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09-07-2019, 11:00 AM   : 1
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Le culte des moines et des prtres

Le culte des moines et des prtres 1/3



**Dans les lieux et les poques o rgne lignorance, nombre de gens sont prouvs, sans le savoir, par des pratiques qui relvent de la grande association.*

Ibn Tamiya, majm el fatw (22/387).

*Qui sen tient dans ses jugements aux actes et aux apparences sans se tourner vers les motivations et les intentions de leurs auteurs, est un ignorant qui cause de religion sans la moindre connaissance.*

Ibn Tamiya, majm el fatw (11/633).



Le Verset qui condamne le culte des moines et des prtres sadresse en premier lieu aux hrtiques des diverses confessions quelles soient monothistes ou idoltres. Cest une vision purement moderne et, paradoxalement, laque, qui la confin dans les lois positives de la part des activistes islamistes jouant sur la corde motionnelle des musulmans en vue de les insurger contre les gouverneurs corrompus, et force est de constater que a marche*! Malheureusement, on fait fi des implications terribles quune telle vision engendre au nom du zle religieux. Cela reviendrait, quon le veuille ou non, taxer danathme le pre qui donne son enfant des ordres allant lencontre de la Volont divine. Seule une pirouette smantique de la part de nos acrobates en herbe permet dchapper ce gupier. Il faut donc chercher ailleurs le critre imparable qui permet de sortir un individu de lislam sans sombrer dans le mme imbroglio qui a fait chuter les kharijites vers une vision biaise et manichenne de lIslam. *



Ce critre a une dimension intrieure, le cur que Seul Dieu est mme de sonder, et une dimension extrieure, les actes. Pour ce qui est de lhrsie, il incombe que lacte en question relve de la grande apostasie, mais, nous allons le voir, cela nest pas suffisant pour sortir une personne de la religion. Il faut, en plus de cela, que les conditions du takfir soient runies et que les restrictions interdisant de le faire soient exclues. Il est trop alatoire de se fier uniquement aux apparences. Ainsi, constater que la source lorigine de la dsobissance Dieu soit un taght (le terme *tyran* que les activistes modernes donne une dimension purement rvolutionnaire) ne suffit pas pour se prononcer sur un cas particulier. Nous sommes tous daccord que les lois positives sont un taght, mais le kalam, cet outil de la thologie spculative, lest tout autant.



Il ne sagit donc pas de contester que la dmocratie est un taght, je suis le premier le penser, mais dappliquer les mmes dmarches un coupable prsum que celles sadressant un thologien du kalam, voire, et cest l que le bas blesse, un adorateur des tombes. La seule parade mis en avant par nos autruches de service est le fameux *ce nest pas pareil*!



Voici trois passages dans lesquels ibn Tamiya applique le Verset sur le culte des moines et des prtres lhrsie, mme sil nexclue pas quil vise galement les lois humaines. Mieux, lhrsie en question relve de la grande association, et pourtant, nous le verrons dans le prochain article, si tant est quil faille encore le dmontrer, il accorde des circonstances attnuantes des coupables issus de llite religieuse de son temps, et, qui plus est, lont fait croupir en prison. Et quand bien mme, ibn Tamiya appliquerait ce Verset uniquement pour condamner lobissance aveugle aux diffrents mirs, et bien, ce mme ibn Tamiya considre listihll comme critre imparable dans le chapitre du hukm bi ghar m anzala Allah, si on sen tient son sens strict du terme. Donc, une dmarche saine incombe de comprendre sa pense laune de tout son discours, non des bribes pioches ici et l et qui laisse penser quil a une approche purement moderne et donc rvolutionnaire du lgalisme orthodoxe.[1]



Il ny a pas de place pour les seuls sentiments dans le sujet pineux du takfr, aussi bien intentionn soit-on, car, si la jalousie pour la religion est louable, elle ne justifie en rien lanarchie ni le takfir tout va, car lEnfer est pav de bonnes intentions. Alors, ne nous laissons pas envahir par les sentiments, et gardons entre les yeux la vrit qui est bien au-dessus de toutes nos revendications personnelles, wa Allah alam*!





1- Lattestation de foi est le point commun tous les musulmans qui sont obligs de la fournir et dy adhrer. Nanmoins, il existe une diffrence infinie entre les uns et les autres sur la faon de la concrtiser, partant du moins pieux au plus pieux. Nombre dentre eux simagine que le tawhd consiste reconnaitre la souverainet divine qui attribue Allah lexclusivit de la cration et de la gestion de lUnivers. Ils font lamalgame entre cette particularit et lUnicit de la divinit qui fut la pierre angulaire du proslytisme prophtique ayant reu une opposition farouche des paens prislamiques. Ces derniers navaient aucun problme avec lUnicit de la seigneurie, mais cela ne les empcha pas de renier le dernier des messages adresss aux hommes. En cela, cette catgorie de musulmans dont nous parlons ne sont pas si diffrente des mcrants mecquois qui nont jamais voulu faire suivre les actes (Unicit de la divinit) la connaissance (Unicit de la seigneurie).



Les idoltres de lre prislamique nont jamais attribu la cration deux divinits, comme ils nont jamais affirm quune divinit mineure ait le pouvoir autonome de crer quoi que ce soit. Bien au contraire*: [Si tu leur demandais qui avait cr les cieux et la terre, ils rpondraient*indubitablement que cest Allah][2]*; [La plupart ont une croyance en Dieu empreinte didoltrie].[3] [Rpond-leur*: qui appartient la terre et ses habitants, si vous pensez vraiment savoir*? Cest Allah, rpondront-ils. Dis-leur*: alors pourquoi loubliez-vous*? Interroge-les nouveau*: qui donc est le Seigneur des sept cieux, le Seigneur du Trne immense*? Ils diront*: cest Allah. Dis-leur*: alors, craignez-Le*! Demande-leur*enfin : qui dtient entre Ses Mains la royaut sur toute chose, lui qui offre Sa protection, au moment o personne ne peut rien contre Lui, si vous pensez vraiment savoir*? Cest Allah, rpondront-ils. Dis-leur*: alors pourquoi vous laissez abuser par de vaines chimres*?].[4]



Cette conception saine quils avaient de leur Crateur ne les empcha nullement de Lui partager la divinit avec leurs idoles*: [quils aiment lgal dAllah]*; et*auxquelles ils confraient le statut dintercesseurs faisant accder au Roi les requtes de leurs pauvres personnes : [nous les servons uniquement pour quils nous rapprochent dAllah davantage].[5]



Cette forme didoltrie qui se situe au niveau de lamour, du culte, de linvocation, et des demandes se distingue par essence de celle qui a lieu au niveau du crdo et de ladhsion*: [Certains hommes prennent en dehors dAllah des idoles quils aiment lgal dAllah, mais les croyants aiment Allah davantage].[6]



Ce sentiment polythiste nest pas matriellement incompatible avec la croyance monothiste selon laquelle Dieu est le Crateur unique. Cette croyance saine nintercde nullement en faveur de son auteur qui nen demeure pas moins un idoltre. Les textes scripturaires de lIslam mettent une distinction entre lamour en Dieu et lamour partag entre Dieu et une simple crature. Le premier est motiv par lamour extrme que le fidle voue Son Crateur, et que, non seulement il ne partage personne, mais quil concrtise travers les actes dadoration. De cette amour exclusif mane ses sentiments affectifs envers tous ceux qui sont aims du Tout-Puissant, linstar des prophtes et des vertueux quil aime pour Dieu, non avec Lui. Cest de cet amour galement quil va puiser cette attirance envers tous les actes lgifr par lÊtre aim*; il va donc se plier avec empressement aux obligations et sloigner vivement des interdictions. Ainsi, son amour pour les personnes et les actions aimes dAllah est tributaire de lamour suprme quil prouve pour Lui*; il ne les aime pas dun amour autonome.



Lautre amour est partag avec une crature quon lve au rang didole, celle qui on voue ses sentiments de crainte et despoir, qui on obit sans savoir si oui ou non on est en accord avec la Loi cleste, ou quon prend pour intercesseur sans savoir si oui ou non Allah lui a accord ce pouvoir*: [Ils adorent en dehors dAllah des idoles incapables de les nuire ou de leur tre utile*; ils disent*: voil nos intercesseurs auprs dAllah][7]*; [Ils ont lev leurs moines et leurs prtres, ainsi que Jsus fils de Marie, au rang de divinit quils partagent avec Allah. Pourtant, il ne leur avait t ordonn de nadorer quun seul dieu. Nul dieu nest digne dtre ador en dehors de Lui. Exalt soit-Il au-dessus de leur idoltrie*!].[8] Le Messager dAllah (r) nous donne des dtails sur la faon dont se traduisait cette adoration, en rponse Ad ibn Htim, le chef de la dlgation chrtienne qui le dernier Verset cit fut adress*: *Nous ne leur vouons nullement ladoration, contesta-t-il !* Devenu musulman la suite de cette rencontre, il savait de quoi il parlait. Les chrtiens, en effet, ne se prosternaient pas et ne sinclinaient pas devant leurs prtres et leurs moines, en guise dadoration. La rponse ne se fit pas attendre*: *Ne rendez-vous pas licite ce quils rendent licite*?

Si*!
Et ne rendez-vous pas illicite, ce quils rendent illicite*?
Si*!
H bien, voici la faon dont vous les adorez.*[9]


Le saint Coran confirme*: [Ou bien auraient-ils des idoles pour leur lgifrer dans la religion dAllah des lois non sanctionnes par Son aval*?][10]*; [Ce jour-l, linjuste sen mordra les doigts avec ce cri aux lvres*: malheur moi*qui nai pas emprunt la voie du Messager Malheur moi qui ai mal choisi mes amis, en prtant loreille celui qui ma dtourn du rappel que javais entre les mains*; sauf que Satan leurre les hommes coups de vains espoirs].[11]



Il incombe de faire obissance lhomme envoy par Misricorde lHumanit (r) pour tre en adquation avec la volont dAllah. Ce lgislateur terrestre dtermine les limites du licite et de lillicite qui forment la loi canonique. Il est donc la rfrence en matire dobissance, contrairement aux autorits religieuses et politiques parmi les savants, les doyens, les rois et les mirs dont le champ daction est limit au cadre des commandements divins. Dailleurs, ils doivent leur lgitimit aux textes qui enjoignent de se soumettre leur autorit*: [Ô croyants*! Obissez Allah, obissez au Messager et aux dtenteurs de lautorit parmi vous].[12]



Notons quil ne nous est pas demand dobir aux autorits de faon autonome, mais leur obissance est tributaire de celle du Messager (r). Elle-mme est soumise lautorit dAllah. Cest ce qui explique pourquoi le verbe *obissez* est rpt pour appuyer lide que le Lgislateur terrestre a le mme statut que le Lgislateur cleste en matire de loi*; ce nest pas le cas des autorits humaines qui nont pas droit la rptition du verbe *obissez* pour signaler que leur obissance est limite.



À suivre

*********************

Par*: Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/


[1] Voir : http://mizab.over-blog.com/2014/12/i...-partie-1.html

http://mizab.over-blog.com/2014/11/i...-partie-1.html

[2] Luqmn*; 25

[3] Ysaf ; 24

[4] Les croyants*; 84-89

[5] Les groupes*; 3

[6] La vache*; 165

[7] Ynas*; 18

[8] Le repentir*; 31

[9] Rapport par e-Tirmidh (n 3090), et jug bon par el Albn dans silsilat el ahdth e-sahha (n 3293).

[10] La concertation*; 21

[11] Le discernement*; 27-29

[12] Les femmes*; 59







 
09-08-2019, 09:20 AM   : 2
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: Le culte des moines et des prtres

Le culte des moines et des prtres 2/3



Il est inadmissible de vrifier dans les textes du Livre saint tout ordre manant de la tradition prophtique (sunna) qui ne contrevient jamais la volont du Seigneur. Nous ne pouvons pas en dire autant du commun des mortels qui, retrouvs la tte du pouvoir spirituel ou temporel, ne sont nullement infaillibles. Il incombe donc de procder une vrification pour tre sr que leurs dcisions sont en accord avec la volont du lgislateur cleste.* Aussi honorables soient-ils, les grands rudits, qui font lobjet dun suivisme lgal, sont logs la mme enseigne que les chefs dexpdition, par exemple, dont les ordres sont soumis au filtre de la Shara, dans le sens o on doit refuser leurs avis qui la transgressent. Le but tant de faire rgner la religion dAllah dans toute sa plnitude*: [Combattez-les afin dendiguer la tentation, et de faire triompher la religion dAllah tout entire].[1]



Un jour, un Compagnon interpella le Prophte (r) pour scruter son avis*: *Messager dAllah, senquit-il, entre celui qui combat pour exercer son courage, pour soutenir son clan, ou pour sexhiber ostensiblement devant les autres, lequel dfend la cause dAllah*?

Seul celui qui combat pour faire triompher la parole dAllah sur terre dfend vritablement Sa cause.*[2]


Nombreux sont ceux qui admirent tellement leur chef (Khalife, mir, savant, maitre, etc.) quils les rigent au rang de divinit, sous le couvert fallacieux quils les aiment en Dieu. Ils le prennent en rfrence pour tout ce quils sont en droit de faire ou de ne pas faire, sans se poser de question sur la lgitimit de leur action en regard de la Shara. Pires sont ceux qui ventuellement lui rservent leurs prires dans les moments de dtresse, la manire des chrtiens qui vouent le culte au Christ. Ils dterminent leurs alliances en fonction de sa personne en se faisant les amis de ses amis et les ennemis de ses ennemis. Ils envisagent la religion sous le prisme de ses *caprices* quils noseront jamais contredire pour viter tout blasphme. Ils prennent pour argent comptant toutes ses dcisions quoi quil puisse autoriser ou interdire, et jamais ils ne prennent la peine de revenir aux textes du Coran et de la sunna pour jauger leur pertinence. Cest exactement ce souffle paen que le Livre saint stigmatise*: [Certains hommes prennent en dehors dAllah des idoles quils aiment lgal dAllah, mais les croyants aiment Allah davantage].[3]



Ainsi, le culte, que compose lUnicit ou son antagoniste lassociation est mu la base par les enseignements auxquels le fidle adhre (la parole du cur) et les sentiments qui en rsultent (les actes du cur). El Junad ibn Mohammed*nous dpeint trs bien ce phnomne : *Le tawhd incarne la parole du cur, et le tawakkul (placer toute sa confiance en Allah ndt.) les actes du cur.* Nous voyons bien quil lie le tawhd, qui relve de la croyance, au sentiment de tawakkul pour faire passer le message que le premier est lorigine du second. Or, lorsque le tawhd nest pas accompagn du tawakkul dans un mme contexte, il englobe la parole et les actes du cur, soit la croyance et les sentiments qui reposent dessus*; de ce point de vue, le tawakkul est laboutissement du tawhd.[4]





2- [] en embrassant la Pierre noire, Omar ibn el Khattb (t) sexclama*: *Par Allah*! Je sais trs bien que tu nes quune pierre incapable de prodiguer le bien ou le mal. Si je navais pas vu le Messager tembrasser, je ne laurais jamais fait.*[5]



Par ces propos, le deuxime Khalife dmontra que le seul critre pour dfinir un acte dadoration est quil soit en conformit avec les enseignements prophtiques. La religion musulmane repose sur deux fondements immuables*:

Rendre le culte exclusif Allah sans le partager avec aucune idole*;
Ce culte en question puise ses prescriptions dans la religion quIl a lgifre, sans se tourner vers les opinions humaines qui ne concdent aucune autorit au regard de la Loi cleste*: [Ou bien auraient-ils des idoles pour leur lgifrer dans la religion dAllah des lois non sanctionnes par Son aval*?].[6]*


Le pre de Hafsa avertit donc quil nest pas question dembrasser la Pierre noir parce quon lui prte un pouvoir quelconque la manire des paens, mais de se conformer aux injonctions de lAmi dAllah (r). Ceci, en soi, est un acte dadoration, sinon, il ny aurait aucun intrt le faire. Cette approche monothiste prend le contre-pied aux chrtiens, aux polythistes, et aux hrtiques musulmans qui contreviennent aux deux fondements cits ci-dessus. Ceux-ci pratiquent lidoltrie qui na aucune lgitimit scripturaire. Pourtant, les textes sont clairs*: [Toi Prophte, Nous tavons confi le rle de tmoin, davertisseur de la bonne nouvelle et davertisseur du Courroux cleste Afin que, en accord avec les prescriptions quAllah ta dictes, tu convies les hommes suivre Sa voie tel un flambeau tincelant].[7]*LAptre du Crateur Tout-Puissant ne fait que transmettre les commandements quil reoit den-haut. Rien ne provient de sa propre initiative, contrairement aux impies et aux hrtiques qui lgifrent dans la religion dAllah des lois non sanctionnes par Son aval.



En outre, Omar stait rendu compte que certaines lois lgifres aux premires heures de lIslam ne semblaient plus convenir une fois que la foi ait conquis les curs de toute la Pninsule. Il faisait allusion la pratique du tawf qui rclamait, en vue dimpressionner les paens mecquois, de dcouvrir lpaule droite et dacclrer le pas malgr la fatigue que les plerins mdinois avaient endurs aprs un long et pnible voyage. Malgr cela, Omar ne voulait pour aucun prix renoncer cette pratique, et il le justifia*: *Jamais nous ne renoncerons une coutume qui tait en usage lpoque du Messager dAllah (r).*



En lan sept de lHgire, accompagn dun grand nombre de Compagnons, le Prophte*(r) se rendit la Mecque pour rcuprer la omra (petit plerinage ndt.) quil avait d abandonne lanne prcdente la suite dun accord de paix conclu avec les notables de La Mecque. Une fois sur place, il ordonna aux plerins de se dcouvrir lpaule droite et dacclrer le pas en vue dexhiber la force et la dtermination des adeptes de la religion naissante aux spectateurs paens installs sur la colline Quaqin bordurant le flanc Nord du Sanctuaire sacr. Dailleurs, tout le long de la partie de la Kaaba qui couvrait le champ de vision des mecquois, entre le coin ymnite et la Pierre noire, les musulmans se contentaient de marcher.



Par la suite, au cours du grand plerinage, lÉlu (r) resta au pas de course entre les deux coins Sud, Sud-est. Il instituait une coutume quOmar nallait pas abandonner sous prtexte que la raison layant motiv ntait plus dactualit sous lre Califale.



La Ville sainte est un lieu de plerinage o sont ancrs les sites sacrs qui sinscrivent dans lorbite de ldifice en forme de cube servant de point de repre la prire rituelle. Il est interdit dy chasser et dy couper la vgtation*; le Lgislateur lui a dcern un certain nombre de vertus et de particularits quon ne retrouve nulle part ailleurs. Celle-ci occupe une place part dans le cur du meilleur des hommes (r)*: *Par Allah, confia-t-il un jour, tu es lendroit sur terre le plus digne et le plus aim par le Seigneur ou selon une version*: tu es sur terre lendroit prfr mes yeux , et jamais je ne taurais quitt si mon peuple ne mavait pas expuls de ton enceinte*!*[8]



Les deux seuls endroits de la plante sur lesquels il est lgifr de passer la main sont le coin ymnite et la Pierre noire faisant partie intgrante de ldifice mont par Ibrhm*; et le seul endroit quil est lgifr dembrasser est la Pierre noire considre comme la Main droite dAllah sur terre.[9] Ni les autres parties de la Maison sacre ni mme la station dAbraham ne font lobjet dune telle considration*; pas plus que lendroit o priait le sceau des prophtes (r) et encore moins l o il fut mis en terre. Et fortiori, les tombes des prophtes, des walis de la ligne hachmites et autres, des Compagnons et des pieux rpandues un peu partout travers lEmpire, notamment dans le Shm (lancienne Syrie ndt.)*; il en est de mme pour tous les sites dits historiques limage de la caverne ensanglante o Caen aurait commis le premier crime de lHumanit, loasis o Jsus et Marie auraient fait halte sur le chemin dÉgypte, le Mont Tor, la grotte Hir, le Dme du rocher, etc. De la mme manire, le circuit autour de la Kaaba (tawf) est spcifique au sanctuaire de La Mecque. Il est donc interdit dembrasser tout objet en dehors de la Pierre noire, ni de passer la main dessus avec une intention religieuse en dehors de deux coins du Cube. Omar lavait bien compris, lui qui nattribuait aucun pouvoir magique la Pierre noire, mais il ne faisait que se plier la volont du Lgislateur (r). Aucune autre pierre sur la surface du globe ne jouit de cette particularit.



Il ne faut pas se fier ce texte obscure rendu apocryphe lunanimit des spcialistes, et qui est luvre daffabulateurs. Celui-ci nous dit en substance que la seule conviction est le moteur qui, grce Dieu, accorde une simple pierre des vertus miraculeuses. Il suffit simplement, selon cette affabulation, de croire ses effets bnfiques, exactement limage des idoltres que le Coran condamne explicitement*: [Vous et toutes ces idoles qui font lobjet de votre culte, servirez daliment au feu crpitant de la Ghenne*o vous serez jets Et si vos idoles taient dignes de vnration, elles ny auraient pas leur place l o, ensemble, vous gterez jamais][10]*; [Ô croyants*! Prservez vos personnes et vos familles dun feu dont les hommes et les pierres seront le combustible, et dont la garde sera assur par des anges durs et inflexibles][11]*; Le Livre saint relate le sermon quAbraham adressa son gniteur*: [Pre, pourquoi adore-tu ce qui ni ne voit ni nentend et qui est incapable de te dfendre*?][12]*; Comme il vilipende les adorateurs du veau dor*: [Aprs le dpart de Ms, les membres de son peuple faonnrent, partir des parures rcoltes ci et l, une idole sous la forme dun veau qui mettait un mugissement*; ne voyaient-ils pas que cette statue tait incapable de leur parler, et encore moins de leur montrer une voie quelconque*; et pourtant, coupables dinjustice, ils lrigrent, malgr tout, au rang didole][13]*



Il y a galement ce dialogue qui opposa le Patriarche son peuple*: [Le jour o il interpella son peuple au milieu duquel se trouvait son pre*: pourquoi accordez-vous ces statues un si grand attachement*? Nous les avons hrits de nos anctres, rtorqurent-ils spontanment, qui leur rendaient le culte Et bien, vous et vos anctres, fustigea-t-il, vous tes manifestement gars Es-tu srieux, stonnrent-ils, ou bien tessaie-tu lhumour*? Je suis trs srieux, dit-il, Votre Dieu qui est le Seigneur des cieux et de la terre est Celui qui les a cr, et moi, je men porte tmoin Et je jure par Dieu que je jouerais un mauvais tour vos idoles une fois que vous aurez le dos tourn Et, effectivement, il brisa les idoles en morceau part la plus grande dentre elles quil pargna dans lespoir que son peuple se tourne vers elle Qui donc, sest rendu coupable de ce sacrilge, scrirent-ils*? Cela ne peut venir que dun odieux criminel*! Une voix sleva de la foule en liesse*: cest srement ce garon qui se fait appeler Ibrhm, rappelez-vous quil avait os blasphmer nos dieux Quon lamne sur le champ devant la foule qui se fera tmoin de ses aveux Un peu plus tard, le garon fut interrog*: est-ce toi, Ibrhm, qui est lauteur de cette profanation lgard de nos dieux*? Le garon rpondit*: Le coupable que voici est le plus grand dentre eux, vous navez qu le leur demander, si toutefois, ils sont en mesure de vous parler L, ils restrent confondus, et, dans un sursaut de raison, ils se dirent*: aprs tout, nous ne devons nous en prendre qu nous-mmes Mais, ils firent aussitt volteface*: voyons, lancrent-ils, tu sais trs bien quils sont incapables de rpondre Il rpondit*: rendez-vous compte que vous servez des idoles qui sont incapables de prodiguer ni le bien ni le mal Soyez honnis, vous et vos vulgaires divinits, vous reste-t-il un brin de raison*?][14]*; Ailleurs, le pre dIsml fustige*: [Prenez-vous pour divinit, leur dit-il, ce que vous sculptez de vos mains*? Alors quAllah vous a crs vous et le fruit de vos mains].[15]*



Donc, les idoltres encensaient des pierres qui les menrent lEnfer ternel, alors que le monothiste se fait une bonne opinion de Son Seigneur, non des objets inertes. Daprs un hadth divin authentique rapport par les deux recueils e-sahh, Allah proclame*: Je suis limage de lopinion que mon serviteur se fait de Moi au moment de Minvoquer. Sil pense Moi en priv, Jen ferais de mme, et sil parle de Moi en public, je parlerais de Lui devant une meilleure assemble.*[16] *Daprs Muslim, qui est le seul mentionn cette narration cette fois-ci, selon Jbr, le Prophte (r) a dit*: *Que chacun dentre vous se fasse une bonne opinion du Trs-Haut au moment de rendre lme.*[17]



Bref, nous tirons de ces enseignements une rgle extraordinaire, ayant reu laval, lunanimit, des grandes rfrences de la religion, et qui prconise en substance*dtablir tout acte rituel partir dune seule et mme source venant des cratures humaines, le Prophte. Celui-ci jouit du statut de Lgislateur quil incombe de prendre en exemple. Cest donc lui qui va dfinir les actes dadoration quils soient caractre obligatoire ou recommand. Et, tout ce qui nentre pas dans ces deux ensembles (obligatoire ou recommand) nest pas considr comme tel (un acte dadoration) lunanimit des musulmans. Seul un ignorant peut aller lencontre de ce principe, quand bien mme il serait mu par les meilleures intentions sous prtexte de rendre hommage aux grands symboles de lIslam. Or, mme ici, les choses ne sont pas laisses linitiative des uns et des autres, car tout hommage marqu par le sceau de la lgitimit ne sort pas des deux ensembles cits prcdemment*: il est soit obligatoire soit recommand.



À suivre

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Par*: Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/


[1] Le butin*; 39

[2] Rapport par Bukhr (n 123), et Muslim (n 1904), selon Ab Ms el Ashar (t).

[3] Lascension nocturne*; 56

[4] Voir*: majm el fatw (10/236-336).

[5] Rapport par el Bukhr (n 7280) et Muslim (n 1270),* selon Abd Allah ibn Omar.

[6] La concertation*; 21

[7] Les coaliss*; 45-46

[8] Rapport par Tirmidh (n 3925, 3108) qui a fait le commentaire suivant*: *Hadth authentique.*

[9] Le hadth sur le sujet qui remonte au Prophte est faible. En revanche, cette parole est impute ibn Abbs. Voir*: majm el fatw (6/397).

[10] Les prophtes*; 98-99

[11] Lpouse interdite*; 6

[12] Mariam*; 42

[13] Les remparts ; 148

[14] Les prophtes*; 52-67

[15] Les ranges danges ; 96-97

[16] Rapport par el Bukhr (n 6970) et Muslim (n 2675),* selon Ab Hurara.

[17] Rapport par Muslim (n 2877).






 
09-09-2019, 09:12 AM   : 3
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: Le culte des moines et des prtres

Le culte des moines et des prtres 3/3



Lorthodoxie interdit formellement driger en divinit des *symboles* quil incombe pourtant dencenser dans les limites de la Loi, tels que Jsus, les moines, les prtres, les anges et les prophtes. Il proscrit galement tout encensement outrance lgard des prophtes et des pieux. À sinsurger contre lorthodoxie et crier au blasphme, on nest pas diffrent des chrtiens, des paens et des hrtiques que condamnent svrement le Coran en ces termes*: (Vous les gens du Livre, ne faites pas dexcs dans votre religion, et ne dites rien dautre que la vrit sur Dieu*; le Messie Jsus fils de Marie nest autre que lAptre de Dieu, Sa Parole quIl a insuffle Marie, un Esprit manant de Lui*; alors donnez foi en Dieu et Ses envoys, et ne divisez pas la divinit en*trois*; cessez ces insanits dans votre propre intrt. En vrit, il ny a quun seul Dieu, Allah qui est bien trop glorieux pour avoir un fils, Lui le Maitre suprme de tout ce qui peuple les cieux et la terre Jamais le Messie na rechign Le servir pas plus que les anges rapprochs*; que ceux qui, par vanit, rechignent ladorer sachent quIl les runira tous le Jour du jugement dernier Les croyants vertueux, quant eux, jouiront, en plus de lintgrit de leur salaire, dune grce supplmentaire, tandis que les impies qui rechignent dans un lan dorgueil Le vnrer seront douloureusement chtis l o aucun dfenseur ni secoureur naura, de Son courroux implacable, le pouvoir de les dlivrer).[1]*



[Il nappartient pas un simple humain qui Allah a offert le Livre, la sagesse, et la prophtie, dinviter ses semblables* le servir au lieu dAllah, mais veillez plutt enseigner doctement la loi en vertu de lrudition qui vous a t impartie des Écritures ayant fait lobjet de vos soins Allah ne vous demande pas non plus driger les anges et les prophtes au rang de seigneurs vnrs, car, pensez-vous quIl vous ramne limpit une fois que vous ayez humblement got la foi*?][2] ; [Les Juifs prtendent que*Uzar est le fils de Dieu, tout*comme les chrtiens prtendent que*Le Messie est le fils de Dieu*; ces normits, qui sortent de leur bouche, sont en tout point semblables celles des impies des sicles couls, quAllah les terrasses pour les mensonges quils profrent*!* Ils ont rigs leurs moines et leurs prtres, au mme titre que Jsus fils de Marie, au rang de seigneurs vnrs au lieu dAllah. Pourtant, il ne leur avait t ordonn de nadorer quun seul dieu en dehors de qui nul nest digne dtre ador. Exalt soit-Il au-dessus de leur idoltrie*!][3]



Les chrtiens digrent mal cette injonction divine visant radiquer lencensement outrance dont font lobjet leurs rfrences tels que le Christ et les reprsentants de linstitution religieuse. Ils se sont rebells contre lordre de Dieu quils assimilent un affront profr lencontre de leurs seigneurs vnrs, et ont rejoint ainsi le camp des impies. Nombreux sont les hrtiques musulmans aux relents paens qui sont logs la mme enseigne. Ceux-l mme qui rigent des mausoles sur la dpouille dun wali pour honorer sa mmoire. Ils sadonnent au culte des tombeaux et des saints soit sur place soit distance qui ils transmettent pieusement leurs prires et leurs requtes, et devant qui ils se prosternent dans lespoir de gagner leur compassion et dloigner leur courroux, comme sils sadressent Dieu lui-mme.*

On a beau les ramener la raison, ils nen dmordent pas moins, et considrent tout discours moralisateur comme une offense vis--vis de leurs idoles envers qui ils redoublent dattachement, en senfonant davantage dans lobscurit des tnbres.



Allah est pourtant le seul pour qui, en principe, le cur vacille entre la crainte et lespoir*: [Qui obit Allah et Son Messager, qui craint Allah travers la pit sera couronn du succs][4]*; [Il aurait mieux valu pour eux quils se contentent de la part quAllah et Son Messager leur ont accorde, et quils laccueillent cur ouvert en disant*: Allah nous suffit*! Lui et Son Messager auront dautres occasions de nous exprimer leur gnrosit par la grce dAllah en qui nous fondons tous nos espoirs*!][5]*Le Messager a sa part dobissance, tandis quAllah saccapare sans partage la crainte, la pit, lentire confiance, et les aspirations de ses serviteurs.

[Obir au Messager revient obir Allah][6]*: lÉlu concde de nombreux droits envers le croyant*; il sagit notamment de se soumettre allgrement ses sentences, les obligations et les interdictions quil a dcrtes et qui forment les Lois de la religion dont toute entrave est passible dun pch. Il incombe galement daimer lAmi dAllah plus que sa propre personne ou sa famille, etc.



Ainsi, Allah est le seul tre digne de recevoir notre culte, notre confiance absolue, nos aspirations, nos craintes, et notre pit.



Les grandes rfrences de la religion condamnent, lunanimit, lerreur et lgarement quiconque simagine quil vaut mieux consacrer une prire ou une invocation dans les mosques riges sur les tombes des prophtes et des vertueux que les difices traditionnels qui rendent gloire Dieu seul. Aux yeux de nombreux incultes, les mausoles ont pour vocation de rendre hommage ces nobles personnages.



Il existe galement un consensus, notamment des fondateurs ponymes des quatre coles canoniques, quaucun endroit au monde nest digne dtre embrass ou touch, en dehors de la Pierre noire et du coin ymnite (pour ce qui est de le toucher ndt.). Il nest pas fait exception aux tombeaux des aptres de Dieu et des vertueux ni au Rocher du saint Temple de Jrusalem, pas plus quaux stations des hommes de la prophtie, lexemple de celle du Patriarche qui se trouve La Mecque, etc.

Contrairement aux pratiques en vogue dans les rangs dun grand nombre dignorants qui, leur faon, rendent hommage ces *symboles*, lunanimit de la communaut, il nexiste aucun rite de ce genre que ce soit caractre obligatoire ou simplement recommand. Celui qui y voit un acte de pit nest quun gar hrtique marchant sur les pas des chrtiens.



Un autre consensus stipule que rien en regard de la Loi divine ne justifie dinvoquer un mort, voire un absent. Il nest pas lgifr de lui soulever ses affaires, ses plaintes, de solliciter son aide contre un ennemi, daccorder le triomphe de la religion, etc. la manire des chrtiens qui faonnent les images de leurs saints en vue dacqurir leur secours, de leur transmettre leurs requtes, et de gagner leur intercession auprs de Dieu. À lunanimit des musulmans, ces pratiques ne sont ni obligatoires ni recommandes, et quiconque croit le contraire nest quun gar hrtique.[7]





3- [] Le tawassul (intercession indirecte) et la shafa (intercession directe) consistait lpoque du Prophte (r) de solliciter ses invocations et son intercession. Aprs sa mort, les musulmans se tournrent vers son oncle, dont les invocations et lintercession taient plus mme dtre reues en raison de son lien de parent avec le meilleur des hommes. Il ne vint lesprit de personne de solliciter directement laide du Messager dAllah (r) ni ses prires. Personne ne se rendit auprs de sa tombe pour prier Dieu. afin de fermer la porte toute tentation, il prescrivit*: *Ne faites pas de ma tombe un lieu de crmonie, mais, consacrez-moi plutt des prires qui me parviennent do que vous soyez.*[8]*; *Ne faites pas de ma tombe une idole qui on rend le culte.*[9]*; *Maudits soient les juifs et les chrtiens*chrtiens qui rigrent des lieux de culte sur les spulcres de leurs prophtes.*[10] Le rapporteur[11] prcise*: *Il mettait en garde contre leurs pratiques.**; *Les peuples avant vous rigeaient des lieux de prires sur les tombes de leurs prophtes, alors, ne vous avisez pas faire de mme, car je vous linterdis.*[12]



Les savants (y) en ont dduit quil est interdit de construire des mosques au-dessus des tombes. Si lon sait que cette interdiction englobe les prophtes et les vertueux, et que le Messager dAllah (r) interdit de consacrer des prires dans leur primtres*; que dire alors dans la situation o les visiteurs sollicitent directement loccupant de la tombe dans les invocations, jurent par lui, se prosternent devant lui, et passent la main dessus en vue de la baraka*? Ces pratiques relvent clairement de lassociation.



Allah (I) rvle*: [Dis-leur*: invoquez donc ceux que vous rigez au rang de divinits en dehors dAllah, alors quils ne dtiennent pas la moindre part du royaume des cieux et de la terre* la cration desquels ils nont jamais t associ, et nul dentre eux ne peut se vanter de venir en soutien au Trs-Haut Aucune intercession nest recevable auprs de Lui sans navoir reu Son accord pralable][13]*; [Dis-leur*: invoquez ceux qui vous adressez le culte en dehors dAllah, ces faux dieux incapables de vous dbarrasser du malheur ou de vous en carter Vous leur rservez des prires, alors queux-mmes rivalisent dardeurs par dvotion envers Leur Seigneur*en qute de Sa Misricorde, le plus loin possible de Son chtiment que vous feriez bien de redouter].[14]



Selon lune des opinions des anciens, certains idoltres invoquaient les anges et les prophtes limage du Messie et dUzar. Le Trs-Haut les rprimande en leur rappelant que ceux-l sont Mes cratures (ou serviteurs) tout comme vous*; ils esprent en Ma Misricorde, et redoutent Mon chtiment*; ils cherchent, au mme titre que vous, se rapprocher de Moi, et ils sont emprunts dune crainte incommensurable Mon gard. Un autre Verset nous apprend*: [Il nappartient pas un simple humain qui Allah a offert le Livre, la sagesse, et la prophtie, dinviter ses semblables* le servir au lieu dAllah, mais veillez plutt enseigner doctement la loi en vertu de lrudition qui vous a t impartie des Écritures ayant fait lobjet de vos soins Allah ne vous demande pas non plus driger les anges et les prophtes au rang de seigneurs vnrs, car, pensez-vous quIl vous ramne limpit une fois que vous ayez humblement got la foi*?][15] Il nous enseigne que ladoration des anges et des prophtes tait une forme de mcrance*; en sachant que les fautifs en questions ne faisaient que les invoquer. Il ne venait lide de personne quils auraient particip lordre des choses, et la gestion de lUnivers.



Cest ce qui explique pourquoi le Coran condamne les chrtiens en ces termes*: [Ils ont lev leurs moines et leurs prtres, ainsi que Jsus fils de Marie, au rang de divinit quils partagent avec Allah. Pourtant, il ne leur avait t ordonn de nadorer quun seul dieu. Nul dieu nest digne dtre ador en dehors de Lui. Exalt soit-Il au-dessus de leur idoltrie*!].[16] Aucun deux ne pensait que ces fameux moines et prtres avaient prt leur main la cration des cieux et de la terre. Leur crime fut den avoir fait des seigneurs et maitres (divinits ndt.).



Ainsi, si on devient paen en appelant au secours un prophte qui nest plus de ce monde, que dire alors quand le mort en question na pas un rang aussi noble*?



Cest ce qui nous amne rpartir les visites funraires en deux catgories*: hrtiques et lgales. Les visites lgales ont pour but dinvoquer en faveur du dfunt, au mme titre que la prire mortuaire, travers la formule*: *Le salut vous autres croyants parmi les occupants de cette demeure, et que nous rejoindrons bientt par la volont dAllah*! QuAllah fasse misricorde aux plus anciens dentre vous et aux plus rcents*! Nous implorons Allah de nous prserver vous et nous aussi bien ici-bas que dans lau-del*! Ô Allah*! Ne nous prive pas de la rcompense de leur visite, et ne nous prouve pas aprs les avoir repris*! Pardonne-nous et pardonne-leur*!*[17] Cette formule est une forme de prire mortuaire.



La visite hrtique, est, quant elle, une forme dassociation de mme nature que celle des chrtiens (ex.*: invoquer le mort, lappeler au secours, jurer par lui devant Dieu, embrasser sa tombe et passer la main dessus, se prosterner devant, et se frotter les joues loccasion de sa visite, etc.). Ces pratiques, qui nont aucun lien avec la religion musulmane, impliquent soit de demander directement au mort de rsoudre ses affaires, soit de les rsoudre par son intermdiaire. Ni le Messager dAllah (r) ne les a lgifres, ni les Compagnons ne les ont usites, ni aucune grande rfrence ne les a recommandes. Cest mme le contraire qui est vrai, car ils les ont purement interdites. Il rgne mme un consensus qui dfend dembrasser la tombe du sceau des prophtes (r), de passer sa main dessus, ou de se prosterner devant. Il est pourtant le meilleur des hommes, le plus honor par Allah, et le *moyen* le plus proche de parvenir Lui*; si lon sait quil dtient le meilleur rang auprs de Lui, alors fortiori, il nest pas permis de le faire pour un autre.[18]

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Par*: Karim Zentici

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[1] Les femmes*; 171-173

[2] La famille dImrn*; 79-80

[3] Le repentir*; 30-31 En sinspirant de ce Verset, ibn Tamiya souligne*: *Beaucoup dadeptes mystiques se plient la volont de personnes encenses leurs yeux dans tout ce quelles ordonnent, mme si elles rendent licite un interdit ou illicite les bonnes choses.* Iqtid e-sirt el mustaqm (1/90). Dans bughya el murtd (p. 496-497), il renchrit*: *Dans ce registre, lgarement a gagn certaines tendances la manire des chrtiens.*

[4] La lumire*; 52

[5] Le repentir*; 59

[6] Les femmes*; 80

[7] Voir*: qida f el wasla dibn Tamiya.

[8] Rapport par Ab Dwd* (n 2042) et Ahmed (2/367), selon Ab Hurara (t).

[9] Rapport par Ahmed (n 7352), et Mlik (n 172).

[10] Hadth rapport par el Bukhr (n 435) et Muslim (n 531).

[11] En loccurrence* Âisha quAllah lagre (N. du T.).*

[12] Hadth rapport par Muslim (n 532), selon Jundub ibn Abd Allah.

[13] Saba*; 22-23

[14] Le voyage nocturne*; 56-57

[15] La famille dImrn*; 79-80

[16] Le repentir*; 31

[17] Hadth rapport par Muslim (n 975), selon Burada sans la dernire partie qui est consacre la prire mortuaire.

[18] Voir*: Jmi el masil (3/145-151).






 

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