc tablir une loi correspondante pour chaque affaire analogue.[17]



La rgle du hukm et du ism



Le takfr et le tafsq dpendent des questions du* hukm (statut dun cas particulier) et du ism (nom ou description dun acte). Ils impliquent donc un certain nombre de choses*:

La menace divine dans lau-del,
Les sentiments dalliance (lamour et la haine en Dieu),
La sacralisation du sang sur terre, etc.[18]


Il faut donc distinguer entre lacte ou la parole qui est une bida et leur auteur. À titre dexemple, la Mre des croyants Âisha quAllah lagre contestait ibn Abbs et bien dautres Compagnons que Mohammed (r) vit Son Seigneur la nuit de lAscension. Elle allait jusqu dire*: *Quiconque prtend que Mohammed a vu Son Seigneur aura gravement menti sur Allah (I).*[19]*Or, la majorit des savants de la communaut rejoignent ibn Abbs, mais ils nont pas tax dinnovateurs tous ceux qui se sont mis du ct de la fille dAb Bakr quAllah lagre en contestant la chose.



Cette mme Âisha remettait vivement en cause que les Quraishites tombs la bataille de Badr aient entendu le sermon que le Prophte (r) leur prodigua. Aprs les hostilits, il avait pourtant prvenu ses Compagnons une fois que les corps avaient t rassembls*: *Vous nentendez pas mieux queux ce que je suis en train de leur dire.*[20] Celle-ci naccordait pas que les morts puissent entendre, et prtexta quen fait, il voulait leur faire savoir que maintenant ils savent que je leur disais la vrit.[21]



Nul doute, toutefois, que les personnes mises en tombe entendent le dpart du cortge.[22] En outre, il est certifi que le Prophte (r) est lauteur des paroles*: *Quand un mort, qui, dans sa tombe, reoit le salut dun passant quil connaissait de son vivant, on lui rend son me afin quil puisse le lui rendre.*[23] Etc.

La Mre des croyants sen ait fait sa propre interprtation, quAllah lagr*! Il est dit galement que Muwiya (t) pensait que le meilleur des hommes avait fait son Ascension avec son me uniquement.[24] Des exemples de ce genre, il y en a beaucoup dautres.



Nous ne parlons pas des divergences dans les lois pratiques de la religion, car l, elles sont trop nombreuses pour pouvoir les cerner. Si chaque fois que deux musulmans qui divergent sur un point devaient ne plus se parler (hajr), il ny aurait plus de fraternit ni dimmunit du groupe. Ab Bakr (t) et Omar (t), les ttes de files de la communaut, sopposaient sur certains points, mais avec une bonne intention.[25]



À suivre



Par*: Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/






[1] Majm el fatw (3/349).

[2] Majm el fatw (10/371).

[3] Majm el fatw (10/372).

[4] Majm el fatw (10/372).

[5] Le voyage nocturne*; 15 voir*les tafsr de-Tabar et dibn Kathr.

[6] Majm el fatwa (1/113).

[7] E-sunna del Khalll (1/369).

[8] E-sunna del Khalll (1/428).

[9] E-llak (1/176).

[10] Majm el fatw (28/234).

[11] Minhj e-sunna (4/543).

[12] Bayn talbs el jahmiya (6/373).

[13] Tabaqt el hanbila dAb Yal (2/236).

[14] Siar alm e-nubal (14/374-375).

[15] Bayn talbs el jahmiya (6/398-406).

[16] Majm el Fatw (6/61).

[17] Majm el Fatw (28/ 213).

[18] Majm el fatw (12/468).

[19] Rapport par el Bukhr (4612), et Muslim (279).

[20] Rapport par el Bukhr (3976), et Muslim (279).

[21] Cette histoire est rapporte par el Bukhr (3979, 3980, 3981).

[22] Le hadth sur le sujet est rapport par el Bukhr (1338), et Muslim (2870).

[23] Rapport par ibn Abd el Barr dans el istidhkr (1/231), selon ibn Abbs*; il nen demeure pas moins controvers.

[24] Voir*: fath el Br (7/196-197).

[25] Majm el fatw (24/172). Voir*: Jmi e-rasil avec la recension de Fawz Ahmed Zamral (2/61-107).






 
09-21-2018, 12:58 PM   : 3
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: Le takfr, le tafsq, et le tabd' Version rsume




Le takfr, le tafsq, et le tabd'

Version rsume

(Partie 3)



Les anciens distinguaient entre deux sortes de mubtadi



Les anciens punissaient dexclusion tout individu qui affiche ouvertement des signes dgarement comme linnovation, notamment celui qui en fait la prdication, et les grands pchs. Le hajr ne sapplique pas celui qui fait ses pchs en cachette ou qui nexpose pas sa mauvaise croyance condition quelle ne fasse pas sortir de la religion. Lexclusion est une forme de punition, dans le sens o elle concerne uniquement ceux qui affichent la dbauche dans la parole et les actes.



Quant celui qui nous offre une bonne image de lui, nous nous contentons des apparences, et nous laissons son sort au Trs-Haut. Au pire des cas, il est comparable aux hypocrites qui exhibaient une bonne apparence devant le Prophte (r). Aprs la bataille de Tabk, ils taient venus se racheter auprs de lui en jurant que seule une excuse les avait retenus de partir en guerre.



Cest la raison pour laquelle, lImm Ahmed et la plupart des grandes rfrences avant et aprs lui, linstar de Mlik, refusaient la narration des innovateurs qui appelaient leur croyance. Ils ne sasseyaient pas avec eux. Cependant, ils avaient un autre comportement avec linnovateur qui gardait le silence. Les auteurs des e-sahh renferment un grand nombre de rapporteurs accuss dinnovation, mais sans en faire la propagande. En revanche, ils mirent de ct les innovateurs prdicateurs.[1]



Peut-on prendre la narration du hadth ou le tmoignage dun mubtadi*?



La question ne se pose pas pour un innovateur mcrant*; il est interdit daccepter son tmoignage contre un musulman (en sachant que la question mrite plus de dtails), comme il est interdit de prier derrire lui.[2] Les lgistes sentendent refuser, lunanimit, le tmoignage dun individu connu pour mentir.[3] Le mensonge tant propre aux rafidhites, qui sont passs maitres dans lart de diffamer contre leurs adversaires, leur tmoignage na aucune valeur.[4] Ab Hanfa et Shfi notamment, ne rechignaient pas prendre le tmoignage des hrtiques lexception des Khattbiya, une branche de la mouvance rafidhites.[5] Au demeurant, la divergence rgne entre savants sur le tmoignage des autres sectateurs*; certains lacceptent sans condition, et, loppos, dautres la refusent sans condition. Une troisime opinion, laquelle adhrent la plupart des traditionnistes, fait la distinction entre linnovateur prdicateur et le non-prdicateur. Sils acceptent celui du second, nous ne pouvons pas en dire autant pour le premier.[6]



Ibn Tamiya nous en donne la raison*: *La correction est prvue contre celui qui dlaisse ouvertement les obligations et enfreint les interdictions (renoncer la prire, la zakt, afficher linjustice et la dbauche, prcher linnovation qui soppose au Coran, la sunna, et au consensus des anciens de la communaut, et qui est notoirement connue comme telle).



Cette tendance corrobore lopinion des grandes rfrences et des anciens condamnant les innovateurs prdicateurs un certain nombre de mesures*: on refuse leur tmoignage, on ne prie pas derrire eux, on ne prend pas deux la science, et on ne les marie pas. Ces punitions ont pour ambition de les faire renoncer leur innovation. Cest la raison pour laquelle, les traditionalistes distinguent entre le prdicateur et le non-prdicateur*; le premier mrite la punition, tant donn quil affiche la dbauche, contrairement au second qui reste discret, et qui nest pas pire que les hypocrites. Le Prophte (r), en effet, se contentait de leurs apparences et remettait leur sort entre les Mains dAllah, bien quil ft au courant de la situation de bon nombre dentre eux.*[7]



Ailleurs, il donne plus de dtails sur la sagesse qui se cache derrire une telle distinction*: *C'est pourquoi ils acceptent le tmoignage des adeptes des sectes, et ils prient derrire eux. Certes, certains savants, limage de Mlik et dAhmed, refusaient leur tmoignage, non parce quils considraient quils avaient commis un pch, mais, plutt pour interdire le mal et mettre en quarantaine tous ceux qui affichaient leur innovation. Les punitions en question (le refus de leur tmoignage, et de prier derrire eux, et la mise en quarantaine) ont une vocation dissuasive*; celles-ci radiquent la propagation de la bida.



Cest ce qui explique pourquoi Ahmed distinguait des autres le prdicateur qui affichait ouvertement son innovation. Cest de cette faon galement quil incombe de comprendre la parole del Kharq *Il faut recommencer la prire faite derrire celui qui affiche son innovation ou la dbauche.**[8]



Pour mieux comprendre ce point, nous disons que le tmoignage, pour tre accept, doit reposer sur la confiance et la sincrit. À lunanimit des savants, le pervers auteur dun pch (fsiq bi el masiya) perd toute crdibilit. Son pch est d une certaine ngligence dans son attachement la religion*; il ne craint pas Dieu comme il se doit, et il nest donc pas labri de mentir. Nous nous faisons un mauvais soupon de lui. Et cela, contrairement au pervers auteur dune innovation (fsiq bi el bida)*; en gnral, il est profondment religieux, et il ne soppose pas sciemment la religion. Il est souvent anim dans son for intrieur par un scrupule religieux qui lui interdit de mentir. En gnral, il nest pas enclin au mensonge, les commandements divins tant trop sacrs ses yeux. Et cela, surtout sil est convaincu, linstar des kharijites et des mutazilites que le mensonge, un grand pch, condamne lEnfer ternel. Nul doute quon est rassur, dentre, avec lui*!



Ainsi, si nous refusons le tmoigne du pervers auteur dun pch, nous acceptons celui du pervers auteur dune innovation. La diffrence, cest que le premier enfreint volontairement les commandements de la religion. Sauf bien sr, si lerreur du second est motive par les passions. Dans ce cas, elle le fait rejoindre le premier, car, volontaire.

Toujours est-il quil faut tablir le statut de *pervers* sur un innovateur potentiel. Il faut dj vrifier que son innovation atteint le degr de perversit. Et, quand bien mme, ce serait le cas, cela ne suffirait pas. Ltat de perversit est, en effet, soumis certains facteurs (conditions remplir et restrictions vacuer). À titre dexemple, lerreur dinterprtation naffecte en rien sa crdibilit morale (adla), et elle ne remet nullement en question son tmoignage aux yeux des anciens.[9]



Si tout cela est clair, les traditionalistes ont finalement adopt un certain nombre de mesures contre linnovateur prdicateur (mise en quarantaine, tmoignage et narration refuse, refus de le concerter pour une fatwa et de prier derrire lui). Ces mesures ont probablement t motives par la raison que nous venons dvoquer. Autrement dit, celles-ci ont un effet de sanction et de punition dans le but de dissuader les musulmans de les imiter dans ce pch (linnovation ou autre). Cela nempche pas, au mme moment que lun deux sen soit repenti, ou quil soit excusable auprs dAllah. La hijra renferme deux objectifs*: soit renoncer aux pchs et la prsence de leurs auteurs, soit sanctionner leurs auteurs et leur donner des corrections exemplaires.[10]



Il devient clair que lopinion qui refuse dans labsolu le tmoignage et la narration des innovateurs auteurs dune erreur dinterprtation est faible. Le ta-wl a touch plus dun ancien dans des domaines extrmement vastes. À linverse, lopinion faisant les innovateurs prdicateurs des grandes rfrences incontournables, sans les rfuter ni les dissuader et les mettre en quarantaine, est galement faible.[11]



Daprs el Khatb, avec sa propre chaine narrative, selon Ab Dwd ibn el Ashath, jai demand lImm Ahmed*: *Est-ce quon peut retranscrire le hadth dun qadar*?

À condition quil ne soit pas un prdicateur.*[12]
Selon Jafar ibn Mohammed, jai demand lImm Ahmed*: *Ab Abd Allah*! Est-ce que tu retranscris le hadth dAb Muwiya, alors quil est un murj*?

Il nest pas un prdicateur.*[13]
On demanda lImm Ahmed sil est possible de retranscrire le hadth dun murj, dun qadar, et autre. Ce dernier rpondit*: *Oui, condition quil nen fasse pas la prdication, et quil nen fasse pas son sujet de conversation*; mais si cest un prdicateur, alors non.*[14]



Dans une version dAb Dwd, lImam prcise*: *Tolrez la narration des murjites, et crivez celle des qadarites qui ne sont pas des prdicateurs.* Il autorisa ici prendre celle des murjites sans condition.[15] Je reviendrais peut-tre sur ce point.



Quoi quil en soit, ibn Tamiya conclut*: *Il est interdit au prdicateur de prendre un poste responsabilit, de faire imam dans la prire, comme il est interdit de prendre son tmoignage, et sa narration en vue dinterdire le mal, non que sa prire ne soit pas accepte ou que son tmoignage et sa narration soient douteux.*[16]



Selon Ishq, jai demand Ab Abd Allah*: Quen est-il de celui qui dit que le Coran est cr*?

Il est mettre dans le mme sac. Il ny en a pas un pour rattraper lautre.
Doiton tre souple avec eux ou bien leur afficher notre intransigeance*?
Les gens du Khurasn ne sont pas suffisamment forts pour leur faire front.*[17] *


Lauteur de cette rponse est le mme qui affirma au sujet des qadarites*: *Si nous devions refuser la narration des qadarites, il ne resterait pas grand-chose venant de Bassora.* Il y avait un intrt suprieur conserver lhritage prophtique. Lors de sa cabale, il tait doux avec ces fameux jahmites, et il se contentait de contrer scientifiquement leurs arguments. Cette raction explique mieux ses autres positions (ses mises en quarantaine, ses interdictions de parler et de sassoir avec eux). Il en vint une certaine priode, boycotter plus dun meneur souponn de proximit avec les jahmites. Il ordonna mme aux musulmans de le faire.[18]



Conclusion de ce paragraphe



Les diffrentes paroles de lImam Ahmed nous enseignent que ce dernier faisait la distinction entre les formes dinnovation, entre les innovateurs prdicateurs et les autres, et, son avis peut changer en fonction des besoins. Certaines narrations, en effet, sont indispensables pour conserver le hadth. Dans tous les cas, il ne considre pas que leur narration ne soit pas crdible, mais son seul souci est de les punir dexclusion.[19]

Il nest donc pas pertinent de dire quil craignait deux quils puissent mentir, tant donn que les autres nen sont pas moins labri que les prdicateurs. En outre, linterdiction ne concernerait pas uniquement les textes qui corroborent certaines innovations, mais on pourrait dire la mme chose pour les questions de fiqh sur lesquelles rgne la divergence entre savants. Le but, donc, cest de stigmatiser les prdicateurs et de les mettre au ban du corps des savants.[20]



Le tabd et le hajr de quelquun en particulier relve du domaine de lijtihd avec les alas que cela implique



Il est possible que lune des parties qui divergent soppose son adversaire jusqu le taxer de kfir (mcrant) ou mubtadi (innovateur) fsiq (pervers) passible dune mise en quarantaine (hajr), bien quelle ait tort. Cependant, l aussi, elle est motive par un effort dinterprtation.



Il est possible galement que la duret soit de mise envers certaines personnes ou dans certains contextes, quand notamment la sunna qui voue la mcrance tous ceux qui sopposent, est forte, et quand lauteur de lautre opinion, que nous taxons dinnovateur, reprsente un danger. Lhomme sens doit tenir compte de tous ses paramtres*; la bonne opinion est vue sous le prisme de ses caractristiques constantes et permanentes qui, en les appliquant, doivent tre conformes la ralit.



Ensuite, le fait que chez celui qui lentende, elle soit connue, approximative, ignore, formelle, ou probable*; quil incombe de suivre ou de ne pas suivre, ou quelle voue ou non la mcrance celui qui la renie, ce sont des lois pratiques qui varient en fonction des personnes et des situations.[21]



Il est sr que certains traditionalistes ont recours des hadth ou des annales faibles, des raisonnements aberrants, des mauvaises interprtations. Il est mme possible quils sinspirent de texte du Coran et de la sunna dont ils ne pntrent pas le sens, ou mauvais escient. Ils sont mme capables de taxer de mcrants, dinnovateurs ou dignorants de grandes rfrences de la communaut. Ainsi, soit ils dvient de la vrit soit ils sattaquent impunment leurs frres, indpendamment de savoir si certains dentre eux sont excusables ou non. Ils sont mme capables de sombrer dans linnovation et lgarement passibles des pires punitions. Seuls un ignorant ou un injuste peuvent contester ce constat amer*![22]



À suivre



Par*: Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/




[1] Majm el fatw (24/172). Voir*: Jmi e-rasil avec la recension de Fawz Ahmed Zamral (2/61-107).

[2] Manhj e-sunna (5/87).

[3] Manhj e-sunna (1/62).

[4] Manhj e-sunna (1/59-61).

[5] Manhj e-sunna (5/87).

[6] Manhj e-sunna (1/62).

[7] Majm el fatw (35/414).

[8] Majm el fatw (13/125).

[9] Voir*: Mawqif ahl e-sunna wa el jama min ahl el ahw wa el bida de notre cher frre le Docteur Ibrahm e-Ruhal (2/652-653). Ce livre est la fois grandement intressant et trs important dans son registre (ce commentaire vient de Shekh Abd e-Salm e-Suham dans son fameux kun salafiyan al el jadda).

[10] Majm el fatw (10/377).

[11] Manhj e-sunna (1/65).

[12] El kifya (p. 128).

[13] El kifya (p. 128).

[14] Tabaqt el hanabila dibn Ab Yal (1/250).

[15] El muswadda dibn Tamiya (p. 267).

[16] Majm el fatw (23/343).

[17] E-sunna del Khalll.

[18] Majm el fatw (28/210-213).

[19] El muswadda dibn Tamiya (p. 264).

[20] El muswadda dibn Tamiya.

[21] Majm el fatw (30/80) et (20/207).

[22] Majm el Fatw (4/9-23).






 
09-22-2018, 02:01 PM   : 4
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: Le takfr, le tafsq, et le tabd' Version rsume



Le takfr, le tafsq, et le tabd'

Version rsume

(Partie 4)



Ainsi, tre innovateur est une chose et subir la punition du hajr en est une autre

*

Plusieurs punitions sont prvues en vue de dissuader les innovateurs prdicateurs*; leur tmoignage est refus, on ne prie pas derrire eux, on ne prend pas la science deux, et on ne les marie pas. Les anciens distinguaient donc entre les prdicateurs et les autres innovateurs.



La punition concerne les personnes qui affichent un manquement aux prescriptions et qui enfreignent les interdictions linstar de celles qui ne font pas la prire ou ne versent pas laumne, celles qui affichent linjustice ou la perversit, ou celles qui prchent linnovation allant lencontre du Coran, de la sunna, et du consensus pour les innovations notoires. Voici le sens des paroles des anciens et des grandes rfrences disant que le tmoignage des prcheurs innovateurs nest pas accept, quil ne faut pas prier derrire eux, ni prendre deux les sciences, ni les prposer en mariage*; telle est leur punition jusqu ce quils mettent fin leurs agissements.

C'est pourquoi ils faisaient la distinction entre le prdicateur et le non-prdicateur tant donn que le premier dentre eux affiche sa corruption*; il mritait ainsi la punition linverse de la personne discrte. Celle-ci nest pas pire que les hypocrites () il faut donc condamner les fautes qui sont exhibes indpendamment de celles qui sont caches, car la punition concerne ici leur auteur uniquement.[1]



Quant celui qui exhibe la corruption, il incombe de le contester en public. Il nest plus question envers lui de mdisance. Il incombe de le punir en public en lui infligeant les punitions capables de le dissuader de faire du mal, comme lexclusion ou autre. Il ne faut plus le saluer ni rpondre son salut dans la condition o la personne qui en prend linitiative est capable de le faire, et sans quaucun dsavantage ne soit prpondrant cela.[2]

*

Quant celui qui cache ses pchs ou qui est discret dans son innovation non taxe dapostasie, lexclusion ne sapplique pas ce dernier. Nanmoins, elle concerne le prdicateur innovateur tant donn que lexclusion est une forme de punition.[3]



Le Prophte (r) mit en quarantaine Kab ibn Mlik et ses deux compagnons (y), car ils staient dsists la bataille de Tabk. Ils affichaient ainsi la dsobissance et lon craignit quils deviennent des hypocrites. Do la dcision de les exclure du groupe (hajr) en ordonnant tous les citoyens dy participer. Il leur fut mme enjoint de sloigner de leurs femmes, mais sans les divorcer. Aprs cinquante nuits, la rvlation cleste, qui annona leur repentir, mit fin la sentence.[4]

Dans ce registre, nous avons lhistoire o Omar*(t) ordonna aux musulmans de mettre en quarantaine Subagh ibn Asal e-Tamm qui tait laffut de Versets ambigus.[5] Au bout dun an, comme il affichait un repentir sincre, le second Khalife leva la punition. [6]



Selon une rgle extraordinaire, tous les pchs dont les mfaits se rpandent aux autres mritent une plus grande punition sur terre*; et tous les pchs dont les mfaits reviennent uniquement aux fautifs peuvent mriter un chtiment plus grand dans lau-del, bien que rien nest prvu contre eux sur terre.[7]



La punition peut aller jusqu la peine de mort si le besoin le rclame



Cette tendance est notamment celle de Mlik, une partie des adeptes de Shfi, et dAhmed,[8] mais uniquement en cas de force majeure, en sen prenant uniquement aux plus dangereux. Toutefois, il faut renoncer la sentence dans la situation o celle-ci engendre des inconvnients prpondrants aux avantages escompts. Cest la raison pour laquelle, le Prophte (r) ne jugea pas bon de mettre mort le premier kharijite qui contesta ses dcisions. On aurait pens en effet quil sen prenait ses Compagnons. Les campagnes de rpression contre les hrtiques peuvent galement engendrer des inconvnients grande chelle. LImam Al lavait bien compris*; lavnement des kharijites, il resta tout dabord sur lexpectative, car, en face, ils taient nombreux. Et cela, dautant plus quils avaient fait allgeance au groupe, et ne montraient aucun signe danimosit. En outre, il ntait pas sr lpoque que la prdiction prophtique faisait allusion eux.[9]



La peine de mort npargne pas linnovateur non apostat si le besoin sen fait ressentir



Le but, cest dpargner la socit de son mal. En cela, il nest pas diffrent des insurgs, qui, malgr leur rvolte, restent dans le giron de lIslam. Certains condamns mort ntaient pas des apostats. Il est mme possible que Ghiln le qadarite entre dans cette catgorie,[10] ou tout au moins, selon une opinion, comme nous lexpliquerons dans un prochain article, in sh Allah*! On somme au coupable de se repentir et lui donne les moyens davoir accs la preuve cleste, comme Omar ibn Abd el Azz le fit avec Ghiln. Al, lui, avait envoy ibn Abbs en ambassadeur chez les insurgs de Nahrawn. La moiti dentre eux revinrent la raison, et le reste fut pass au fil de lpe.[11]



On peut la fois tre excusable devant Dieu et punit par les hommes



Le but de la punition, cest de garder la socit saine, mais, au mme moment, il est possible que le coupable soit excusable soit en raison de son effort dinterprtation, ou, tout simplement, en ayant suivi aveuglment lopinion dun autre.[12]



De la mme manire quon peut tre puni sans perdre sa crdibilit



LImm Ahmed na pas hajar que des gens ayant commis une bida. Il y avait parmi eux de grands savants qui avaient cd linquisition khalifienne avant quon ait mis la main sur eux, et mme ceux qui sen repentirent une fois que la situation stait desserre. Il fut suivi dans son initiative par ses concitoyens. Tous ses nobles gens ntaient pas diffrents des trois hommes qui furent mis en quarantaine lpoque* du Prophte (r). Il est mme dit que deux dentre eux avaient particip la bataille de Badr. Tout le monde connait le fameux hadth*: Qui te dit quAllah na pas contempl les combattants de Badr, avant de leur dire*: faites ce que vous voulez, Je vous ai tout pardonn.*[13] Ainsi, la peine peut trs bien tre prononce contre un homme crdible ou tout simplement pieux.[14]



Les Compagnons se sont entretus aux batailles du chameau et de Siffn, mais cela ne les empcha pas de garder leur sentiment dalliance religieuse. Ils ne se dtestaient pas comme on dteste un mcrant. Ils acceptaient leurs tmoignages mutuels, schangeaient le savoir, shritaient et se mariaient entre eux*; ces relations sont propres aux musulmans. Pourtant, ils taient dchirs et allaient parfois jusqu se maudire les uns les autres.[15]



La divergence sur le tabd du suiveur



Voici ce que nous trouvons dans kashf el qin*: *Considr pervers (tafsq) le suiveur auteur dune innovation pour laquelle nous taxons le prdicateur de mcrant est la tendance de Majd [le grand-pre dibn Tamiya]. Dans sa lettre lauteur de-tarkhs, el Muwaffaq [ibn Qudma] pour sa part, opte pour le non-takfr du prdicateur qui est motiv par un effort dinterprtation. Il se base sur la raction dAhmed envers el Mutasim quil appelait*: prince des croyants*!*[16]



Shekh Abd Allah Ab Btn confirme la position de Majd ibn Tamiya dans le passage suivant*: *El Majd quAllah lui fasse misricorde a dit*: *Toute innovation pour laquelle nous faisons le takfr des prdicateurs, nous donnons le statut de *pervers* (fsiq) aux suiveurs. Ex.*: dire que le Coran est cr, que les Noms dAllah sont crs, quon ne peut le voir dans lau-del, profrer des insultes contre les Compagnons avec une intention religieuse, dire que la foi se confine dans la croyance, etc.



Toute personne qui a connaissance de ces innovations, qui les prchent, et qui polmique leur sujet est juge mcrante, comme le stipule Ahmed dans plusieurs passages.* Fin de citation. Voyez, comment les a-t-il kaffar, bien quils sont des ignorants.*[17]



Certaines annales venant des anciens semblent corroborer cette tendance. Ibn Ab Htim tmoigne en effet*: *Jai interrog Ab Zura et mon pre au sujet de la tendance des traditionalistes dans les bases fondamentales (usl) de la religion, et celle des savants quils ont connue travers toutes les contres (le hijz, lIraq, le Shm, et le Ymen)*; ils mont rpondu notamment*: la foi est compose des paroles et des actes, elle peut monter et descendre Celui qui prtend que le Coran est cr commet un acte de mcrance qui le fait sortir de la religion*; celui qui doute de sa mcrance parmi ceux qui comprennent est un mcrant galement*; celui qui doute sur la Parole dAllah (U) et qui ne se prononce pas par doute en disant quil ne sait pas si celle-ci est cre ou non est un jahm*; pour celui qui ne se prononce pas au sujet du Coran par ignorance (jhilan), il incombe de linstruire et de le taxer dinnovateur, sans quil ne sorte pour autant de lIslam.*[18]



Or, il incombe de relativiser cette tendance, et cela, pour plusieurs raisons*:



1- Ibn Qudma lui-mme relativise sur le takfr du prdicateur, comme le dmontre le premier passage cit ci-dessus.



2- *Nous avons galement ramen une annale plus-haut relativisant la chose, et que nous remettons ici*: Ahmed ibn Mun el Baghaw affirme : Celui qui prtend que le Coran est cr est un jahm, et celui qui ne se prononce pas sur le sujet parmi ceux qui ne comprennent rien (marchands, femmes, enfants), nous ne disons rien sur eux, et nous les instruisons sur la chose.*[19]



3- Le grand-pre dibn Tamiya fait la distinction entre le prdicateur et le suiveur dans les questions du takfr. Cependant, sil range le muqallid dans le cercle des innovateurs sans prendre la peine de faire liqma el hujja, cest uniquement pour les innovations aggraves (ghalzha) faisant sortir de la religion. Cest, en tout cas, ce quil laisse entendre, wa Allah alam*!



4- Il vaut se mfier de la croyance muatazilite selon laquelle les notions du bien et du mal peuvent tre perceptibles sans passer par la Rvlation*; comprendre que liqma el hujja nest pas indispensable leurs yeux. Ces mmes muatazilites saccordent, avec certains asharites, refuser la foi du muqallid sous prtexte que chacun est intellectuellement capable de parvenir la vrit par la rflexion. Or, nous avons vu que lhomme tait responsable uniquement dans les limites de ses possibilits et de ses connaissances. Malgr ses bonnes attentions, le pauvre muqallid ne sait pas sil a tort ou raison, surtout quil est perdu devant une multitude dopinions, et quil nest pas capable de pntrer les subtilits et les nuances auxquelles il est confront pour une question donne.[20]



5- Il existe plusieurs sortes de muqallid*qui partent du savant dune cole, du muft et du qdh pour arriver aux gens simples incapables de regarder dans les textes. Certes, les premiers sont inexcusables sils enttent suivre leur imm dans lerreur en toute connaissance de cause, mais les derniers nont pas les outils en main pour dtecter sur quels principes se base leur Imam pour arriver ses conclusions.[21] Ils ne seraient mme pas en mesure de faire une liste des savants de leur cole.



6- Certains rudits, limage del Mardw, avancent explicitement que le muqallid ne devient, suite une erreur, ni un mcrant ni un pervers. Voici la teneur de ses propres*: *Afficher son innovation, cela revient lexhiber ouvertement, contrairement linnovateur discret, et en faire la prdication, et, si besoin est, polmiquer pour la dfendre. Cest de cette faon notamment que lauteur et son commentateur lont dfini. Le Qdh a dit*: *Linnovateur qui affiche sa bida sappuie dans sa conviction sur un certain nombre darguments, contrairement au suiveur.* Il souligne galement au sujet de ce dernier*: *Le suiveur ne devient ni un mcrant ni un pervers.**.[22]

*

Ibn el Qayim a un* discours qui va dans ce sens (nous avons ramen plus haut plusieurs passages de son maitre corroborant cette tendance). Il prcise en effet, en parlant des adeptes des sectes (khawrij, mutazila, murjiya, etc.) quils sont plusieurs catgories dindividus. Lun dentre eux est un muqallid ignorant qui na aucune clairvoyance*; dans son cas, il ne devient ni kfir, ni fsiq (pervers), et on ne doit pas refuser son tmoignage, tant donn quil nest pas en mesure dtudier la vrit.[23] Vu limportance de ses paroles, je me permets de mettre le passage o il en parle en entier*: *La premire catgorie*: le suiveur ignorant qui na aucune clairvoyance*; ce dernier ne devient ni mcrant ni pervers, et son tmoignage nest pas refus*; dans la situation o il est incapable dtudier et de distinguer la bonne voie. Il a le mme statut que les gens faibles parmi les hommes, les femmes et les enfants*: [qui nont pas trouv de moyen ni aucun chemin. Ceux-l, Allah peut leur pardonner*; Allah est certes Compatissant et Absoluteur].[24]



La deuxime catgorie*: celui qui est capable de se renseigner, de chercher et de trouver la vrit, mais qui, pour une raison ou pour une autre (occupations mondaines, qute de pouvoir, de plaisirs, et du bien-tre, etc.), sen dtourne. Celui-l est concern par la punition divine en raison de son laisser-aller*; il mrite un pch pour avoir nglig son devoir, car il lui est enjoint de craindre Allah dans la mesure du possible*; ce quil na pas fait. Son statut est le mme que les dsobissants ayant dlaiss certaines obligations. Ensuite, il faut voir sil a un plus grand ascendant pour linnovation et les passions que la sunna et la bonne direction*; dans ce cas, son tmoignage est refus, sinon, il sera accept.



La troisime catgorie*: celui qui se renseigne, qui recherche et qui est en mesure de trouver la vrit, mais qui la dlaisse par suivisme, chauvinisme, ou par animosit envers ses tenants. Au meilleur des cas, celui-ci est considr comme un pervers. Il peut atteindre le degr de mcrance en regard des diffrents points de vue et des diffrentes conclusions. Si, en plus de cela, il compte parmi les prdicateurs, son tmoignage, ses fatwas et ses jugements seront refuss, sauf en cas de force majeure*; soit, dans la situation o ce genre dindividus est en surnombre et quils sont en position de force.



Si les juges, les muftis, et les diffrents tmoins proviennent de leurs rangs, il serait trs difficile den faire abstraction, compte tenu des inconvnients normes quune telle initiative engendrerait. Dans ce cas de figure, ncessit fait loi.*[25]



7- Nous avons vu prcdemment que lImm Ahmed stait abstenu de taxer dinnovateurs plusieurs cas qui lui furent soulevs. Voici ici un exemple o il tient explicitement compte de lignorance dans les questions du tabd. Daprs ibn Hn, lImm fut interrog sur le fait de prier derrire quelquun qui prfre Al aux deux premiers Khalifes (Ab Bakr et Omar). Celui-ci rpondit*: *Dans la situation o il est ignorant et inculte, je pense quil ny a pas de mal le faire.*[26]



À suivre



Par*: Karim Zentici

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[1] Majm el fatw (voir*: 28/203-210).

[2] Idem. (voir*: 28/217-218).

[3] Idem. (voir*: 24/175).

[4] Les dtails de cette histoire sont rapports par el Bukhr (4418), et Muslim (2769).

[5] Rapport par e-Drim (I/55-56).

[6] Rapport par e-Drim (I/55-56).

[7]Majm el fatw*(10/373)*; voir galement*: (24/181).

[8] Majm el fatw (28/346-347).

[9] Majm el fatw (28/499-500).

[10] Majm el fatw (23/350).

[11] Dar-u tarudh el aql wa e-naql (7/173).

[12] Majm el fatw (10/275).

[13] Rapport par el Bukhr (5/297), et Muslim (4/1941).

[14] Majm el fatw (10/377).

[15] Majm el fatw (10/377).

[16] Kashf el qin*(6/420).

[17] El intisr li hisb Allah el muwahhidn (p. 16-18).

[18] el hujja f bayn el mahajja de Qawwm e-sunna (2/424).

[19] E-Llak (1/176).

[20] Voir*: e-sl el jarrh de Shawkn (1/103).

[21] Voir*: ina e-tlibn (4/217).

[22] El insf del Mardw (2/254).

[23] El Qsim a rapport ses paroles dans son tafsr (5/1309).

[24] Les femmes*; 98

[25] E-turuq el hakamiya (1/255).

[26] El insf del Mardw (2/48).






 

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